Archives par étiquette : réalisme magique

À pleines dents

Aylin MANÇO, Ogresse, Sarbacane, coll. « Exprim’ », 2020, 274 p., 16€/ ePub : 11.99 €,  ISBN : 978-2-37731-375-4

Paru dans la collection « Exprim’ » chez l’éditeur Sarbacane, Ogresse est un roman pour adolescents frontal, sans détour, et surtout, honnête.

D’un bout à l’autre de l’histoire, la psychologie des personnages est soignée, tant dans les relations entre les différents protagonistes que dans l’expression des tensions et désirs qui habitent l’héroïne, justement surnommée « H ».

On retrouve dans ce récit les préoccupations des ados d’hier et d’aujourd’hui : l’amitié, la peur de rejet, la divorce des parents et l’éveil, parfois déroutant, d’une sexualité. Ces sujets sont traités sans détour, avec une loyauté face au réel dont seule fait preuve une autrice qui garde bien en tête les joies et douleurs de l’adolescence. Continuer la lecture

André Delvaux

Le cinéaste dans la cité. Les notes d’André Delvaux, dir. Jean MEURICE, CEP, 2018, 251 p., 18 €, ISBN : 978-2390070214

Le cinéaste dans la citéEn 1965, le film L’Homme au crâne rasé qu’André Delvaux adapte du roman de Johan Daisne marqua l’avènement du cinéma belge moderne. Non que le septième art belge fût totalement inexistant. Mais André Delvaux invente un nouveau souffle qui, dans nombre de ses films, relèvera de ce qu’on a appelé le réalisme magique. Venu du monde de la musique, de la littérature, pianiste qui accompagna durant des années les films muets à la Cinémathèque royale de Belgique, à cheval sur les cultures néerlandophone et francophone, l’auteur de Rendez-vous à Bray, Benvenuta, L’Œuvre au noir pose les premières pierres de la modernité du cinéma belge, frayant une aventure artistique pionnière dont bien des réalisateurs actuels sont les héritiers. Recueil d’inédits, de textes rassemblés par Catherine Delvaux, Richard Miller, comportant des correspondances avec Jacques Sojcher, Philippe Reynaert, une étude de Roger Lallemand sur Benvenuta, un avant-dire de Raoul Servais, Le cinéaste dans la cité nous plonge pour notre plus grand bonheur dans le laboratoire de celui qui fut à la fois cinéaste, pédagogue (il fut l’un des fondateurs de l’INSAS), musicien.

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