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La rencontre entre Masereel et Verhaeren

Masereel / Ver­haeren, Dia­logue en noir et blanc / Dialoog in zwart en wit, Textes bilingues de Christophe Meurée, Paul Aron et Hans Van­de­vo­or­den, Ed. Emile Ver­haeren­mu­se­um, 2025, 80 p., 18 €, ISBN : 978–9082533552

collectif masereel verhaerenAu nom­bre des ren­con­tres créa­tri­ces fécon­des entre un poète, un écrivain et un artiste, celle qui se noua entre Frans Masereel (1889–1972) et Émile Ver­haeren (1855–1916) occupe une place majeure. Davan­tage qu’un illus­tra­teur de la poésie, des nou­velles, des con­tes d’Émile Ver­haeren, Frans Masereel en est l’interprète, le lecteur graphique qui, non seule­ment, traduisit les textes ver­haere­niens dans des gravures sur bois, des dessins, des aquarelles mais réal­isa une œuvre graphique imprégnée par des thèmes, des motifs, des visions de l’auteur des Villes ten­tac­u­laires, de La mul­ti­ple splen­deur. Si Masereel a été exposé au Musée Émile Ver­haeren à trois repris­es, en 1963, en 1968 et en 1977, l’exposition actuelle déplace la focale en inter­ro­geant l’influence de l’écrivain sur le graveur. Une influ­ence, une con­ver­gence, des rap­proche­ments que Christophe Meurée, Paul Aron et Hans Van­de­vo­or­den analy­sent avec finesse dans le cat­a­logue. Con­tin­uer la lec­ture

Surréalisme et symbolisme, plus qu’une proximité ?

Fran­cis­ca VANDEPITTE (sous la dir. de), Imag­ine ! 100 ans de sur­réal­isme inter­na­tion­al, Ludion/MRBAB, 2024, 232 p., 35 €, ISBN : 978–94-6478–112‑0

imagine 100 ans de surrealisme internationalLe cen­te­naire de la nais­sance du sur­réal­isme, avec la paru­tion en octo­bre 1924 du Man­i­feste du sur­réal­isme d’André Bre­ton (en France) et des tracts-pam­phlets de Cor­re­spon­dance ini­tiés la même année par Paul Nougé, Camille Goe­mans et Mar­cel Lecomte (en Bel­gique) se mar­que par deux expo­si­tions éclairantes à Brux­elles, qui fut un haut-lieu de ren­con­tres et d’actions pour les mem­bres du mou­ve­ment sur­réal­iste, belges, français, et inter­na­tionaux. Si l’exposition His­toire de ne pas rire, à Bozar se focalise pri­or­i­taire­ment sur les activ­ités encore mécon­nues par­fois des sur­réal­istes brux­el­lois, hain­uy­ers, anver­sois, avec comme fig­ures de proue Paul Nougé et René Magritte, l’exposition Imag­ine ! 100 ans de sur­réal­isme inter­na­tion­al, présen­tée aux Musées roy­aux des Beaux-Arts, élar­git les per­spec­tives. Con­tin­uer la lec­ture

« … Rayez le mot surréalisme »

Xavier CANONNE (sous la dir. de), His­toire de ne pas rire. Le sur­réal­isme en Bel­gique, Fonds Mer­ca­tor et Bozar Books, 2024, 288 p., 49 €, ISBN : 978–94-6230–371‑3

canonne histoire de ne pas rire le surrealisme en belgiqueÀ l’origine, His­toire de ne pas rire est le titre don­né en 1956, par Mar­cel Mar­iën, qui en est l’éditeur à l’enseigne des Lèvres nues, aux écrits théoriques de Paul Nougé (1895–1967). Au dos de l’ouvrage fig­ure un encart en let­tres cap­i­tales : « Exégètes, pour y voir clair, rayez le mot sur­réal­isme ». Ce n’était pas la pre­mière fois que Nougé pre­nait ses « dis­tances » avec le mot sur­réal­isme, qu’il avait déjà indiqué plus tôt utilis­er sim­ple­ment « pour les com­mod­ités de la con­ver­sa­tion ». Il n’en reste pas moins que Nougé, dès l’automne 1924 – et indépen­dam­ment de la pub­li­ca­tion par André Bre­ton du pre­mier Man­i­feste du Sur­réal­isme – con­stitue avec Camille Goe­mans et Mar­cel Lecomte le trio fon­da­teur des activ­ités sur­réal­istes en Bel­gique, par l’édition d’une série de tracts ironiques sous le nom de « Cor­re­spon­dance », visant les milieux lit­téraires et artis­tiques, essen­tielle­ment français, de l’époque. Si l’on s’en tient à la chronolo­gie, il est donc naturel (comme il en va de même pour le Man­i­feste de Bre­ton), que l’on com­mé­more en 2024 le cen­te­naire du mou­ve­ment sur­réal­iste, qui ray­on­na durant plusieurs décen­nies non seule­ment en France et tout par­ti­c­ulière­ment en Bel­gique, mais égale­ment en Europe et sur d’autres con­ti­nents. Con­tin­uer la lec­ture

La photographie en amateur, c’est toute une histoire !

Ade­line ROSSION, Michel F. DAVID, et Anne DELREZ, En dilet­tante. His­toire et petites his­toires de la pho­togra­phie ama­teur, Musée de la Pho­togra­phie de Charleroi et Edi­tions du Caïd, 2022, 400 p., 55 €, ISBN : 978–871 83 08 49

en dilettante histoire et petites histoires de la photographie amateurQue dia­ble peut bien sig­ni­fi­er aujour­d’hui le terme de « pho­togra­phie ama­teur » ? À l’heure glob­al­isée des self­ies omniprésents et des images démul­ti­pliées en abon­dance, l’œil vorace des réseaux soci­aux se dis­perse dans une volatil­ité sans fin. Tout con­court à ce que, par l’usage expo­nen­tiel des télé­phones porta­bles et autres appareils pluri-fonc­tions, soit ren­due évidem­ment « obsolète » cette dénom­i­na­tion de « l’a­ma­teur ». N’im­porte qui de nos jours peut à son gré et en posant le doigt sur quelques touch­es, non seule­ment saisir mais aus­si com­mu­ni­quer dans des sphères plus ou moins proches ou loin­taines, comme on voudra, ces images instan­ta­nées, pour le meilleur et pour le pire, d’un instant unique et par essence éphémère. Con­tin­uer la lec­ture

Kikie Crêvecœur, des rencontres gravées dans les pages

Kikie Crêve­coeur entre les pages, textes de Pierre-Jean Foulon, Car­o­line Lamarche et Michel Barzin, pré­face de Géral­dine David, Esper­luète, 2020, 96 p., 22 €, ISBN : 9782359841251

couverture de kikie crevecoeur entre les pages éditions esperlueteKikie Crêvecœur aime les livres et, depuis plus de trente ans, elle dépose ses images entre leurs pages. Il était donc naturel qu’un livre soit con­sacré à cette artiste pas­sion­née par les réso­nances que créent les mots, par les objets qui les véhicu­lent, les hommes et les femmes qui les façon­nent, les por­tent, les font vivre et jouent avec eux. Con­tin­uer la lec­ture

Cécile Miguel, artiste et poète hypnotique

Yves NAMUR, Cécile Miguel, une vie oubliée, Musée Marthe Donas et Le Tail­lis pré, 2019, 44 p., ISBN : 9–782874-50–1562

À Ittre, le Musée Marthe Donas con­sacre une expo­si­tion, du 23 novem­bre 2019 au 19 jan­vi­er 2020, à une fig­ure de la pein­ture et de la poésie fran­coph­o­nes belges, Cécile Miguel (Gilly, 1921 – Auve­lais, 2001), épouse de l’écrivain André Miguel (Ransart, 1920 – Gem­bloux, 2008). À cette occa­sion, le Musée pro­pose sur son site web un dossier péd­a­gogique réal­isé par Béa­trice Lib­ert à l’intention des enseignants et les édi­tions du Tail­lis pré pub­lient, sous la plume d’Yves Namur et avec un avant-dire de Mar­cel Daloze, un cat­a­logue très sub­stantiel, riche­ment illus­tré de repro­duc­tions, pho­tos, man­u­scrits et let­tres qui rend jus­tice à cette créa­trice aujourd’hui occultée : Cécile Miguel, une vie oubliée brosse le par­cours exis­ten­tiel de l’artiste, quit­tant avec son mari le Hain­aut en 1947 pour le Midi de la France, où le cou­ple, antic­i­pant la vie bohème des beat­nik, se liera d’amitié avec Jacques Prévert, René Char, Picas­so et son épouse Françoise Gilot, Mar­cel Arland… Con­tin­uer la lec­ture

Utopie, dystopie et Cités obscures

MONDES imPAR­FAITS. Autour des Cités obscures de Schuiten et Peeters, Impres­sions Nou­velles et Mai­son d’Ailleurs, 2019, 128 p., 28,50 €, ISBN : 978–2‑87449–730‑8

À l’occasion de l’exposition MONDES imPAR­FAITS. Autour des cités obscures paraît l’ouvrage éponyme inter­ro­geant la ques­tion de l’utopie et de la dystopie. Illus­tré de dessins rares de François Schuiten, de nom­breux doc­u­ments, d’un long entre­tien entre Marc Atal­lah, Schuiten et Peeters, de textes de François Ros­set et Marc Atal­lah, le livre ques­tionne la nais­sance, la genèse de l’utopie (de Thomas More, Fran­cis Bacon à Cam­panel­la, Cyra­no de Berg­er­ac, Mari­vaux…, sans oubli­er les précurseurs, Pla­ton, Lucien de Samosate…), l’avènement de la dystopie avec Zami­a­tine, Hux­ley, Orwell et la présence d’un schème utopique/dystopique dans les Cités obscures. Pro­jet de société idéale, plan­i­fi­ca­tion d’un bon­heur col­lec­tif, l’utopie témoigne en son éty­molo­gie de l’oscillation qui porte sa visée d’une cité par­faite : elle est à la fois « u‑topos », « d’aucun lieu », et « eu-topos », « un lieu bon », pris­on­nière de l’imaginaire et rêve promis à sa réal­i­sa­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Henry de Groux devant les cochons

COLLECTIF, Hen­ry de Groux (1866 – 1930), maître de la démesure, In fine – Province de Namur, 2019, 180 p., 32 €, ISBN : 9782902302086

« Cette pein­ture est si épou­vantable­ment anor­male, si prodigieuse­ment en dehors des tra­di­tions ou des procédés con­nus, […] qu’on ne parvient pas à con­jec­tur­er de façon pré­cise l’effet d’une sem­blable vision sur des êtres peu dis­posés à partager l’agonie d’un Rédemp­teur véri­ta­ble­ment tor­turé. » Ces mots de Léon Bloy évo­quent Le Christ aux out­rages, toile mon­u­men­tale réal­isée par le Belge Hen­ry de Groux. Con­tin­uer la lec­ture

La mythologie moderne de Giorgio de Chirico

COLLECTIF, Gior­gio de Chiri­co. Aux orig­ines du sur­réal­isme belge : Magritte-Del­vaux-Graverol, BAM – Marda­ga, 2019, 144 p., 29,90 €, ISBN : 9782804707262

Gior­gio de Chiri­co (1898–1978) fut l’un – peut-être même le pre­mier – des ini­ti­a­teurs du sur­réal­isme en pein­ture. En Bel­gique, la révéla­tion de son œuvre con­sti­tua un choc majeur pour René Magritte, qui se plai­sait à dire que, grâce à lui, « [s]es yeux ont vu la pen­sée pour la pre­mière fois ». Jusqu’au 2 juin 2019, une expo­si­tion excep­tion­nelle se tient au BAM de Mons, qui met en scène le dia­logue entretenu par Magritte mais aus­si Paul Del­vaux et Jean Graverol avec la pro­duc­tion du mage ital­ien. Con­tin­uer la lec­ture

Verhaeren portraituré

Ver­haeren – Bernier. Portret­ten – Por­traits, textes de Gil Amand, Els De Smedt et Rik Hem­mer­i­jckx, Emile Ver­haeren­mu­se­um Sint-Amands et Com­mune de Hon­nelles, 2016, 80 p.

verhaeren-bernierPoète inter­na­tionale­ment renom­mé, Émile Ver­haeren était aus­si grand con­nais­seur en matière de pein­ture. En témoignèrent notam­ment l’ex­po­si­tion « Ver­haeren cri­tique d’art » au Musée d’Or­say (Paris) en 1997, puis au Musée Char­li­er (Brux­elles). Ou, plus récem­ment, « Émile Ver­haeren (1855–1916), Poète et Passeur d’Art », au Musée des Ave­lines de Saint-Cloud. Or, cette pas­sion de l’écrivain lui a valu un juste retour : plusieurs artistes ont fait des por­traits de lui, cer­tains étant con­sid­érés comme des chefs-d’œu­vre. Con­tin­uer la lec­ture