Archives par étiquette : La fabrique des héros (collection)

Évidemment que les monstres existent

Un coup de cœur du Car­net

Christophe MEUREE, Ellen Rip­ley. Sur­vivre à l’alien. Sur­vivre à l’avenir, Impres­sions nou­velles, coll. “La fab­rique des héros”, 2025, 128 p., 13 € / ePub : 8,99 €, ISBN : 978–2‑39070–212‑2

meurée ellen ripleyEût-il fal­lu atten­dre, patiem­ment, la nais­sance d’un écrivain tel que Christophe Meurée, alien au sein des let­tres (cette per­son­ne étant – au même titre que Sigour­ney Weaver, actrice qui a incar­né Ellen Rip­ley – au croise­ment de la recherche, de l’enseignement et de l’art) pour com­pren­dre davan­tage qui est ce per­son­nage d’Ellen Rip­ley ? Ce per­son­nage un peu bizarre de la saga Alien qui accouche de trucs tout aus­si mon­strueux, peu importe la forme ? Con­tin­uer la lec­ture

Pour un cinéma freak, émancipateur et sans repos

Un coup de cœur du Car­net

Louise VAN BRABANT, Lau­ra Palmer au pays des miroirs, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2024, 128 p., 13 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 9782390701750

van brabant laura palmerFans de Twin Peaks, ras­surez-vous : le sub­lime essai de Louise Van Bra­bantLau­ra Palmer au pays des miroirs, n’épuise pas le sujet. Tout au con­traire. Il se pour­rait que les thès­es dévelop­pées ou sug­gérées ici relan­cent notre addic­tion. L’an­gle d’at­taque de l’autrice – faire de Lau­ra Palmer une héroïne fémin­iste, en somme – lui per­met, en tout cas, sans avoir l’air, d’esquiss­er d’autres pistes inter­pré­ta­tives à explor­er, me don­nant per­son­nelle­ment envie de me plonger, une fois de plus, dans la série mythique de David Lynch et Mark Frost en remet­tant en route ma pro­pre fab­rique à sens. Con­tin­uer la lec­ture

Genèse et devenirs d’un super-héros

Un coup de cœur du Car­net

Char­line LAMBERT, Doc­teur Strange. Les mains et l’esprit, Impres­sions nou­velles, coll. « La Fab­rique des héros », 2023, 128 p., 13 €, ISBN : 978–2‑39070–048‑7

lambert docteur strange les mains et l'espritAvant d’être inter­pré­ta­tion, embardées her­méneu­tiques, la lec­ture est affaire de per­cep­tion, d’attention à des plis con­ceptuels, nar­rat­ifs, diégé­tiques. C’est sous l’angle des mod­i­fi­ca­tions des niveaux de per­cep­tion que subis­sent le Doc­teur Strange et ses lecteurs/spectateurs que la poétesse, essay­iste et chroniqueuse Char­line Lam­bert inter­roge le super-héros des Mar­vel Comics, créé par Stan Lee et Steve Ditko, appa­rais­sant pour la pre­mière fois en 1963. Atten­tif aux points de bas­cule, aux inflex­ions de la tra­jec­toire du « plus grand neu­rochirurgien du monde », à l’accident de voiture qui occa­sion­nera la perte de ses mains en or, Doc­teur Strange. Les mains et l’esprit retrace la genèse et les devenirs d’un homme arro­gant, auréolé d’un ego sur­di­men­sion­né. A la faveur de la blessure, une série de méta­mor­phoses l’entraîne dans une ini­ti­a­tion, dans l’épreuve d’une con­ver­sion qui l’amène à se dépren­dre des grilles de la pen­sée occi­den­tale et à s’ouvrir aux sagess­es de l’Orient. Con­tin­uer la lec­ture

Notre sorcière bien-aimée

Tan­guy HABRAND, Hermione Granger. Lec­trice de Har­ry Pot­ter, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2022, 144 p., 13 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 9782390700005

habrand hermione grangerPour le douz­ième opus de la col­lec­tion « La fab­rique des héros » qu’il a cofondée en 2019 et qu’il codirige depuis lors, c’est Tan­guy Habrand qui s’est prêté à l’exercice d’interroger les imag­i­naires partagés autour d’une fig­ure de la cul­ture pop­u­laire. Celle sur laque­lle il a jeté son dévolu réjouira tous les afi­ciona­dos de la saga pot­te­ri­enne : Hermione Granger, « seul per­son­nage féminin à avoir été réelle­ment investi, de manière pos­i­tive, par J.K. Rowl­ing » ; d’ailleurs, « il s’en est fal­lu de peu pour qu’elle ne vole la vedette à Har­ry ». Quant à son angle d’attaque, la lec­ture, il se révèle haute­ment stim­u­lant et se ram­i­fie en con­sid­éra­tions sur l’activité en elle-même, mais égale­ment la légitim­ité de l’écrit, le statut de l’objet-livre, le rap­port au savoir, l’univers de la presse, l’éducation aux médias, etc. Et quel biais des plus per­ti­nents vu que « à l’école de Poud­lard, tout com­mence et tout finit par un livre. Livres de savoir ou de diver­tisse­ment, livres pre­scrits ou inter­dits, livres com­pagnons ou dan­gereux » ! Con­tin­uer la lec­ture

« Ce Milou… Quel type ! »

Un coup de cœur du Car­net

Renaud NATTIEZ, Milou. Humain, trop humain, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2022, 139 p., 13 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 978–2‑87449–940‑1

nattiez milou humain trop humainEn tintinophile paten­té, Renaud Nat­tiez pour­suit ses coups de sonde dans l’univers hergéen. Après avoir opéré un astu­cieux rap­proche­ment entre le bédéaste brux­el­lois et le chan­son­nier lib­er­taire Brassens, voici qu’il con­sacre un essai au poil à un véri­ta­ble mon­stre sacré de la « Comédie humaine » sor­tie du cerveau de Georges Remi : Milou.

Présen­té comme un « sym­pa­thique cabot », son nom appa­raît en jan­vi­er 1929 dans l’incipit de Tintin au Pays des Sovi­ets et sa sil­hou­ette, dès la deux­ième case. En qua­trième case, l’air dépité, il prononce sa pre­mière phrase : « J’ai enten­du dire qu’il y avait des puces là-bas ». Un on-dit déno­tant d’emblée la tonal­ité qui va s’imposer au fil des albums – du moins jusque dans les années de guerre, péri­ode où Milou perd de son impor­tance nar­ra­tive et passe au sec­ond plan, relayé par le toni­tru­ant Had­dock. Con­tin­uer la lec­ture

Prométhée post-moderne ?

Björn-Olav DOZO et Dick TOMASOVIC, Dark Vador, à feu et à sang, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2021, 140 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87449–905‑0

dozo tomasovic dark vadorDéjà, le nom ! « Dark Vador » en français, une tra­duc­tion qui n’est pas trop ban­cale : George Lucas, le créa­teur du per­son­nage, a con­fessé avoir con­stru­it le nom « Darth Vad­er » en écho à l’idée d’un « père som­bre » (« Dark Father » en anglais).

Ensuite, l’apparence :

 (…) surhu­maine, ténébreuse et menaçante, sa voix basse exp­ri­mant per­pétuelle­ment une colère qui gronde, le bruit lourd et métallique de sa res­pi­ra­tion arti­fi­cielle (…).  Con­tin­uer la lec­ture

Laurence Boudart écrit sur Martine

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rence BOUDART, Mar­tine. Une aven­turière du quo­ti­di­en, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2021, 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–858‑9

boudart martine une aventuriere du quotidienSacré défi que d’écrire à pro­pos de Mar­tine, cette « éter­nelle petite fille sage, âgée pour tou­jours d’une dizaine d’années », entrée dans l’imaginaire col­lec­tif dès 1954 au tra­vers du dessin de Mar­cel Mar­li­er et de l’auteur Gilbert Dela­haye, tant elle évolue dans un monde sans aspérité aucune ni n’est dotée d’un quel­conque (super-)pouvoir. Lau­rence Boudart relève ce défi avec brio, dans son essai Mar­tine. Une aven­turière du quo­ti­di­en, pub­lié dans la col­lec­tion « La fab­rique des héros » des Impres­sions nou­velles. Mar­tine fréquente désor­mais les mythiques Bat­man, Bar­barel­la, Sher­lock Holmes ou Jack Spar­row. Con­tin­uer la lec­ture

Barbarella, elle l’a…

Véronique BERGEN, Bar­barel­la. Une space odd­i­ty, Impres­sions Nou­velles, 2020, 130 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–737‑7

Cette année-là, le rock and roll venait d’ouvrir ses ailes, certes. Un oiseau qu’on appelait Spout­nik, adieu à Mar­i­lyn au cœur d’or, etc. Cette année-là, surtout, « soix­ante-deeeeux », une femme entrait, sou­veraine­ment nue, dans un univers qu’on préférait encore qual­i­fi­er de « petits mick­eys » plutôt que de Neu­vième Art… Blonde expo­nen­tielle, la plas­tique par­faite, la lèvre pur­purine, l’œil aguicheur, Bar­barel­la plante ses pieds dans le sol de planètes loin­taines et son regard dans les créa­tures vouées à rejoin­dre la pléthorique cohorte de ses amants. Elle s’avance en con­quérante, libre, impéri­ale, soli­taire, et crève la page de la BD canon­ique, dont elle boule­verse l’agencement en strips réguliers et fait vib­ri­on­ner les phy­lac­tères. Con­tin­uer la lec­ture

Maigret, flaireur des passions humaines

Jean-Bap­tiste BARONIAN, Mai­gret, Doc­teur ès crimes, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2019, 125 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2874497148

Faut-il s’étonner de voir Mai­gret se tailler une place dans la galerie de la « Fab­rique des héros » (col­lec­tion lancée récem­ment par les Impres­sions nou­velles) et y côtoy­er Jack Spar­row, Nos­fer­atu, Bat­man ? Après celles d’un cor­saire, un vam­pire et un jus­tici­er, voici donc que se pro­file la sil­hou­ette recon­naiss­able entre mille du com­mis­saire le plus célèbre du « 36 ». Et le tri­corne est tro­qué con­tre un feu­tre mou, et la pinte de sang frais est délais­sée au prof­it d’une pils bien fraîche, et les rues de Gotham City se met­tent à ressem­bler furieuse­ment à celles de La Rochelle ou de Quim­per. Con­tin­uer la lec­ture

Pleins feux sur Batman

Dick TOMASOVIC, Bat­man. Une légende urbaine, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2019, 142 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–687‑5

En inter­ro­geant le mythe Bat­man, la plas­tic­ité du super-héros de DC Comics, Dick Tomaso­vic nous plonge non seule­ment dans les tré­fonds de l’inconscient indi­vidu­el du célèbre jus­tici­er masqué mais aus­si dans les méan­dres de l’inconscient col­lec­tif de sociétés gan­grenées par le crime. Fon­da­teur et directeur avec Tan­guy Habrand de la très belle col­lec­tion « La fab­rique des héros » qui a vu le jour il y a peu aux Impres­sions nou­velles, pro­fesseur d’Études ciné­matographiques et de Théories et pra­tiques des arts du spec­ta­cle à l’Université de Liège, Dick Tomaso­vic dis­sèque la sin­gu­lar­ité de ce per­son­nage créé en 1939 par Bob Kane et Bill Fin­ger. Dépourvu de pou­voirs sur­na­turels et du folk­lore pro­pre aux héros de légende, ex-enfant trau­ma­tisé par le meurtre de ses par­ents, devenu un red­outable détec­tive-jus­tici­er, évolu­ant au fil du temps, au fil de ses innom­brables adap­ta­tions, Bat­man a pour­tant sus­cité une bat­ma­nia que le temps n’est pas par­venu à démen­tir. Con­tin­uer la lec­ture

Variations sur une Symphonie de l’horreur

Olivi­er SMOLDERS, Nos­fer­atu con­tre Drac­u­la, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2019, 128 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2874496486

Le crâne bosselé et chauve, le nez dru­ment busqué, le sour­cil fourni et la den­ti­tion en chaos d’aspérités, bar­rée de deux longues canines ; les mains arach­néennes, comme en quête de proie, le dos légère­ment bom­bé, le regard hal­lu­ciné et avide ; « ser­tie dans un cos­tume de cler­gy­man, sévère, bou­ton­né jusqu’au col »… Voici que se présente lente­ment, solen­nelle­ment, la sil­hou­ette la plus inquié­tante de notre imag­i­naire fan­tas­tique, j’ai nom­mé Nos­fer­atu. Et il fal­lait l’audace d’un Olivi­er Smol­ders, dont le tra­vail et les intérêts pluriels se situent à l’intersection de la lit­téra­ture et du ciné­ma, pour s’aventurer à saisir cet insai­siss­able. Con­tin­uer la lec­ture

Laurent De Sutter, pirate de la philosophie et du droit

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rent DE SUTTER, Jack Spar­row. Man­i­feste pour une lin­guis­tique pirate, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2019, 128 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–647‑9

Lau­rent de Sut­ter ouvre de manière ful­gu­rante et géniale la nou­velle col­lec­tion, inti­t­ulée « La fab­rique des héros », créée par Tan­guy Habrand et Dick Tomaso­vic aux Impres­sions Nou­velles. Son dévolu s’est porté sur Jack Spar­row, le héros de la série ciné­matographique Pirates des Caraïbes, inter­prété par John­ny Depp. Der­rière les aven­tures fan­tas­tiques de Jack Spar­row — ses com­bats avec les sol­dats, les zom­bies ou autres créa­tures sur­na­turelles —, der­rière son esthé­tique de l’ivresse, Lau­rent de Sut­ter met à jour son arme secrète : la parole. Non la déplo­ration du « words, words, words » for­mulée par Ham­let mais la parole comme sub­ver­sion. Les batailles entre la Couronne et la pira­terie ne sont que l’expression d’une lutte à mort entre deux mon­des, entre deux méta­physiques, le monde de l’ordre incar­né par la Couronne et le monde utopiste pirate réin­ven­tant les bases d’une société qui con­teste le pou­voir de la Couronne. Con­tin­uer la lec­ture