Archives par étiquette : silence

Qu’attendons-nous pour lever les yeux ?

Jean-Marc CECI, Les étoiles du silence, Le soir venu, 2025, 232 p., 17,95 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782940797042

ceci les étoiles du silenceAvec Les étoiles du silence, Jean-Marc Ceci déploie un roman cha­toy­ant, aux croisées du réc­it d’apprentissage, du con­te philosophique et du réal­isme mag­ique. Le lecteur suit du regard un enfant, Pei­hn, étran­glé par une tristesse indi­ci­ble, « étrange et incon­solable », qui lui coud les lèvres depuis trois ans. Observ­er le ciel et les autres, écouter le monde, appren­dre à se con­naitre, à être aimé et à s’aimer seront les dif­férents pétales de sa mag­nifique flo­rai­son sonore. Con­tin­uer la lec­ture

Chevauchée urbaine

Char­lie DEMOULIN, Silence me mord, La grange batelière, 2024, 96 p., 15 €, ISBN : 9791097127466

demoulin silence me mordQue faire quand le sen­ti­ment de l’absurde, du cré­pus­cule éter­nel nous vrille, quand la musique du néant bour­donne dans les tym­pa­ns ? C’est depuis ce lieu béant, depuis ce nihilisme que Char­lie Demoulin lance Silence me mord, pre­mier réc­it (davan­tage que roman) que l’on lira comme un auto­por­trait à l’ère du désen­chante­ment général­isé. Grav­i­tant autour de la came et du sexe, la vie du nar­ra­teur baigne dans un non-sens que la défonce et la baise com­pul­sives per­me­t­tent d’endurer. Si la for­mule « Last exit to Brux­elles » con­vo­quée en qua­trième de cou­ver­ture pro­pose une fil­i­a­tion avec Last Exit to Brook­lyn de Hubert Sel­by Jr, les simil­i­tudes dans la descrip­tion des tribus under­ground ne sont qu’apparentes. Réc­it qui se passe durant le con­fine­ment, Silence me mord est cade­nassé par la soli­tude, par la vacuité de l’existence, ryth­mé par une écri­t­ure-survie abrupte, dis­con­tin­ue, érup­tive. Nous sommes dans l’après Sel­by, dans une quête d’expériences extrêmes qui se fra­cassent con­tre les murs de la société, con­tre les murs intérieurs. Char­lie Demoulin écrit depuis un hori­zon bar­ré, celui de l’après l’âge d’or de la drogue et de l’érotisme, celui de la désori­en­ta­tion d’un monde. Le plan mondain s’est réduit à une addi­tion d’entités solip­sistes que l’auteur aus­culte. Con­tin­uer la lec­ture

Vide papier

Lau­rence SKIVÉE, Le laveur de vit­re, Let­tre volée, 2022, 192 p., 21 €, ISBN : 9782873176044

skivee le laveur de vitresDans Le laveur de vit­res, bref réc­it pub­lié aux édi­tions de La let­tre volée, Lau­rence Skivée décrit à grand ren­fort de silences et de blancs sur la page une expéri­ence du deuil et du dire, le texte ne dévoilant ses vérités qu’au tra­vers de l’idylle muette et pla­tonique entre la nar­ra­trice et un jeune laveur de vit­res.

À l’âge de quar­ante ans, la nar­ra­trice, artiste con­fi­den­tielle et mani­aque par édu­ca­tion, se livre à la lenteur et à la paresse. Pour l’y aider, elle choisit de recourir aux ser­vices d’un jeune laveur de vit­res. Quoiqu’ignorant tout de lui, jusqu’à son prénom, elle s’en éprend sage­ment, prudem­ment, à dis­tance : Con­tin­uer la lec­ture

Kaléidoscope du présent

Serge NUNEZ TOLIN, Fou, dans ma hâte, Limo­ges, Rougerie, 2015, 87 p.

nunez tolinLe livre s’ouvre avec l’intention d’écrire des mots d’amour. Mais le chaos du monde actuel n’a pas favorisé l’exploration de ce ter­reau-là. Loin des sen­ti­ments amoureux, la langue du poète a creusé un autre chemin, pro­filé par l’émergence presque immé­di­ate du titre dans sa tête : Fou, dans ma hâte. Con­tin­uer la lec­ture