Archives par étiquette : Ivan Alechine

Les « Indiens » d’Amérique :
de la colonisation au musée

Aztèques, Hui­chols, Mayas, Iro­quois, Incas, Apach­es, Quechuas, Sioux, Triquis, Nava­jos, Potawatomis… : les Autochtones d’Amérique inspirent les écrivains. Entre aven­tures de con­quis­ta­dors et réc­its de ren­con­tres dans le monde d’aujourd’hui, ils font sou­vent fig­ure d’altérité rad­i­cale.

On pense aux Incas du Tem­ple du soleil, aux his­toires de cow­boys et d’Indiens… Le fil ini­tial se révèle toute­fois éche­veau, mêlant ban­des dess­inées, romans et œuvres pour la jeunesse. Lesquels nous font voy­ager des États-Unis au Pérou, du Cana­da à la Bolivie. Arpen­tent l’Histoire, de Christophe Colomb à nos jours. Con­tin­uer la lec­ture

Alechine face à ce qui se dérobe

Ivan ALECHINE, Divinités, Galilée, 2021, 128 p., 11 €, ISBN : 978–2‑7186–1018‑4

alechine divinitesPour une fois, com­mençons par la fin. En guise de ter­mi­nus à Divinités, cette nou­velle échap­pée d’Ivan Ale­chine dans la Sier­ra Madre mex­i­caine et au-delà, l’auteur d’Enter­re­ment du Mex­ique (Galilée, 2016), par ailleurs excel­lent pho­tographe, clô­ture son réc­it par une de ses images en noir et blanc : une vue de toits poin­tus, faits de tôles ondulées qui se chevauchent, main­tenues par des blocs de pierre. Il n’y a pas si longtemps, dans les hameaux et vil­lages de Tux­pan de Bolanos, au pays des Indi­ens Hui­chols, où Ale­chine s’immerge régulière­ment depuis plus d’une ving­taine d’années, les petites pièces d’habitat dis­po­saient d’un toit de chaume. Aujourd’hui, con­state Ale­chine, « tous les toits sont en tôle ondulée. Il n’y a pas à les renou­vel­er. Ça renou­velle la paresse. Là où il y avait de l’espace, des habi­ta­tions isolées les unes des autres, cha­cune sous leur toit de chaume, les enc­los de pierre se sont trans­for­més en murs. » Con­tin­uer la lec­ture

Swinging Belleville rendez-vous

Ivan ALECHINE et Pierre ALECHINSKY, Belleville sur un nuage, Yel­low Now, coll. « Les car­nets », 2019, 114 p., 14 €, ISBN : 9782873404451

Alechine Alechinsky Belleville Yellow NowEn pho­to de cou­ver­ture, une Pon­ti­ac Parisi­enne qua­tre portes défraîchie, mod­èle fin des années 50, exhibe sa car­rosserie de paque­bot, sale­ment amochée aux ailes avant-arrière. Un immeu­ble tout aus­si décati, les fenêtres murées de béton, se main­tient comme il peut en arrière-plan. On ne voit pas le mot « Hôtel », mais la suite du let­trage donne son nom : « de l’Avenir ». Vis­i­ble­ment, ça ne lui a pas trop réus­si. Mais il n’y a pas que ce bâti­ment ni la lourde Améri­caine qui en ont pris un coup. Au milieu des années 60, tout le haut quarti­er de Belleville, dans le 20e arrondisse­ment de Paris, se trou­ve entre deux eaux : une longue réno­va­tion urbaine a com­mencé par la démo­li­tion d’ilots aban­don­nés ou insalu­bres, mais une grande par­tie du quarti­er est tou­jours con­sti­tuée d’habitations aux loy­ers guère coû­teux, de cabanons bran­lants, de petites rues, d’impasses, de cours et courettes, de jar­dinets imbriqués les uns dans les autres. « Paris était encore provin­cial, chaleureux et doux », écrit Ivan Ale­chine qui y a passé son enfance. « Les petits com­merces, l’artisanat pop­u­laire nous nour­ris­saient, une cer­taine idée de l’entraide entre gens d’une même rue sub­sis­tait. Il y avait des ponts entre le passé et le présent. Nous avions les pieds dans le XIXe siè­cle, le nez au vent du XXe. » Con­tin­uer la lec­ture

Au Mexique, « sur la route », avec Alechine

Un coup de coeur du Carnet

Ivan ALECHINE, Enter­re­ment du Mex­ique, avec des dessins d’Eduardo ARROYO, Galilée, 2016, 96 p., 16 €   ISBN : 9782718609492

alechineIl est tou­jours en marche, à pied, à cheval, dans un auto­car sur­chargé, une voiture que con­duit un ado­les­cent pau­vre imbibé de sub­stances fre­latées et de mau­vaise bière. On the road. Il est son­né, « moitié éveil­lé, marchant dans la plaine », grog­gy, allongé dans une miteuse cham­bre d’hôtel, par­fois avec une femme four­mi, indi­enne ou japon­aise  – mais on ne sait lequel sou­tient l’autre. Ou au con­traire il est d’une lente patience, les sens en alerte, et guette d’un œil l’instant décisif où l’image, qu’elle soit poé­tique ou pho­tographique, pren­dra place dans son champ de vision. « Un poète pré­pare le ter­rain, certes, écrit Ivan Ale­chine dans Enter­re­ment du Mex­ique, son nou­veau recueil, mais le pou­voir de la poésie écrite tient à ce que des phras­es entières s’imposent à soi et qu’il faut cap­tur­er sur le champ. » Con­tin­uer la lec­ture

L’itinéraire d’Ivan Alechine au pays des Indiens Huichols

Pierre MALHERBE

alechine_delaunoisDans Oldies (Galilée, 2012), Ivan Ale­chine était remon­té à la source de ses années d’enfance, à Sauvage­mont en Bra­bant wal­lon, puis nous avait entraînés à sa suite dans un voy­age sou­vent tumultueux, celui de son ado­les­cence et de son entrée dans un monde adulte où il peinait à trou­ver sa place. Proche par ses par­ents, Pierre et Micky Alechin­sky, de toute une com­mu­nauté intel­lectuelle et artis­tique extrême­ment viv­i­fi­ante, curieuse de tout, Ivan Ale­chine a racon­té dans Oldies com­bi­en il lui avait été dif­fi­cile de pren­dre ses pro­pres mar­ques. Tar­di­ve­ment, il s’était aperçu qu’il lui fal­lait absol­u­ment abor­der un nou­veau con­ti­nent, un ter­ri­toire men­tal et émo­tion­nel qui lui appar­ti­enne en pro­pre, où il allait lui aus­si pou­voir expéri­menter, trac­er des lignes, dessin­er des cer­cles, danser et sautiller autour d’un feu cen­tral, sans crainte de lâch­er des mains. Con­tin­uer la lec­ture