
Les éclats du Graal
Auteur : Michel Cornélis
Maison d’édition : F deville
Collection : Oeuvres au rouge
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 428
Prix : 25 €
Livre numérique : /
EAN : 9782875992185
Cologne, 1163. La foule se presse sur la place où l’on a préparé un bûcher dans lequel des hérétiques sont précipités. Sybille, une jeune femme qui y était destinée, en est extraite de justesse par Tristan, son amoureux, alors que ses vêtements et sa chevelure rousse sont déjà la proie des flammes. Telle est la scène qui ouvre ce roman historique ambitieux inspiré d’événements réels autour desquels Michel Cornélis a bâti une intrigue palpitante. Retour sur les faits : la famille de tisserands jugée et condamnée au bûcher pour hérésie a embrassé la foi des amis de Dieu, des Chrétiens qui prônent une foi libérée des dogmes et de l’emprise papale que les autorités religieuses et politiques ont décidé de combattre sans pitié. C’est pourquoi elles sont résolues à remettre la main coute que coute sur la jeune femme pour lui faire subir le sort qui lui était destiné. C’est l’histoire de cette traque sans relâche qui trace la ligne de tension du récit. Continuer la lecture






Éblouissant roman taillé dans l’ambition, l’érudition et la magie du verbe, Emprises. Les contes du père Susar enracine son récit dans les plis du 18ème siècle, ausculte les secrets, les jougs familiaux qui s’étirent sur plusieurs générations. Jean Claude Bologne a le secret des dispositifs narratifs d’une folle intelligence qui allie questions métaphysiques et complexité des âmes. Construit comme une cathédrale, le roman met en scène un conteur hors pair, le père Susar qui, accusé de sorcellerie, vit caché dans un hameau près de Liège depuis des décennies.
Voici un ouvrage consacré à un musicien fort oublié aujourd’hui, à la riche discographie pourtant, qui a mené sa carrière et sa vie sous les rois Louis XV et XVI, la Révolution et la Terreur, l’Empire et la Restauration. En s’adaptant à tous les régimes, en leur survivant, jusqu’à atteindre 95 ans. Mais quel musicien ! Le père de la symphonie, un inspirateur de Mozart, l’orchestrateur de la première Marseillaise, etc. 
Liège, mai 1940, Élise et Gérard s’offrent, ainsi qu’à leurs deux enfants, une parenthèse musicale. Des jours sombres s’annoncent, les deux musiciens hantés par les souvenirs de la Grande Guerre le savent. Elle au piano, lui à la flûte, ils savourent les derniers instants avant leur inéluctable séparation. Tout est prêt pour le départ d’Élise avec les enfants. De son côté, Gérard, vétéran de 14–18, officier de réserve dans l’aviation et instructeur de jeunes pilotes, s’apprête à servir son pays à nouveau. Et c’est une mission très particulière qu’il se voit confier.
Dix-sept février 1699. Voilà vingt-six ans que Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, a quitté Armande Béjart. Seule la mort semble être parvenue à séparer le couple qu’ils ont formé durant de longues années. Leur mariage fut brièvement heureux, le temps que la jeune femme demeure admirative du dramaturge à la notoriété grandissante. Devenue comédienne pour incarner ses personnages et mère pour répondre à ses désirs, elle s’éloigne peu à peu de l’auteur lorsqu’elle réalise qu’elle veut égaler sa célébrité par ses interprétations. Elle se met en quête de reconnaissance dans ses rôles comme dans ses relations extraconjugales. Ils font alors semblant. Molière l’aime et est profondément attaché à elle, il refusera de la quitter. Et ce n’est que quelque temps après la mort de Madeleine, sa propre mère mais aussi la première femme de son époux, qu’Armande réalisera à quel point elle tient à celui qui l’a façonnée sans jamais cesser de l’aimer. 
Nous sommes dès l’entame du texte (nommée à dessein Équarrissages – dans une métaphore équine filée qui, dans le droit fil du titre polysémique, traversera tous les chapitres) le 3 novembre 1793, puis le 8 juin 1817 au plus près des corps et des esprits en souffrance. Aux moments-mêmes où se jouent tragiquement les vies d’Olympe de Gouges (née Marie Gouze) et de Théroigne de Méricourt (née à Marcourt, près de Liège), figures feux follets de la Révolution française. La première sera guillotinée sur ordre d’Antoine Fouquier-Tinville (homme de loi et accusateur public du Tribunal révolutionnaire… qui, ironiquement, finira par connaître le même sort), la seconde internée et traitée inhumainement jusqu’à sa mort – c’est donc à leurs dernières ruades contre l’ordre patriarcal établi et un certain obscurantisme de l’époque que nous convie l’autrice, une fois posés ces premiers tessons d’existence. Fascinée par la dame en bleu (Théroigne) et la femme aux affiches qui lui fera cadeau d’un livre de fables doré (Olympe), une gamine en haillons semblable à une Cosette va les croiser à plusieurs reprises.
Agrapha interpelle d’abord par sa forme. Si le texte présente certes une trame narrative savamment construite, il ne s’agit cependant pas d’un roman ; mais d’un ensemble composite, éclaté, avec des parties de natures variées, au travers desquelles se dessine l’évolution de ce qui n’est pas vraiment une intrigue, plutôt une lente immersion.
Se replonger dans l’œuvre d’une autrice aimée, mais dont on a fait la connaissance il y a de nombreuses années, c’est toujours prendre un gros risque. Il se pourrait que l’écrivain adulé déçoive, que ses ficelles paraissent grossières, que ses descriptions agacent et que ses audaces semblent à présent bien banales. Il n’en a rien été. La première chose qui frappe à la lecture de La dormition des amants, c’est à quel point le classicisme élégant de l’écriture de Jacqueline Harpman est efficace, et continue à charmer.