Archives par étiquette : Lamiroy

La Pie sur le Gibet

Bruno BREL, La bête du Tuiten­berg, Lamiroy, 2019, 174 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–238‑7

Aux portes de Brux­elles, un matin d’octobre 1567, est retrou­vé le cadavre d’un noble espag­nol, la tête totale­ment broyée. Le plat pays qui est le nôtre est à cette époque sous dom­i­na­tion espag­nole. Quelques jours plus tard, à l’Hôtel de Ville de Brux­elles, on fête en grande pompe l’arrivée du nou­veau gou­verneur des Pays-Bas espag­nols : le duc d’Albe. Ce dernier tient à tir­er au clair cette ter­ri­ble affaire de meurtre. On racon­te que ce serait un coup des gueux qui pré­par­ent une rébel­lion dans le Pajot­ten­land. Le baron Van Kieke­bich, qui habite le manoir de Tuiten­berg dans la com­mune de Schep­dael, est  présent à l’Hôtel de ville, mais n’est pas d’humeur fes­tive. Il ne voit pas d’un très bon œil l’envahisseur espag­nol. Suite à une dis­cus­sion avec le bourgmestre de Brux­elles, il décide de se faire pein­dre le por­trait afin de rester dans la postérité. Con­tin­uer la lec­ture

Par la grâce de la Muse

Éric NEIRYNCK, J’ai un pro­jet : devenir fou, Lamiroy, 2020, 123 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87595–260‑8

J’ai un pro­jet : devenir fou, le dernier livre d’Éric Neirynck, fait référence à une cita­tion de Fiodor Dos­toïevs­ki, reprise par Bukows­ki et claquant comme la ban­nière de tant d’écrivains ou artistes rongés par une fièvre d’inadaptation sociale ver­tig­ineuse… Ces rares auteurs célébrés par le nar­ra­teur de ce court roman aux allures de provo­ca­tion ressem­blent plutôt au par­fait por­trait d’un auteur empêtré dans des illu­sions de lit­téra­ture et d’édition qui ont tou­jours été le véhicule des rêves avortés. Con­tin­uer la lec­ture

Pour qui sont ces serpents ?

Bernard SWYSEN, Le syn­drome de la Gor­gone, Lamiroy, 2020, 144 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87595–259‑2

Dessi­na­teur et scé­nar­iste pro­lifique, Bernard Swysen inau­gure une car­rière de romanci­er avec cette fan­taisie mythologique, a pri­ori réjouis­sante et qui peut se lire en fre­donnant, entre autres par­o­dies apoc­ryphes, les cou­plets allè­gres de La belle Hélène. C’est encore une femme – et quelle femme ! – qui tient la vedette de ce peplum : Sha­ia, plus con­nue sous le nom calami­teux de Méduse, celle des trois Gor­gones décapitée par Per­sée. Tout débute sur un coup de foudre entre Sha­ia, jolie jeune fille entre­prenante (elle n’a pas encore échangé sa belle chevelure con­tre un nœud de vipères) et le puceau Pau­sa­nias, futur chroniqueur d’une biogra­phie, for­cé­ment mythi­fiée, de Per­sée. Celui-ci vient alors de récupér­er le trône d’Argos et y fait son entrée royale, flan­qué de ses « mignons » baraqués comme des buf­fets nor­mands. Las, ce demi-dieu, fils de Danae et de Zeus (qui, déguisé en pluie d’or avait for­cé la porte de la prison d’airain cen­sée garan­tir la vir­ginité de la recluse, prou­vant par là qu’en ces temps reculés, l’or ouvrait déjà bien des portes), Per­sée donc, se prend lui aus­si d’une pas­sion dévo­rante pour le jeune Pau­sa­nias con­traint dès lors à jouer sa pro­pre ver­tu à pile comme à face. Et ce avec la béné­dic­tion de son ambitieuse bien-aimée qui le fait pass­er pour son frère et investit ain­si le palais roy­al bien­tôt suiv­ie par ses pro­pres sœurs Euryale et Stheno trop heureuses de prof­iter de l’aubaine. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se verrait bien se prendre une overdose de métal durant les vingt ans à venir

Anik DE PRINS et Véronique BERGEN, Hard Rock Mar­ket, pré­faces de Doro et Philippe Close, Lamiroy, 2019, 239 p., 25 €, ISBN : 978–2‑87595–187‑8

Ce livre est un plaisir. Une ode. Un chant d’amour pour une époque. Pour une bou­tique. Pour une femme engagée et généreuse. Anik De Prins. Amie des plus grands métalleux que ce monde a porté jusqu’i­ci. Un long péan pour un état d’e­sprit. Une façon d’être. De vivre généreuse­ment, inten­sé­ment ses rêves. C’est qu’Anik De Prins est une sacrée bonne femme. Au cœur grand comme ça. Ouvrant en 1975, rue des Éper­on­niers, en plein cœur his­torique et touris­tique de Brux­elles, la Bou­tique Anik, un mag­a­sin hip­pie, légendaire, où l’on trou­vait des fringues, des objets sin­guliers, ramenés d’Amérique, des pays lati­nos, par Anik, la prêtresse des lieux. Ouvrant ensuite, en 1991, rue des Éper­on­niers encore, un peu plus loin, le Hard Rock Mar­ket, un lieu culte, un lieu de pas­sage, entière­ment dédié au métal. À la musique métal. Au heavy. Bien lourd. Où l’on pou­vait, jusqu’il y a peu, dégot­ter des pièces rares. T‑shirt rares. Objets rares. Où l’on se pres­sait au por­tillon. Des clients venant du monde entier. Des stars du genre. Des groupies. Chanteurs et chanteuses amies d’Anik, la fan absolue. Véronique Bergen dres­sant, ici, dans ce livre sin­guli­er, le por­trait de toute une époque. De tout un état d’e­sprit. Prof­i­tant du fait que la bou­tique d’Anik ferme bou­tique, après tant de présence, tant d’an­nées passées au cœur de Brux­elles, pour revenir, dans un superbe abécé­daire, sur ces années-là, cru­ciales pour tout qui serait fan de rock. D’e­sprit rock. Con­tin­uer la lec­ture

Voyage dans l’univers de Motörhead

Jacques DE PIERPONT, PATCHOULI, Alain PONCELET, Motör­book, Lamiroy, 273 p., 25 €, ISBN : 978–2‑87595–106‑9

pierpont motorbook.jpgAux bouil­lon­nantes Édi­tions Lamiroy qui ont, entre autres, déjà pub­lié les Abécé­daires Doors, Kiss, Allo Bowie ? C’est David ! et lancé une col­lec­tion de nou­velles heb­do­madaires (Opus­cule), le trio com­posé des jour­nal­istes rock Jacques de Pier­pont et Patchouli et de l’illustrateur, auteur de ban­des dess­inées, Alain Pon­celet, sort un abécé­daire trem­pé dans la pas­sion vis­cérale du rock. Loin de livr­er une analyse à froid du phénomène Motör­head, loin de retrac­er du dehors la tra­jec­toire du mythique groupe de heavy met­al, ils dessi­nent un voy­age à l’intérieur de l’univers de Lem­my Kilmis­ter et de ses musi­ciens, creu­sant aus­si bien la nou­veauté musi­cale, la sig­na­ture du groupe (énergie rebelle, ryth­mique d’enfer, riffs rapi­des, bal­lades ren­ver­santes, jeu de basse très par­ti­c­uli­er de Lem­my qui donne ce fameux « son Motör­head »…) que sa place dans l’histoire du rock, ses thé­ma­tiques, l’évolution au fil de leur vingt-deux albums, les frasques de leur vie privée. Si, illus­tré par Alain Pon­celet, pré­facé par la chanteuse, la Met­al Queen Doro Pesch et par Philippe Close, ce Motör­book ravi­ra les afi­ciona­dos de ce groupe placé sous la devise « Every­thing Loud­er Than Every­thing Else », il séduira plus large­ment les ama­teurs de rock dur et sans con­ces­sion, ral­liera ceux qui font du rock une manière de vivre, un mode d’existence vertébré par l’esprit de la lib­erté et de la révolte con­tre l’asphyxie du sys­tème. Con­tin­uer la lec­ture

Stromae est mort ! Vive Stromae !

Thier­ry COLJON, Stro­mae est mort à New-York, Lamiroy, 2016, 178 p., 15 €   ISBN : 978–2‑87595–065‑9

coljonMarine, une jeune jour­nal­iste, était venue à New-York pour inter­view­er Wil.i.am des Black Eyed Peas, mais l’an­nonce de la mort de Stro­mae, dans une cham­bre d’hô­tel cos­su de Man­hat­tan va boule­vers­er son pro­gramme et sa vie. Rien ne colle. Marine le sent. Elle appelle son père, jour­nal­iste musi­cal depuis trente ans, pour qu’il la con­seille, lui donne des tuyaux pour men­er son enquête. Car elle veut com­pren­dre. Elle veut savoir ce qui s’est passé dans la tête de cet artiste qu’elle a déjà ren­con­tré aupar­a­vant, et qui avait encore tant à offrir à son pub­lic. Con­tin­uer la lec­ture

Frédéric Jannin, maître en désobéissance

Jan­nin et nous… Trop de tout, Entre­tien avec J.-C. de la Royère, Cat­a­logue offi­ciel de l’exposition Jan­nin et nous tenue au Cen­tre belge de la bande dess­inée à Brux­elles du 22 sep­tem­bre 2015 au 5 mars 2016, Édi­tions Lamiroy, 76 p.

On a tous quelque chose en nous de Frédéric Jan­nin. Com­bi­en de lecteurs de Ger­main et nous n’éprouvent pas, tel le bien den­té Luc-Luc, l’irrésistible envie de sauter en hurlant : « Waouw ! Ter­ri­ble ! Plus fort ! » à chaque fois que vient à pass­er, dans les dif­fuseurs du mag­a­sin où ils font leurs cours­es, une daube qu’ils adorent ? Quel fan authen­tique de l’électro made in Bel­gium n’a pas fait ses gammes – ou du moins répété devant son miroir de lan­goureuses pass­es – sur Whooo are you, What’s your name ? Quel ama­teur de jar­di­nage ne s’est pas inspiré des pièges machi­avéliques ten­dus par Arnest Ringard afin de coin­cer la taupe respon­s­able des per­ma­nents saccages de son potager ? Con­tin­uer la lec­ture