Un coup de cœur du Carnet
Monique BERNIER, Hugo, M.E.O., 2024, 184 p., 19 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0428‑3
Le récit de Monique Bernier est raconté à la première personne par le héros, Hugo, 8 ans. Il nous explique avec ses mots ce qu’il a vécu les trois dernières années, la période la plus laide de sa vie, celle où sa maman est partie du jour au lendemain et où son papa a changé.
Lorsque sa maman disparaît, Hugo réagit comme un petit garçon de 5 ans : il l’attend, la cherche, a peur de partir de la maison au cas où elle reviendrait. Son père plonge dans une dépression profonde, arrête de travailler, ne s’habille plus, ne nettoie plus leur logement. À un moment donné, il est obligé de recommencer à travailler et de prendre des antidépresseurs, mais son comportement se transforme : il ne parle presque plus à son fils sauf pour crier, s’emporte vite et lui donne des gifles quand Hugo lui demande pourquoi sa maman est partie, pourquoi elle est partie sans lui. Continuer la lecture
Des amours de soie, le troisième roman en date de Martine Roland, confirme encore l’intérêt de l’autrice pour les sujets denses et mystérieux, voire hors normes en nous invitant à suivre les rencontres, les chocs psychologiques et surtout la violence des relations humaines. Dans ce roman, paru dans une nouvelle collection de livres noirs chez Academia, « Noirs desseins », l’auteure nous offre un thriller psychologique surprenant et aux échos les plus noirs.
En mots et en dessins, Mathieu Pierloot et Giulia Vetri ont convoqué la douceur et la magie pour créer un héros des plus attachants : Seymour. Depuis qu’il est louveteau, ce dernier évolue en marge de la meute. Rêveur, paisible, contemplatif, il observe, sous l’œil critique de ses parents, les beautés du monde enneigé qui l’entoure là où ses frères de poils apprennent à se battre : « Pauvre Seymour, se moquent-ils, tu es trop fragile, tu aurais dû naître écureuil ou papillon. » Leurs paroles trouvent écho en lui alors, un matin, sans se retourner, il quitte la grotte familiale et parcourt plaines et forêts à la recherche de son lieu. Son audace se voit récompensée quand, au sommet d’une falaise aux couleurs enrobantes, surplombant une plage tranquille, il aperçoit « une petite chaumière, battue par les vents ». La maison, à l’intérieur douillet, « est un endroit étrange, peuplé de livres, de pièces silencieuses et d’objets bavards ».
Paru dans la collection « Exprim’ » chez l’éditeur Sarbacane, Ogresse est un roman pour adolescents frontal, sans détour, et surtout, honnête.
Les six premières pages surprennent. En surplomb du roman, soit. Nous avons l’habitude, dans les thrillers, les romans dynamiques, de ces prologues insinuant le suspense, la tension, le drame via une scène/point d’acmé située dans une temporalité décalée par rapport à la trame première. Mais Patrick Delperdange nous offre autre chose, une mise en exergue du thème qui va parcourir son opus, la femme battue et l’appréhension, intime et extérieure, du phénomène :
Comme tous les vendredis, un homme traverse la place du Jeu de balle avec ses collègues pour aller déguster un bon stœmp chez Josiane. Un môme qui crie arrête son regard. L’homme s’approche et essaie, avec d’autres passants, de savoir où sont les parents de cet enfant, comment il s’appelle… Le gosse ne répond pas. Seuls d’horribles beuglements sortent de sa bouche. Il se débat et se mord le bras. Un type réplique que “c’est un enfant sauvage qui cause la langue des bêtes” et qu’il n’y a rien à faire. Alors que les badauds poursuivent leur route, l’homme ne parvient pas à quitter ce petit être. Il appelle les flics et les attend avec lui. C’est ainsi qu’il se rend compte que le gamin est une fille. Il l’appelle Alice. Cette dernière semble se calmer en sa présence. Il décide de la prendre sous son aile.