
Marcel Lecomte, une vie repensée. Dans l’ombre du surréalisme
Auteur : Philippe Dewolf
Maison d’édition : CFC
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 368
Prix : 33 €
Livre numérique : /
ISBN : 978–2‑87572–127‑3
En 1986 Philippe Dewolf faisait publier Connaissance des degrés, un recueil posthume de vingt-deux courtes proses de Marcel Lecomte (1900–1966), édition inachevée de son vivant. Mené avec l’artiste J.-G. Lempereur (illustrateur notamment du Toine Culot d’Arthur Masson), le projet aurait été accompagné de dessins sur les vingt-deux lames du tarot, thématique existentielle et littéraire qui guida Lecomte tout au long de sa vie. Dans ce recueil, que Dewolf tient pour le « testament spirituel » de Lecomte, on peut lire notamment un « Voyage vers l’inconnu ». L’écrivain y note, à propos de certains des personnages ou des scènes qu’il décrivait : « C’est à travers un certain anonymat que l’on se détermine. » Cette phrase, Philippe Dewolf la prend splendidement à contre-courant dans l’excellent essai biographique, Marcel Lecomte, une vie repensée, qu’il consacre au cofondateur, avec Paul Nougé et Camille Goemans, du groupe « Correspondance » – qui lança au milieu des années 1920 les activités surréalistes en Belgique. Continuer la lecture





À l’origine, Histoire de ne pas rire est le titre donné en 1956, par Marcel Mariën, qui en est l’éditeur à l’enseigne des Lèvres nues, aux écrits théoriques de Paul Nougé (1895–1967). Au dos de l’ouvrage figure un encart en lettres capitales : « Exégètes, pour y voir clair, rayez le mot surréalisme ». Ce n’était pas la première fois que Nougé prenait ses « distances » avec le mot surréalisme, qu’il avait déjà indiqué plus tôt utiliser simplement « pour les commodités de la conversation ». Il n’en reste pas moins que Nougé, dès l’automne 1924 – et indépendamment de la publication par André Breton du premier Manifeste du Surréalisme – constitue avec Camille Goemans et Marcel Lecomte le trio fondateur des activités surréalistes en Belgique, par l’édition d’une série de tracts ironiques sous le nom de « Correspondance », visant les milieux littéraires et artistiques, essentiellement français, de l’époque. Si l’on s’en tient à la chronologie, il est donc naturel (comme il en va de même pour le Manifeste de Breton), que l’on commémore en 2024 le centenaire du mouvement surréaliste, qui rayonna durant plusieurs décennies non seulement en France et tout particulièrement en Belgique, mais également en Europe et sur d’autres continents.
Le vingtième titre de la collection proposée par le Musée de la Ville de Bruxelles est l’un des plus attrayants : Amour et désamour. Regards d’écrivains sur Bruxelles 1845–1978. Cette petite anthologie, composée par Marc Meganck, s’ouvre par une lettre de Balzac à sa bien-aimée Eveline Hanska, célébrant en Bruxelles une des villes « sacrées », « primordiales », où ils se sont retrouvés.
Parmi la constellation surréaliste, Marcel Lecomte (1900–1966) serait à ranger du côté des nébuleuses, tant son œuvre, son apport et sa personnalité demeurent méconnus. En attendant que paraisse la biographie annoncée que lui a consacrée Philippe Dewolf, la cinquante-deuxième livraison de la revue Textyles vient combler quelques vides, avec un ensemble de contributions aussi éclectiques que substantielles.
Marcel Lecomte. Les alcôves du surréalisme, Textes de Paul ARON et Philippe DEWOLF, lettres de René MAGRITTE, préface de Michel DRAGUET, Cahier n°22 des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 144 p., 20 €