Archives de catégorie : Jean Ray

« … toute l’horreur de Malpertuis »

Jean RAY, Malper­tu­is, His­toire d’une mai­son fan­tas­tique, édi­tion établie par Arnaud Hufti­er, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 300 p., 10 €, ISBN : 978–2875684790

Pour les férus de fan­tas­tique, le nom Malper­tu­is est, tout comme celui de Ctul­hu, syn­onyme d’épouvante. Chez les ama­teurs de « Nos Let­tres » en général, le titre Malper­tu­is résonne comme un moment cap­i­tal de l’histoire lit­téraire belge et se hisse au rang d’un clas­sique. La déf­i­ni­tion, attribuée à Mark Twain, de cette caté­gorie d’ouvrages est con­nue : « un livre dont tout le monde par­le et que per­son­ne n’a lu ». Et c’est sans doute le sort réservé depuis sa pub­li­ca­tion, au mitan de la Sec­onde Guerre mon­di­ale, à ce roman-mon­stre, ardu, com­plexe, unique. Con­tin­uer la lec­ture

De quoi est faite l’amitié en littérature ?

Jean-Louis ÉTIENNE, Jean Ray / Thomas Owen. Cor­re­spon­dances lit­téraires, Pré­face d’Arnaud Hufti­er, Post­face d’Anne Neuschäfer, Valen­ci­ennes, Press­es Uni­ver­si­taires  de Valen­ci­ennes, 2016, 302 p., 19 €, ISBN : 13 9782364240513

etienneCom­mençons par la pré­face qui cadre bien les enjeux du livre. Arnaud Hufti­er y fait remar­quer l’importance du « principe asso­ci­atif » dont use la cri­tique : un nou­v­el auteur est com­paré à un auteur bien con­nu. Com­para­i­son néces­saire­ment réduc­trice car elle nég­lige des qual­ités de l’écrivain mais aus­si d’autres aspects du champ lit­téraire. Mais, à terme, elle per­met cepen­dant  à ce nou­v­el auteur de jouer de cette référence, de se posi­tion­ner et de se con­stru­ire une per­son­nal­ité lit­téraire pro­pre, en accen­tu­ant ce qui le dif­féren­cie de l’auteur à qui il est com­paré : il peut devenir « autonome ». Avant éventuelle­ment – mais après com­bi­en de temps ? – de devenir lui-même une référence. C’est ain­si que l’on a qual­i­fié Jean Ray d’« Edgar Poe belge » ou de « Love­craft fla­mand », avant qu’il ne devi­enne lui-même la référence pour Thomas Owen. Con­tin­uer la lec­ture

Le Jean Ray d’Henri Vernes

Hen­ri VERNES, Thier­ry MORTIAUX, Jean Ray, 14 rue d’Or, pré­face de Jean-Bap­tiste Baron­ian, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2016, 141 p., 36 €

vernesHen­ri Vernes s’honore d’une ami­tié de vingt ans avec Jean Ray. Après divers­es pré­faces et post­faces, il pro­pose main­tenant un texte de plus grande ampleur. Son livre oscille entre sou­venirs per­son­nels et réflex­ions sur l’art lit­téraire de Jean Ray.

Il ren­con­tre le Gan­tois en 1943, alors que celui-ci pub­lie beau­coup, des textes majeurs, qui sont aus­si des suc­cès de vente. L’après-guerre est cepen­dant une péri­ode plus terne pour Ray qui croit son heure passée. Mais Vernes, qui devient un auteur de référence chez Marabout, conçoit un pro­jet de réédi­tion. Il apporte aujourd’hui des pré­ci­sions sur les cir­con­stances de ces réédi­tions, par­ti­c­ulière­ment celles des Har­ry Dick­son, aux­quels Ray ne sem­blait plus croire du tout. H. Vernes a égale­ment été impliqué dans les négo­ci­a­tions avec Alain Resnais pour l’adaptation au ciné­ma d’Har­ry Dick­son, et explique les raisons de l’abandon du pro­jet. Con­tin­uer la lec­ture

Lire ou relire Jean Ray ? Oui et oui

Un coup de coeur du Carnet

Jean RAY, Les con­tes du whisky, Paris, Alma, 2016, 283 p., 18 €
Jean RAY, La cité de l’indicible peur, Paris, Alma, 2016, 253 p., 18 €

ray whiskyLa ques­tion de la disponi­bil­ité des droits ayant trou­vé une solu­tion, les édi­tions Alma se lan­cent aujourd’hui dans un néces­saire et ambitieux pro­gramme de réédi­tions de Jean Ray. Comme le dit Arnaud Hufti­er, maître d’œuvre de ce tra­vail, on a mal­heureuse­ment per­du une généra­tion de lecteurs. Il faut main­tenant ten­ter de réim­pos­er le nom de Jean Ray dans l’univers fran­coph­o­ne dont il était presque totale­ment absent depuis la fin des années 80 et les pub­li­ca­tions chez NéO, si l’on excepte les trois titres disponibles dans la col­lec­tion Espace Nord. Par con­tre, il n’a jamais cessé d’être édité dans d’autres langues et est encore con­sid­éré aujourd’hui, en dehors du domaine fran­coph­o­ne, comme un auteur majeur de la lit­téra­ture et pas seule­ment de la lit­téra­ture de l’étrange. Con­tin­uer la lec­ture