Rossel 16–25
Épisode 9 : “Robinson”

Le prix Rossel récom­pense un auteur ou une autrice belge pour un roman paru dans l’année. Décerné depuis 1938 par un jury d’écrivains, de libraires et de jour­nal­istes lit­téraires con­sti­tué par le jour­nal Le Soir, le Rossel est con­sid­éré comme le plus impor­tant prix en Bel­gique fran­coph­o­ne, ce qui lui vaut le surnom de “Goncourt belge”.

Pour sa nou­velle série d’été, Rossel 16–25, Le Car­net et les Instants revient sur les dix derniers lau­réats du prix (2016–2025). L’occasion de (re)découvrir dix romans mar­quants, et dix auteurs et autri­ces dont le par­cours lit­téraire ne s’est pas arrêté à cette pres­tigieuse récom­pense.

Nous vous don­nons ren­dez-vous du 27 juil­let au 7 aout, du lun­di au ven­dre­di, pour par­courir l’histoire récente du Rossel.

Prix Rossel 2017 : Robinson de Laurent Demoulin

Demoulin Robinson

Robinson

Auteur : Lau­rent Demoulin

Mai­son d’édition : Gal­li­mard

Année d’édition : 2016

4ème de couv :

Robin­son est une île sauvage.
Robin­son est un monde.
Robin­son est un Sisyphe heureux.
Robin­son est un enfant autiste.
Son père, uni­ver­si­taire, évoque avec déli­catesse et sub­til­ité son expéri­ence de la pater­nité hors norme, où le quo­ti­di­en (faire les cours­es, pren­dre le bain, se promen­er) devient une poésie épique. Déto­nantes scènes décrites dans leur vio­lence et leur scat­olo­gie les plus crues : Robin­son ne par­le pas, ne se con­tient pas, il s’ex­prime dans les mêmes gestes faits et refaits, avec cepen­dant la même joie et le même intérêt, s’achevant dans les fèces le plus sou­vent.
Ain­si Robin­son est un adepte de Paul Valéry : «Le monde est men­acé par deux choses : l’or­dre et le désor­dre».
À cette vie au présent, unique unité de temps com­prise par l’en­fant, le père répond par une atten­tion de chaque instant et ses soins con­stants, un humour sans faille et une éponge tou­jours prête. Avec intel­li­gence et pudeur, ce père nous décrit ces microscènes dans une langue pré­cise et maîtrisée, que son fils, privé de parole, ne saura appréhen­der. Peut-être est-ce là la seule rai­son d’être de ce texte tis­sé entre eux : Robin­son ne le lira jamais.

En 2017, le prix Rossel récom­pense Robin­son de Lau­rent Demoulin, pub­lié aux édi­tions Gal­li­mard, his­toire de la rela­tion entre un fils autiste et son père. Il s’ag­it du pre­mier roman de l’au­teur, qui est pour­tant déjà une fig­ure con­nue du milieu lit­téraire belge : auteur de plusieurs recueils poé­tiques, il est aus­si cri­tique lit­téraire, con­ser­va­teur du Fonds Simenon et pro­fesseur de lit­téra­ture à l’U­ni­ver­sité de Liège. 

Robinson dans Le Carnet

Les finalistes 2017

Lau­rent Demoulin a rem­porté le Rossel 2017 face à qua­tre autres final­istes :

Robinson après le Rossel

Après le prix Rossel, Robin­son a encore été dis­tin­gué par le prix Verdickt-Rij­dams de l’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, prix qui récom­pense. un auteur belge dont l’ou­vrage porte sur le dia­logue entre les arts et les sci­ences.

Le roman a par ailleurs été réédité en livre de poche, dans la col­lec­tion “Folio”, en 2018.

Laurent Demoulin après le Rossel

Laurent Demoulin

Lau­rent Demoulin

Robin­son reste à ce jour le seul roman pub­lié de Lau­rent Demoulin, qui a toute­fois pour­suivi dans la veine de la fic­tion nar­ra­tive avec le recueil de nou­velles Bel­giques paru en 2021. Lesl livres postérieurs à Robin­son témoignent des deux ver­sants du tra­vail de Lau­rent Demoulin, à la fois auteur lit­téraire et cri­tique.