Marcel LECOMTE, Le Sens des Tarots et autres souvenirs, avec des images de Pierre ALECHINSKY, La Pierre d’Alun, coll. « La petite pierre », 2025, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–109‑8
Marcel Lecomte (1900–1966), poète, écrivain, chroniqueur, commentateur des arts plastiques, des lettres – et même de politique – , membre du trio surréaliste qui publia les tracts de Correspondance au milieu des années 1920, a toujours manifesté un grand intérêt pour l’ésotérisme, une thématique récurrente dans son œuvre. Y cherchant des points de jonction entre les cultures anciennes et son propre présent, sans doute, mais tentant également d’en dégager quelques lignes essentielles qui pouvaient peut-être expliciter cette forme d’autonomie créatrice existant entre les mots, la poésie, et les idées : une voie initiatrice dans la littérature dont il se voulait à la fois l’observateur, le praticien, et le commentateur. Continuer la lecture




À l’origine, Histoire de ne pas rire est le titre donné en 1956, par Marcel Mariën, qui en est l’éditeur à l’enseigne des Lèvres nues, aux écrits théoriques de Paul Nougé (1895–1967). Au dos de l’ouvrage figure un encart en lettres capitales : « Exégètes, pour y voir clair, rayez le mot surréalisme ». Ce n’était pas la première fois que Nougé prenait ses « distances » avec le mot surréalisme, qu’il avait déjà indiqué plus tôt utiliser simplement « pour les commodités de la conversation ». Il n’en reste pas moins que Nougé, dès l’automne 1924 – et indépendamment de la publication par André Breton du premier Manifeste du Surréalisme – constitue avec Camille Goemans et Marcel Lecomte le trio fondateur des activités surréalistes en Belgique, par l’édition d’une série de tracts ironiques sous le nom de « Correspondance », visant les milieux littéraires et artistiques, essentiellement français, de l’époque. Si l’on s’en tient à la chronologie, il est donc naturel (comme il en va de même pour le Manifeste de Breton), que l’on commémore en 2024 le centenaire du mouvement surréaliste, qui rayonna durant plusieurs décennies non seulement en France et tout particulièrement en Belgique, mais également en Europe et sur d’autres continents.
Le vingtième titre de la collection proposée par le Musée de la Ville de Bruxelles est l’un des plus attrayants : Amour et désamour. Regards d’écrivains sur Bruxelles 1845–1978. Cette petite anthologie, composée par Marc Meganck, s’ouvre par une lettre de Balzac à sa bien-aimée Eveline Hanska, célébrant en Bruxelles une des villes « sacrées », « primordiales », où ils se sont retrouvés.
Parmi la constellation surréaliste, Marcel Lecomte (1900–1966) serait à ranger du côté des nébuleuses, tant son œuvre, son apport et sa personnalité demeurent méconnus. En attendant que paraisse la biographie annoncée que lui a consacrée Philippe Dewolf, la cinquante-deuxième livraison de la revue Textyles vient combler quelques vides, avec un ensemble de contributions aussi éclectiques que substantielles.
Marcel Lecomte. Les alcôves du surréalisme, Textes de Paul ARON et Philippe DEWOLF, lettres de René MAGRITTE, préface de Michel DRAGUET, Cahier n°22 des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 144 p., 20 €