Archives par étiquette : luvan

Ce qui ne peut être prononcé, ce qui ne peut être écrit

lUVAN, Agrapha, La Volte, 2020, 301 p., 20 € / ePub : 10,99 € , I.S.B.N. : 978–2‑37049–095‑7

luvan agraphaAgrapha inter­pelle d’abord par sa forme. Si le texte présente certes une trame nar­ra­tive savam­ment con­stru­ite, il ne s’agit cepen­dant pas d’un roman ; mais d’un ensem­ble com­pos­ite, éclaté, avec des par­ties de natures var­iées, au tra­vers desquelles se des­sine l’évolution de ce qui n’est pas vrai­ment une intrigue, plutôt une lente immer­sion.

Une décou­verte for­tu­ite amène la nar­ra­trice à un « tra­vail de recherche et d’édition » con­cer­nant la com­mu­nauté de « sanc­ti­mo­ni­ales » d’Adsagsonae Fons (Source d’Adsagsona) du 10e siè­cle. Elle se pose d’abord en philo­logue et his­to­ri­enne. Les textes qu’elle traduit sont des « con­fes­sio », où les femmes s’expriment en leur nom, et des « ges­ta », où elles par­lent de leurs com­pagnes. Se crée ain­si une galerie de por­traits croisés où la vie de cha­cune se donne à voir. Il s’agit moins de spir­i­tu­al­ité et de reli­gion que de ce qui fait la vie en groupe au sein de la forêt, en prox­im­ité avec les ani­maux et d’autres groupes humains. Les dif­férentes per­son­nal­ités pren­nent pro­gres­sive­ment vie. Con­tin­uer la lec­ture

Au cœur du magma

LUVAN, Sus­to, La Volte, 2018, 400 p., 18 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 9782370490551

luvan sustoIl n’est pas anodin que Sus­to s’ouvre sur une cita­tion d’Alberto Manguel affir­mant la puis­sance de l’imagination. Un jour, l’auteur argentin lira le roman de luvan, parce que les livres ont leur des­tin, et aug­mentera la prochaine édi­tion de son indis­pens­able Dic­tio­n­naire des lieux imag­i­naires. Con­tin­uer la lec­ture

Subtils parfums d’extrêmes

Un coup de cœur du Carnet

LUVAN, Few of us, illus­tra­tions Stéphane PERGER, Dystopia, 2017, 173 p., 10 €, ISBN : 979–10-91146–31‑9

luvanSeize textes com­posent ce recueil, rassem­blés en trois par­ties inti­t­ulées Pen­dant, Après et Plus tard. Entre eux, le fil con­tinu et ten­du des désas­tres, de l’inacceptable, des gâchis qui défig­urent l’humanité. Pour dire l’absurde et les ter­reurs des guer­res, les rus­es imbé­ciles des guer­ri­ers, l’inexorable des tragédies, les cauchemars de l’exil. Ain­si en est-il du pre­mier réc­it, qui mêle fouilles archéologiques et opéra­tions de démi­nage. Avec le même sus­pense, selon que l’on trou­ve des ves­tiges ou que des mines explosent. Et la même omniprésence indis­pens­able et tenace du pressen­ti­ment. Une lec­ture inou­bli­able que l’on voudrait impos­er aux derniers vendeurs  de ces engins de mort sournois. Suit une Antigone revis­itée, en proie aux ques­tions insis­tantes de ses inter­ro­ga­teurs. Avant de crois­er les pas de migrants lati­nos à la fron­tière améri­caine dans la four­naise du désert et les cours­es-pour­suites avec les brigades réac­tion­naires qui atten­dent le mur promis et qui précè­dent le tra­vail des garde-fron­tières avec dou­ble ration de bavures. Ou encore pour rejoin­dre une star dans les stu­dios, face à un pho­tographe, juste avant qu’elle soit détrônée par une plus jeune et plus vive qui relancera l’audience et les recettes. Ailleurs rôdent des patrouilles souter­raines qui creusent des tun­nels à grand bruit et qui débusquent tôt ou tard les insoumis, puis nous est don­née la dépo­si­tion en deux ver­sions de celui-celle qui vient de tuer son dou­ble. Ou encore appa­rais­sent des signes inquié­tants, et pour­tant bien vis­i­bles nég­ligés par les incon­scients, qui précè­dent une ter­ri­ble mal­adie tan­dis que des mil­i­taires opposent leur vaine viril­ité aux obus enne­mis et que des chiens pro­lifèrent et annon­cent la ter­reur, des guer­res inter­minables. Con­tin­uer la lec­ture

Tous contes faits

lUVAN, Le cheva­lier rouge, illus­tré par Ambre, mael­strÖm, 2015, 125 p.

Lorsque l’on tient ce roman entre les mains, on est avant toute chose impres­sion­né par la qual­ité de sa fac­ture : grain et couleur du papi­er, choix des couleurs et illus­tra­tions soignées qui ponctuent l’ouvrage, tout fait de ce livre un bel objet. Les pre­mières pages tournées, on est gag­né rapi­de­ment par la con­vic­tion que l’on est face à une fic­tion imprévis­i­ble, aux rebondisse­ments mul­ti­ples et improb­a­bles. Con­tin­uer la lec­ture