À l’occasion de la Journée mondiale du livre, le 23 avril, des auteurs et autrices belges des trois Communautés proposeront des lectures à bord du train Eupen–Ostende. Continuer la lecture
Archives par étiquette : Karel Logist
La poésie n’est pas affaire de scaphandriers
Un coup de cœur du Carnet
Jan BAETENS, Bulletin du Touring Club, Herbe qui tremble, coll. « D’autre part », 2026, 118 p., 17 €, ISBN : 2488229036
Jan Baetens, professeur émérite de la KU Leuven, critique, spécialiste d’Hergé, du roman-photo ainsi que des relations entre texte et image, a publié à ce jour près d’une trentaine de recueils de poèmes chez divers éditeurs. De langue maternelle flamande mais d’expression française, ce poète trop discret, qui se tient loin des scènes et des cénacles, fut lauréat en 2007 du prix triennal de poésie de la Communauté française de Belgique. Continuer la lecture
Le Top 2025 d’Éric Brogniet
Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélection d’Éric Brogniet. Continuer la lecture
Apprendre peu à peu à vivre sans
Karel LOGIST, Le jour où maman n’est pas venue nous chercher à l’école, Oskar, 2025, 62 p., 8,95 €, ISBN : 979–1‑02140–882‑1
Basile et Isabel sont des faux jumeaux de presque 12 ans qui apprennent à vivre avec leur papa et leur tante Amélie depuis la disparition de leur mère. Malgré leur gémellité et les mêmes lettres qui composent leur prénom, les frère et sœur sont très différents : l’une est en fusion avec son GSM, à l’affût de l’actualité de sa star préférée et peut parfois être plongée dans un mutisme de plusieurs jours, tandis que l’autre est un solitaire qui aime l’école et est toujours fourré avec son seul et unique ami Ludo. Continuer la lecture
La langue en marche
Un coup de cœur du Carnet
Caroline GIRAUD, Maillon nu, Maelström reEvolution, coll. « Rootleg », 2025, 93 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87505–530‑9
De Caroline Giraud, née en 1977, nous savons qu’elle vit entre Bruxelles et la Corrèze, qu’il ne faut pas la confondre avec une autre Caroline Giraud, professeure de philosophie à Charleville-Mézières – et sur TikTok – et qu’elle est investie dans des projets de recherche et de création poétiques. L’autrice de Maillon nu a également publié dans plusieurs remarquables revues françaises (Margelles, Hélas, Pro/p®ose, Lichen, La forge, Les haleurs, ou encore Peau électrique). Elle performe régulièrement en lectures musicales ou croisées avec d’autres voix. Et voici qu’elle publie, à Bruxelles, chez MaelstrÖm cet excellent second livre, d’une belle rigueur, d’une grande originalité et d’une profonde justesse. Continuer la lecture
L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art
Karel LOGIST, J’arrive à la mer suivi de Force d’inertie et Le sens de la visite, Postface d’Eloïse Grommerch, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2025, 316 p., 12 €, ISBN : 9–782875-687–104
Karel Logist (Spa, 1962) appartient à ceux que Liliane Wouters appelait la Génération Expo 58, qui propose une nouvelle sensibilité dans le monde des lettres françaises de Belgique par rapport aux générations précédentes, après le surréalisme et les irréguliers du langage et entre les recherches formelles, notamment structuralistes et minimalistes, et le néo-classicisme. Continuer la lecture
Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau
Immuable temps fort de l’année éditoriale française, la « rentrée littéraire d’automne » suscite beaucoup d’attention en Belgique aussi.
De la part des libraires et des lecteurs, évidemment, puisque la littérature publiée en France reste, de loin, la plus vendue chez nous. Pour les auteurs et autrices belges publiés en France, cette rentrée est pleinement la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexagonaux, à l’effervescence du moment et notamment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette période des attitudes diverses. Certaines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un programme d’ampleur, et des dates de parution qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au contraire plus tardives, pour éviter une concurrence déséquilibrée. D’autres maisons, sans être inactives au cours du deuxième semestre, placent plutôt le centre de gravité de leur année éditoriale à la Foire du livre de Bruxelles, et présentent donc un programme plus léger pour l’automne.
Tour d’horizon des auteurs et autrices belges qui feront la rentrée 2025, en Belgique ou à l’étranger. Continuer la lecture
Les poules ont des dents!
COLLECTIF, Ardeurs de tram, Murmure des soirs, 2025, 184 p., 17 €, ISBN : 782931235317
« Pendant longtemps, les deux amants ont vécu une relation folle, dévorante. C’était la passion brute, sans frein. Un amour à la fois fusionnel et destructeur », telle est la love story de la Cité ardente et du tram, mise en mots par Hélène Delhamende dans « Psychotram ». Les tourtereaux s’aiment « moi non plus » et alimentent l’un pour l’autre un sentiment ambivalent. Le tramway, amoureux éconduit et reséduit, marque alors une halte au Petit Bourgogne afin de faire le point sur cette relation toxique. Les Liégeois, eux, assistent en spectateurs impuissants aux soubresauts de cette histoire de couple peu harmonieuse aux embellies magnifiques. Continuer la lecture
Faire des pompes de plume
Karel LOGIST, Faut-il dire la vérité aux éléphants ?, Cactus inébranlable éditions, 2022, 76 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–067‑8
Jean-Loup NOLLOMONT, Contes à rebours, Cactus inébranlable éditions, 2022, 98 p., 8 €, ISBN : 978–2‑39049–065‑4
Les prolifiques éditions du Cactus inébranlable s’enrichissent d’un troisième titre de Jean-Loup Nollomont et d’un premier du poète Karel Logist, pris d’aphorismes.
Le vaccin contre la connerie rencontrerait une forte opposition.
L’auteur s’explique dans un échange d’emails : « il m’arrive souvent, au détour d’une lecture, de repérer ces petites phrases qui sont comme une respiration, une pause fulgurante, dans un texte dense. On a coutume d’appeler cela des aphorismes mais se sont aussi des punchlines qui dynamisent (ou dynamitent) le propos de l’auteur et qui font sortir son lecteur de sa zone de confort… Ces courtes phrases que j’espionne — inscriptions, syllogismes, décoctions, maximes — peu m’importe le terme, sont écrites au départ d’observations linguistiques ou sociétales, parfois moralisatrices, parfois subversives, parfois drôles. Elles me ravissent et me donnent à réfléchir. Si bien que je me suis mis, avec un certain plaisir, à en produire moi-même, modestement, en marge de mes lectures… Et elles ont eu la politesse de s’adapter à mes humeurs les plus taquines comme aux plus mélancoliques ! » Puis de se rassembler sous ce titre-plume : Faut-il dire la vérité aux éléphants ? Continuer la lecture
La visibilité est bonne
Un coup de cœur du Carnet
Karel LOGIST, Tout est loin, L’herbe qui tremble, coll. « D’autre part », 2022, 120 p., 16 €, ISBN : 978–2‑491462–39‑0
Tout est loin : voilà bien une logistisation, une karellogisterie – un flou entretenu qui a du charme. Car rien n’est plus vrai et rien n’est moins faux quand le sentiment de proximité nous saisit à chaque poème, renversant le titre du recueil, malicieusement. Avec une simplicité d’apparence, Karel Logist sait comment dessiner les contours du trouble en nous rapprochant par le poème des paysages humains.
Se saisissant des mots de tous les jours, le poète esquisse ici les malentendus de l’existence. « Je ne trouverai point / de meilleurs compagnons / pour chanter mes saisons / ou dire mes chagrins », écrit-il. De fait : Continuer la lecture
Revue de presse : les livres de l’année 2021

Photo Pixabay
Au cours des dernières semaines, les médias ont dressé le bilan de l’année littéraire 2021, souvent par le biais de listes des ouvrages les plus remarquables de l’année. Le Carnet et les Instants vous a proposé les sélections de ses chroniqueurs et chroniqueuses tout au long du mois de décembre. Place à présent aux choix d’autres journaux et magazines — et plus précisément, aux auteurs et autrices belges qu’ils mentionnent. Continuer la lecture
Le Top 3 de Camille Tonelli
Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélection de Camille Tonelli.
Continuer la lecture
Horizons littéraires en vingt-deux instantanés
COLLECTIF, Fenêtres sur court, textes réunis et présentés par Laura Delaye, Nausicaa Dewez, Laurence Ghigny, Violaine Gréant et Valériane Wiot, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2021, 278 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–550‑6
Automne 2021 : Espace Nord sort son 400e numéro, La Fureur de lire fête ses 30 ans. Les comptes ronds incitent à marquer le coup et ce double jubilé ne fait pas exception. Ce n’est donc pas une réédition classique dans la collection patrimoniale qui a hérité, par le hasard de la numérotation, de ces deux zéros sur sa tranche. Et, tant que l’on parle de chiffres, il ne s’agit pas à proprement d’une mais plutôt de vingt-deux rééditions. Vingt-deux !? Dans un seul volume ? Parfaitement ! Vingt-deux nouvelles, échantillon choisi parmi les plus de cent plaquettes éditées dans le cadre de la Fureur de lire. Tâche ardue à n’en pas douter. Continuer la lecture
Il n’y a pas d’issue au monde…
Karel LOGIST, Soixante-neuf selfies flous dans un miroir fêlé, Arbre à paroles, coll. « If », 2021, 77 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87406–707‑5
« Discrète et délicate, la poésie de Karel Logist ne vocifère jamais (…). Entre le chant et la confidence personnelle, (…) elle mêle humour et gravité, nostalgie et observation. Les thèmes sont tour à tour l’amour, l’amitié, l’enfance, le voyage, l’observation des autres, le portrait ; mais l’œil de Logist décèle aussi l’insolite, ou même le fantastique, dans la réalité ; son imaginaire est propre à construire de petites fables amusées et non moralisatrices ; sa voix jette un voile sur son angoisse ou son scepticisme. C’est une poésie d’humour noir qui ne se montre pas comme telle ; une poésie de connivence avec soi-même et avec l’autre ; le moyen de communication d’un homme secret (…) qui ne cherche pas à en imposer, mais qui s’impose au lecteur (…) » (Gérald Purnelle). Auteur d’une œuvre saluée depuis sa découverte par Liliane Wouters – qui fit publier son premier livre[1] où il constatait déjà qu’il n’y a pas d’issue au monde – jusqu’à ce recueil, Soixante-neuf selfies flous dans un miroir fêlé, écrit durant la récente pandémie, le poète spadois fait preuve d’une souveraine cohérence thématique et stylistique. Il possède un ton, une voix reconnaissable entre toutes. La discrétion et la pudeur caractérisent « cet homme tellement oubliable », qui n’a jamais été « un garçon expansif », ce virtuose sans afféterie, qui n’a pas hésité pourtant à s’engager dans l’action concrète en faveur de la lecture et de l’édition. Continuer la lecture
Faisceau de lignes blanches
COLLECTIF, La ligne blanche, Arbre à paroles, coll. « iF », 2020,126 p., 14 €, ISBN : 978–2‑8704–696‑2
À l’invitation, à l’appel lancé par Antoine Wauters qui dirige la collection « iF » à L’Arbre à paroles, vingt-trois auteurs ont répondu : écrire sur ce que signifie pour eux la ligne blanche. Traversé par une crise, tenaillé par une pulsion qui se traduit en une décision — arrêter d’écrire —, Antoine Wauters voit dans la ligne blanche la manifestation du grand retrait, de l’effacement, une césure, un syndrome Bartleby. La pureté de la ligne blanche est telle qu’elle ne doit plus se traduire en mots. Le syntagme lancé aux contributeurs venus du monde du roman, de la bande dessinée, de la poésie, du journalisme s’apparente à un signifiant flottant que chaque auteur va interpréter, diffracter en récits ou en poèmes. Continuer la lecture
Les soubresauts d’un cœur
Karel LOGIST, Un cœur lent, Tétras Lyre, 2019, 80 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930685–48‑9
Plaisir toujours renouvelé de retrouver la prose poétique de Karel Logist après quelques années d’absence. C’est que l’œil narquois du poète n’a pas pris une ride. Un nouveau recueil donc composé d’une soixantaine de courts textes comme autant d’instantanés pris sur le vif et qui dissèquent avec acuité les cœurs chamboulés des « aimables solitudes » que nous croisons en chemin. Nos contemporains pris en flagrant délit de vie par l’objectif aguerri du poème polaroïde et que viennent illustrer les photographies du complice de toujours, Serge Delaive. Continuer la lecture

