Kate MILIE, L’assassin aime l’Art déco, 180°, 2025, 163 p., 18 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 978–2‑9407–2172‑6
L’assassin aime l’Art déco, « troisième édition, revue et améliorée » d’un polar publié une première fois en 2012, jouit d’un bel écho médiatique en cette année anniversaire d’un mouvement né il y a cent ans.
L’autrice ? Kate Milie nous a déjà plus d’une fois régalés, avec ses romans, ses guides de balades, ses plongées dans des vies d’artistes (Spilliaert, Toulouse-Lautrec). Continuer la lecture
« Un éditeur m’a proposé d’écrire un livre sur la condition des femmes à la fin du XIXe siècle. » La voix, au téléphone, chaleureuse, parle de liberté dans le traitement ; Kate Milie, dans un souffle, portée par un élan, s’entend acquiescer. Pourtant, les délais de remise sont courts, le refus possible, la rémunération passée sous silence. Mais, le soir même, une possibilité d’investir un studio en sous-location, dans le bas de Montmartre, se présente. Synchronicité jungienne et signe du destin ? Voilà notre autrice en route vers Paris, la Belle Époque et l’aventure.
Le titre pilote vers le policier, une page de garde annonce un roman, le texte échappe aux étiquettes et conjugue les registres : journal de bord de l’autrice autour d’un projet d’écriture, documents qui le fondent (lettres de protagonistes ou de témoins, liste de lieux à visiter), fragments d’une rêverie biographique à partir des points d’acmé d’une existence.
Après une “édition 0” à la Bourse, Boulevard du polar revient du 16 au 18 juin et pose cette fois ses valises à l’atelier Coppens. Au programme : trois jours de fête et de rencontres autour d’un genre, le polar, et ses déclinaisons littéraires, cinématographiques, musicales, télévisuelles … C’est que le jeune festival revendique sa dimension “transmédia”.
Kate Milie s’est fait une spécialité du polar urbain. Après L’assassin aime l’Art Déco en 2012 et Noire jonction en 2013, Peur sur les boulevards paru chez le même éditeur 180° éditions se présente comme le troisième tome (qui se lit néanmoins indépendamment) de cette mise en scène de Bruxelles sur trame de polar et exploration sous toutes les coutures de cette ville aux « travaux permanents et interminables ». Hôtels et places, rues et boulevards, voies d’eau ou voies ferrées, vibrations, fantômes, tréfonds oubliés, l’auteure aime mener son lecteur dans ces sortes de jeux de pistes vers l’autre côté du miroir où se donne peut-être la clé d’une obsessionnelle énigme.