Archives par étiquette : déportation

Le désir de vivre, le courage de survivre – écrire

Un coup de cœur du Car­net

Mousset-Vos Ravie  au monde

Ravie au monde, Journal (1943–1945)

Autri­ces : Nel­ly Mous­set-Vos et Sylvie Bianchi-Vos

Mai­son d’édition : Les Léonides

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 224

Prix : 22,90 €

Livre numérique : 14,99 €

EAN : 9782488335409

Il y a eu les livres de celles et ceux qui ont vécu l’expérience de la dépor­ta­tion, des camps – entre autres, ceux de Robert Antelme, Edith Bruck, Char­lotte Del­bo, Pri­mo Levi – avec leur écri­t­ure façon­née, mod­elée, sou­vent au cordeau, pour approcher (témoign­er), au plus près, l’organisation implaca­ble des camps, l’extrême dégra­da­tion vécue. Puis il y a eu, il y a encore, les livres de leurs enfants, cher­chant « à rompre l’absolu d’un silence » (Lydia Flem) dans lequel se sont emmurés de nom­breux par­ents revenus des camps de la mort, devenant les otages de leur secret, à leur corps et esprit défen­dant. Citons, par­mi les autri­ces belges, Lydia Flem, Chan­tal Aker­man (pour cer­tains de ses films aus­si), et plus récem­ment Myr­i­am Spi­ra et Mar­i­anne Lefeb­vre-Raep­saet, qui ont écrit pour « se délester du fardeau trau­ma­tique de [leurs] par­ents » (Myr­i­am Spi­ra), pour devenir les héri­tières actives de leur fil­i­a­tion (Lydia Flem). Pour trans­met­tre égale­ment : « Aujourd’hui il ne reste plus que quelques déportées. La généra­tion suiv­ante, la mienne, va bien­tôt dis­paraître. Qu’allons-nous laiss­er à nos enfants, nos petits-enfants, les généra­tions futures ? » (Mar­i­anne Lefeb­vre-Raep­saet). À cette ques­tion, on peut répon­dre que la trans­mis­sion va con­tin­uer – et con­tin­ue déjà – avec la troisième généra­tion, elle aus­si mar­quée. Con­tin­uer la lec­ture

Pour une liberté qui pétille comme un air de jazz

Simon GRONOWSKI, Plaidoy­er pour la paix, Racine, 2025, 114 p., 19,95 €, ISBN : 9782390253631

gronowski plaidoyer pour la paixDans Plaidoy­er pour la paix, Simon Gronows­ki délivre un réc­it-essai boulever­sant qui trans­met un mes­sage de com­bat aux jeunes généra­tions. À nonante-trois ans, il prend la plume afin de retrac­er l’histoire de sa famille juive qui fut déportée durant la Deux­ième Guerre mon­di­ale. Avo­cat du bar­reau, pianiste de jazz, Simon Gronows­ki est l’un des derniers sur­vivants de la Shoah, l’un des derniers témoins. Sa plongée dans les années de guerre, son évo­ca­tion de l’invasion de la Bel­gique par Hitler, des mesures pris­es con­tre les Juifs, du port de l’étoile jaune, des rafles sont tout entières sous-ten­dues par la volon­té de racon­ter les crimes du passé afin que les jeunes généra­tions puis­sent défendre la démoc­ra­tie, ses valeurs, com­bat­tre la racisme, l’antisémitisme, l’extrême droite. Ce plaidoy­er pour la paix, pour la tolérance, pour l’amour, pour le devoir de mémoire rend hom­mage à la mère, à la sœur mortes en dépor­ta­tion, au père qui décède de dés­espoir, mais aus­si à toutes les vic­times du nazisme et d’autres géno­cides. Con­tin­uer la lec­ture

Une héroïne très discrète

Romane CARMON, Yvonne Nève­jean. Sauver les enfants, Racine, 2025, 224 p., 24,95 €, ISBN : 9782390253129

carmon yvonne nevejeanEn 2019, la Ville de Brux­elles a inau­guré la rue Yvonne Nève­jean à Laeken. L’événement est en soi excep­tion­nel : selon une étude récente, dans la Région de Brux­elles Cap­i­tale, pour dix voies au nom d’un homme, on en dénom­bre une seule por­tant le nom d’une femme. Yvonne Nève­jean compte donc par­mi ces priv­ilégiées. Gageons pour­tant que par­mi celles et ceux qui liront ces lignes, rares sont ceux qui savent pré­cisé­ment qui elle est. Con­tin­uer la lec­ture

Retour aux sources

François EMMANUEL, Retour à Satyah, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2024, 180 p., 9 €, ISBN : 9782875686947

emmanuel retour à satyahParu en 1989 aux Édi­tions Alin­ea, réédité en 2000 chez Ancrage, Retour à Satyah, pre­mier roman de François Emmanuel, avait déjà fait son entrée dans la col­lec­tion  pat­ri­mo­ni­ale Espace Nord en 2006. Voici que près de vingt ans plus tard, cet ouvrage nous y revient, accom­pa­g­né cette fois d’une post­face de Mar­gareth Amat­ul­li. Con­tin­uer la lec­ture

La rafle du 12 juin 1943 au pensionnat Gatti de Gamond

Un coup de cœur du Car­net

Frédéric DAMBREVILLE, Les dis­parus de Gat­ti de Gamond, Pré­face de Daniel Weyssow, CFC, 2022, 790 p., 28 €, ISBN : 978–2‑87572–075‑7

dambreville les disparus de gatti de gamondC’est sans doute son œil de pein­tre et de graveur qui, détec­tant une inscrip­tion sur la chem­inée du salon, a le pre­mier pressen­ti la lourde his­toire du nou­veau lieu qu’il occupe rue Fauchille à Brux­elles. À par­tir d’un détail visuel qui l’interpelle, Frédéric Dambre­ville recon­stitue pas à pas, durant dix années, la tragédie qui a frap­pé cet immeu­ble qui abri­ta l’Institut Gat­ti de Gamond. Tirant un fil d’Ariane mémoriel, il délivre au fil d’enquêtes, de témoignages, d’études d’archives le réc­it de la rafle d’enfants juifs et de leurs logeurs qui eut lieu le 12 juin 1943. Du plus ténu, du micro­scopique, d’une trace muette, l’auteur dégage la tragédie d’une scène macro­scopique, lève le voile sur un pan de la résis­tance en Bel­gique et inter­roge un épisode boulever­sant de la Shoah. Con­tin­uer la lec­ture

L’attaque du train avant Auschwitz

Sylvestre SBILLE, J’écris ton nom, Bel­fond, 2019, 320 p., 17 € / ePub :  11.99 €, ISBN : 978–2‑7144–8225‑9

Qui étaient les jeunes résis­tants juifs qui attaquèrent et stop­pèrent en 1943 un con­voi de déportés, par­ti de Malines pour Auschwitz ? Dans son pre­mier roman, le réal­isa­teur et jour­nal­iste Sylvestre Sbille retrace leur par­cours héroïque.

Bru­tal­ité des faits. Le 19 avril 1943, un nou­veau con­voi, le vingtième depuis qu’a com­mencé en août 1942 la dépor­ta­tion des Juifs de Bel­gique, quitte la gare de Malines. Pour la pre­mière fois, ce sont des wag­ons à bes­ti­aux qui sont util­isés. Entassés les uns sur les autres, plus de 1600 Juifs de tout âge, hommes, femmes, enfants, ain­si qu’un petit nom­bre de résis­tants juifs, et d’autres évadés de con­vois précé­dents, extir­pés de la Caserne Dossin. Leur des­ti­na­tion : Auschwitz. Soudain, non loin de Haacht, à Boort­meer­beek, le train s’arrête bru­tale­ment. Des coups de feu sont tirés, une fusil­lade éclate, des portes de wag­ons s’ouvrent… En quelques min­utes, 231 ou 232 déportés parvi­en­nent à s’échapper. Plus d’une cen­taine seront repris, soit tués, soit déportés à Auschwitz. À la fin de la guerre, 153 d’entre eux avaient survécu. Des 1400 autres déportés du XXe con­voi, près de 900 furent envoyés directe­ment dans les cham­bres à gaz, et la plu­part des autres mou­rurent à Auschwitz et Birke­nau. Con­tin­uer la lec­ture