Archives par étiquette : Alain Delaunois

À fleurets mouchetés, les « souvenotes » d’Alechinsky

Un coup de cœur du Car­net

Pierre ALECHINSKY, Ambidex­tre, Gal­li­mard, 2019, 464 p., 102 illus­tra­tions, 39 €, ISBN : 978–2‑07–286842‑9

Mais quelles furent donc les fées magi­ci­ennes qui, avec amour des couleurs kaléi­do­scopiques, atten­tion mali­cieuse, et espiè­g­lerie des mots, se penchèrent sur le berceau de ce nou­veau-né, devenu au cours de la sec­onde moitié du 20e siè­cle l’un des plus grands artistes vivants, et qui, au 21e, l’est resté ? L’on décou­vre avec plaisir une mul­ti­tude de répons­es pos­si­bles, aus­si justes et tonifi­antes les unes que les autres, dans Ambidex­tre, le nou­v­el ouvrage – en toutes let­tres et illus­tra­tions – de Pierre Alechin­sky. Con­tin­uer la lec­ture →

Achille Chavée, ce vieux peau-rouge qui voulait « dissoudre le silence »

Achille CHAVEE, Écrit sur un dra­peau qui brûle, choix anthologique et post­face de Gwen­do­line Moran Debraine, illus­tré par des étu­di­ants de l’ENSAV La Cam­bre, note de Pas­cal Lemaître, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 280 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–418‑9

Quelle excel­lente idée, chez Espace Nord, d’avoir sor­ti du plac­ard des poèmes et apho­rismes du « plus célèbre poète de la rue Fer­rer à La Lou­vière », Achille Chavée ! D’autant qu’une pre­mière antholo­gie, dans la même col­lec­tion, est épuisée depuis belle lurette, et que son œuvre com­plet (6 vol­umes édités entre 1977 et 1994 par l’association des amis d’Achille) ne se trou­ve que rarement chez les bons bouquin­istes. Chavée le dis­ait en con­nais­sance de cause, avec cet humour tan­tôt noir, tan­tôt railleur, qui le sau­va tout au long de son exis­tence de bien des décon­v­enues : « Introu­vable, je tire par­fois un livre à zéro exem­plaire. » Con­tin­uer la lec­ture →

L’attaque du train avant Auschwitz

Sylvestre SBILLE, J’écris ton nom, Bel­fond, 2019, 320 p., 17 € / ePub :  11.99 €, ISBN : 978–2‑7144–8225‑9

Qui étaient les jeunes résis­tants juifs qui attaquèrent et stop­pèrent en 1943 un con­voi de déportés, par­ti de Malines pour Auschwitz ? Dans son pre­mier roman, le réal­isa­teur et jour­nal­iste Sylvestre Sbille retrace leur par­cours héroïque.

Bru­tal­ité des faits. Le 19 avril 1943, un nou­veau con­voi, le vingtième depuis qu’a com­mencé en août 1942 la dépor­ta­tion des Juifs de Bel­gique, quitte la gare de Malines. Pour la pre­mière fois, ce sont des wag­ons à bes­ti­aux qui sont util­isés. Entassés les uns sur les autres, plus de 1600 Juifs de tout âge, hommes, femmes, enfants, ain­si qu’un petit nom­bre de résis­tants juifs, et d’autres évadés de con­vois précé­dents, extir­pés de la Caserne Dossin. Leur des­ti­na­tion : Auschwitz. Soudain, non loin de Haacht, à Boort­meer­beek, le train s’arrête bru­tale­ment. Des coups de feu sont tirés, une fusil­lade éclate, des portes de wag­ons s’ouvrent… En quelques min­utes, 231 ou 232 déportés parvi­en­nent à s’échapper. Plus d’une cen­taine seront repris, soit tués, soit déportés à Auschwitz. À la fin de la guerre, 153 d’entre eux avaient survécu. Des 1400 autres déportés du XXe con­voi, près de 900 furent envoyés directe­ment dans les cham­bres à gaz, et la plu­part des autres mou­rurent à Auschwitz et Birke­nau. Con­tin­uer la lec­ture →

Swinging Belleville rendez-vous

Ivan ALECHINE et Pierre ALECHINSKY, Belleville sur un nuage, Yel­low Now, coll. « Les car­nets », 2019, 114 p., 14 €, ISBN : 9782873404451

Alechine Alechinsky Belleville Yellow NowEn pho­to de cou­ver­ture, une Pon­ti­ac Parisi­enne qua­tre portes défraîchie, mod­èle fin des années 50, exhibe sa car­rosserie de paque­bot, sale­ment amochée aux ailes avant-arrière. Un immeu­ble tout aus­si décati, les fenêtres murées de béton, se main­tient comme il peut en arrière-plan. On ne voit pas le mot « Hôtel », mais la suite du let­trage donne son nom : « de l’Avenir ». Vis­i­ble­ment, ça ne lui a pas trop réus­si. Mais il n’y a pas que ce bâti­ment ni la lourde Améri­caine qui en ont pris un coup. Au milieu des années 60, tout le haut quarti­er de Belleville, dans le 20e arrondisse­ment de Paris, se trou­ve entre deux eaux : une longue réno­va­tion urbaine a com­mencé par la démo­li­tion d’ilots aban­don­nés ou insalu­bres, mais une grande par­tie du quarti­er est tou­jours con­sti­tuée d’habitations aux loy­ers guère coû­teux, de cabanons bran­lants, de petites rues, d’impasses, de cours et courettes, de jar­dinets imbriqués les uns dans les autres. « Paris était encore provin­cial, chaleureux et doux », écrit Ivan Ale­chine qui y a passé son enfance. « Les petits com­merces, l’artisanat pop­u­laire nous nour­ris­saient, une cer­taine idée de l’entraide entre gens d’une même rue sub­sis­tait. Il y avait des ponts entre le passé et le présent. Nous avions les pieds dans le XIXe siè­cle, le nez au vent du XXe. » Con­tin­uer la lec­ture →

Johan Muyle, biker street artist

Johan MUYLE, Sculp­ture Surf­ing, pré­face d’Éric Fab­re, Édi­tions du Caïd, 2018, 80 p., 35 €, ISBN : 978–2‑930754–12‑3   

Acteur mul­ti-activiste de l’art con­tem­po­rain en Bel­gique, con­nu tout autant pour ses grandes fresques murales réal­isées avec (et à la façon) des pein­tres affichistes de Madras en Inde, que pour ses con­struc­tions et assem­blages d’objets ani­més par de minu­tieux mou­ve­ments d’horlogerie, mix­ant à la fois les cul­tures pop­u­laires, les con­flits médi­atisés du monde actuel, et les jeux ironiques du lan­gage, écrit ou visuel, Johan Muyle (Charleroi, 1956) est aus­si un pas­sion­né de moto, et par­ti­c­ulière­ment de l’une des mar­ques les plus mythiques de l’histoire des deux-roues motorisés : la Harley-David­son. Con­tin­uer la lec­ture →