La rentrée d’automne est toujours un temps fort de l’année éditoriale. Certes, les maisons d’édition belges sont moins concernées par les « grands prix d’automne » — lesquels ne visent que les romans – que leurs consœurs hexagonales. Pour les éditeurs de Wallonie et de Bruxelles, l’événement majeur de l’année reste la Foire du livre de Bruxelles, et l’effervescence éditoriale est grande lors de la rentrée d’hiver. D’aout à décembre, les auteurs et autrices belges seront néanmoins nombreux à « faire leur rentrée », qu’ils soient publiés en Belgique ou en France. Tour d’horizon du programme éditorial d’automne, qui misera surtout sur les auteurs et autrices reconnus, malgré quelques découvertes. Continuer la lecture
Archives par étiquette : Verena Hanf
Parcours translingues 4 : Pilar Pujadas et Verena Hanf
On les appelle translingues, ces auteurs et autrices qui édifient leur œuvre littéraire dans une langue seconde. Sorte de prouesse, pratique singulière (mais finalement assez répandue dans la littérature mondiale), objet d’étude, le translinguisme interroge nos certitudes littéraires et linguistiques.
Le Carnet et les Instants n°222 (janvier 2025) contient un dossier sur le translinguisme dans la littérature belge. Nous vous proposons à présent de mieux découvrir les parcours de quelques autrices et auteurs qui y sont mentionnés.
Lire aussi : Une langue à soi : parcours translingues (Le Carnet et les Instants n°222)
Aujourd’hui : rencontre avec Verena Hanf et Pilar Pujadas. Continuer la lecture
Une langue à soi : parcours translingues
On les appelle translingues, ces auteurs et autrices qui édifient leur œuvre littéraire dans une langue seconde. Sorte de prouesse, pratique singulière (mais finalement assez répandue dans la littérature mondiale), objet d’étude, le translinguisme interroge nos certitudes littéraires et linguistiques. Continuer la lecture
De l’autre côté du bocal
Verena HANF, L’enfer du bocal, F deville, coll. « Œuvres au rouge », 2023, 162 p., 17 €, ISBN :9782875990679
Le philosophe Alexandre Jollien, dans son Petit traité de l’abandon, a émis l’idée que, « rencontrer l’autre, c’est se reposer un peu de soi ». Sans nul doute, Jacques Janssens pourrait à présent acquiescer devant cette sage affirmation. Il y a neuf mois infinis, sa vie et son moral avaient lourdement chuté. Dans la société où il performait depuis des années, suite à un remaniement (et de basses manigances), sa place dans l’organigramme avait connu un renversement copernicien : il « avait dégringolé, le Jacques, [et] se rangeait dans la ligne large des employés de base, tout en bas de la page ». Au boulot, coincé derrière les vitres de son espace délimité dans l’open space, ce low performer passait ses interminables journées, seul, ostracisé, à regarder évoluer ses collègues-piranhas et flotter ses pensées-fugus. Il le maudissait, cet aquarium, et « ses écailles avaient perdu toutes ses couleurs » à force de ruminer l’humiliation. Et si seulement c’était l’unique trahison… Continuer la lecture
De la difficulté de l’attachement
Verena HANF, La fragilité des funambules, F deville, 2021, 300 p., 23 €, ISBN : 9782875990396
Les romans de Verena Hanf pétrissent toujours le matériau humain. La fragilité des funambules, dernier livre de l’autrice, ne déroge pas à la règle. On y retrouve également un autre invariant chez Hanf, qui se niche dans la mise en présence, voire dans la mise en friction, d’êtres et d’univers qui se seraient développés en parallèle si des éléments extérieurs n’avaient pas provoqué une rencontre. Comme celle d’Adriana, une jeune Roumaine au passé aussi rugueux que l’attitude qu’elle affiche, et Nina Jung, une psychologue confortablement installée aux agacements multiples. Tout, pratiquement, éloigne les deux femmes : leurs racines, leur éducation, leur statut social et marital, leur inscription au monde. Une faille aiguë les rassemble toutefois : leur maternité contrariée. Continuer la lecture

