Un coup de cœur du Carnet

Aout 2025 : une embarcation de fortune à la dérive affronte la mer avec des migrants à son bord. Privés d’eau, les derniers survivants de cet esquif à la dérive sont à bout de forces. L’un d’entre eux filme la scène. Aout 1978 : Marthe apprend le décès brutal de ses parents lors d’un accident de montgolfière en Egypte. La voici seule dans leur ferme auvergnate, effondrée, mais elle décide de reprendre leur élevage de poulets et de le développer en filière bio. Deux ans plus tard, alors qu’elle présente son exploitation lors d’une fête agricole, son regard croise celui de Djena, un Sénégalais venu y présenter les arachides de son pays. Entre eux, le coup de foudre est immédiat et Djena s’installe à la ferme. Il découvre le terroir français et se forme à la fabrication du nougat à base d’amandes. Entrepreneur dans le sang, il décide de concevoir une variante à base de cacahuètes en provenance de son pays d’origine. En rupture avec la culture locale, elles ont l’avantage d’être moins chères et donc de permettre de fabriquer un produit meilleur marché qui a tôt fait de trouver son public. Le succès est au rendez-vous, l’affaire croît, le produit s’exporte, de nouvelles installations sont construites, Djena est désormais une figure de l’entrepreneuriat local. Lui qui a connu la misère prend une belle revanche sur la vie. Mais les enfants que Marthe et lui souhaitent avoir tardent à venir. Et c’est pour Djena un coup dur du destin car il se doit d’avoir une descendance pour exister aux yeux de sa propre famille. Après plusieurs années d’attente et de rendez-vous médicaux infructueux, ils décident de faire les démarches en vue d’une adoption. Alors que celles-ci semblent aboutir, Marthe se retrouve enceinte et elle insiste pour ne pas renoncer à l’adoption que lui voudrait annuler. Les voici avec deux fils, l’un blanc, Apollinaire, l’autre de couleur, Originel, des jumeaux qui grandissent ensemble, unis par des liens très forts. Jusqu’au jour où la vérité sur les trafics divers auxquels se livre Djena éclate aux yeux de tous, nous réservant de belle surprises … Continuer la lecture



Le récit s’ouvre sur la signature d’un premier contrat de travail pour Luce, 25 ans, engagée à Bruxelles pour un poste de traductrice de modes d’emploi. Elle aurait préféré traduire des romans à la quête du mot juste et dépérit rapidement dans une entreprise déshumanisée entourée de collègues froids et distants, empreints d’une certaine méchanceté compétitive.
Nous sommes en juin 2007. Lucie, une jeune botaniste spécialisée en écologie tropicale, se prépare pour une mission au parc national de l’Omo en Éthiopie, où elle sera chargée de cartographier la végétation en associant des relevés de terrain et une analyse d’images satellites.

Le récit de Vincent Litt commence sur une scène forte où l’on découvre Eduardo et Manon, blessés et cachés dans un endroit où ils craignent pour leur vie. Nous retournons alors en arrière pour comprendre les différentes étapes qui les ont menés jusque-là.
Avec
Xavier Deutsch fait appel ici à toute l’humanité qu’il est possible de mettre dans un livre. Il nous présente d’une part la terrible réalité que vivent les milliers de réfugiés sur la route de l’exil. Et, d’autre part, la montée de l’intolérance, de l’ignorance et leurs conséquences en Europe.
Germaniste de formation, traductrice entre autres du letton, passionnée par les langues endogènes, en particulier le picard, Rose-Marie François poursuit une œuvre poétique qui se densifie au fil des recueils traduits eux-mêmes en plusieurs langues. Depuis Course lente avant l’aurore publié en 2015 aux éditions Maelström, l’auteur puise dans ses voyages pour embarquer le lecteur vers des contrées personnelles à la fois linguistiques et géographiques. C’est ici, dans ce dernier opus, l’Afrique subsaharienne que chante la poétesse. Une mosaïque de souvenirs africains glanés pendant un demi-siècle de rencontres et de compagnonnage sur le continent. Septante-quatre sizains ciselés qui résonnent du Togo au Sénégal et où l’auteur se promène en quête peut-être d’une autre peau.
Portraits : le mot appartient à la fois au monde de la photographie et à celui du récit. Ce livre le montre d’excellente manière et l’on s’étonne qu’il n’ait pas été écrit plus tôt, tant il est le reflet d’une urgence et d’une nécessité : celles de montrer les parcours exemplaires de femmes d’origine africaine résidant en Belgique dans lesquels peuvent se re-connaître les jeunes générations. Vingt femmes qui font la Belgique d’aujourd’hui, une Belgique cosmopolite, mondialisée dans le bon sens du terme.
Justin n’a pas encore quinze ans lorsque sa mère et sa petite sœur sont abattues sous ses yeux. Livré à lui-même, il rejoint alors le rang des enfants soldats, les kadogo, entamant ainsi sa carrière militaire. À Kisangani, Albertine, jeune fille candide de 14 ans, sans père et brouillée avec sa mère, grandit entourée de sa famille de cœur. La guerre met sur sa route la violence, la souffrance et la maladie mais aussi Justin et une histoire d’amour.
Lorsque l’on tient ce roman entre les mains, on est avant toute chose impressionné par la qualité de sa facture : grain et couleur du papier, choix des couleurs et illustrations soignées qui ponctuent l’ouvrage, tout fait de ce livre un bel objet. Les premières pages tournées, on est gagné rapidement par la conviction que l’on est face à une fiction imprévisible, aux rebondissements multiples et improbables.