Archives par étiquette : Tintin

Le 9e Art, après la guerre

Frans LAMBEAU, Dictionnaire illustré de la bande dessinée belge de la libération aux fifties (1945-1950), Liège, Les Éditions de la Province de Liège, 2016, 328 p.

Dictionnaire illustré de la Bande dessinée belge de la libération aux fifties (1945-1950)Essayiste spécialisé en bande dessinée, Frans Lambeau, à qui l’on doit déjà un ouvrage sur la bande dessinée belge sous l’Occupation (Dictionnaire illustré de la bande dessinée belge sous l’Occupation, André Versailles, 2013), s’est penché sur l’évolution du genre au sortir de la seconde guerre mondiale. Dans ce dictionnaire qui se veut exhaustif, l’expert fait part de ses recherches approfondies consacrées à cette période bien particulière, caractérisée par un essor important de la presse écrite. Alors que la Belgique a découvert le 9e Art durant l’entre-deux-guerres à la faveur de la diffusion de comics américains, la source se tarit dès 1941 et l’édition fait appel aux illustrateurs locaux pour remplir les pages des hebdomadaires de divertissement. À la Libération, l’offre se développe abondamment. Continuer la lecture

« Avant son départ, Tintin s’est fait équiper au Bon Marché ! »

Jean-Claude JOURET, Hergé et la publicité, Neufchâteau, Weyrich, 2016, 200 p., 32 €

jouretS’il est entre Magritte et Hergé un point commun autre que leur enracinement en Belgique, c’est le début de leurs carrières respectives dans le domaine publicitaire – ou plutôt de « la réclame » comme l’on disait à l’époque où une boutique vous engageait à lui fignoler son enseigne. Ainsi Magritte, d’avoir silhouetté des mannequins de bois pour le compte de certain styliste, convoquera-t-il dans plusieurs tableaux le motif énigmatique de ces membres en forme de quille. Pour Hergé, la publicité est davantage qu’une lointaine et anecdotique source d’inspiration ; elle est avant tout un banc d’essai de sa pratique artistique. Dans ses albums, elle tient plusieurs rôles : élément discret mais essentiel du décor, elle participe souvent à l’ironie du propos, définit un univers mental et un ton, jusqu’à parfois se muer en authentique ressort narratif. Continuer la lecture

Hergé : les raisons d’un malentendu et d’un succès

Renaud NATTIEZ, Le Mystère Tintin. Les raisons d’un succès universel, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 370 p., 22 €/ePub : 13.99 €

Qu’elle est ingrate, l’admiration que l’on voue à Hergé, et plus particulièrement à son personnage principal. Voici un énième ouvrage portant sur ce que l’on est en droit d’appeler un monument du patrimoine immatériel belge, et dont l’auteur, pour « des raisons indépendantes de sa volonté », a dû se résoudre de traiter sans aucun appui graphique autre que les couvertures des albums ! Dès lors, l’essai, si pénétrant soit-il, ne s’adresse qu’à un public de fanatiques, ayant quasi mémorisé l’ensemble des cases et des bandes (respectivement désignées par des chiffres arabes et romains) des vingt-quatre titres, ou alors de courageux, qui prendront la peine de se reporter systématiquement à leur précieuse collection pour vérifier la pertinence du propos. Continuer la lecture