Archives par étiquette : Pierre Alechinsky

Du sens et des lames

Mar­cel LECOMTE, Le Sens des Tarots et autres sou­venirs, avec des images de Pierre ALECHINSKY, La Pierre d’Alun, coll. « La petite pierre », 2025, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–109‑8

lecomte alechinsky le sens des tarotsMar­cel Lecomte (1900–1966), poète, écrivain, chroniqueur, com­men­ta­teur des arts plas­tiques, des let­tres – et même de poli­tique – , mem­bre du trio sur­réal­iste qui pub­lia les tracts de Cor­re­spon­dance au milieu des années 1920, a tou­jours man­i­festé un grand intérêt pour l’ésotérisme, une thé­ma­tique récur­rente dans son œuvre. Y cher­chant des points de jonc­tion entre les cul­tures anci­ennes et son pro­pre présent, sans doute, mais ten­tant égale­ment d’en dégager quelques lignes essen­tielles qui pou­vaient peut-être expliciter cette forme d’autonomie créa­trice exis­tant entre les mots, la poésie, et les idées : une voie ini­ti­atrice dans la lit­téra­ture dont il se voulait à la fois l’observateur, le prati­cien, et le com­men­ta­teur. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Ren­trée lit­téraire » désigne tra­di­tion­nelle­ment la péri­ode d’effervescence édi­to­ri­ale qui s’étend de fin aout à début novem­bre. C’est à ce moment que parais­sent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisi­ennes) voient de pos­si­bles can­di­dats aux Goncourt, Renau­dot et autre Fem­i­na. Depuis plusieurs années, toute­fois, le cal­en­dri­er édi­to­r­i­al con­nait un autre temps fort, en jan­vi­er-févri­er. Les sor­ties sont nom­breuses et les livres qui parais­sent à ce moment-là sont aus­si de ceux sur lesquels les édi­teurs mis­ent par­ti­c­ulière­ment. On par­le donc désor­mais aus­si d’une ren­trée lit­téraire d’hiver. Con­tin­uer la lec­ture

Plusieurs cordes à leur arc : six écrivains plasticiens

illustration

Free Pho­tos de Pix­abay

Il n’est pas rare que les écrivains touchent aus­si à d’autres dis­ci­plines artis­tiques. Nous avons déjà évo­qué sur ce blog des écrivains belges paroliers, cinéastes, ou encore tra­duc­teurs. Intéres­sons-nous à présent aux écrivains pein­tres.

Plas­ti­ciens qui écrivent occa­sion­nelle­ment ou écrivains qui s’adon­nent par­fois à la pein­ture, la liste de ceux qui pra­tiquent deux arts en Bel­gique est longue, et l’on y croise entre autres Rops, Dotremont ou Magritte.

On se lim­it­era ici à six artistes, dont un livre au moins est paru ces cinq dernières années. Con­tin­uer la lec­ture

À fleurets mouchetés, les « souvenotes » d’Alechinsky

Un coup de cœur du Car­net

Pierre ALECHINSKY, Ambidex­tre, Gal­li­mard, 2019, 464 p., 102 illus­tra­tions, 39 €, ISBN : 978–2‑07–286842‑9

Mais quelles furent donc les fées magi­ci­ennes qui, avec amour des couleurs kaléi­do­scopiques, atten­tion mali­cieuse, et espiè­g­lerie des mots, se penchèrent sur le berceau de ce nou­veau-né, devenu au cours de la sec­onde moitié du 20e siè­cle l’un des plus grands artistes vivants, et qui, au 21e, l’est resté ? L’on décou­vre avec plaisir une mul­ti­tude de répons­es pos­si­bles, aus­si justes et tonifi­antes les unes que les autres, dans Ambidex­tre, le nou­v­el ouvrage – en toutes let­tres et illus­tra­tions – de Pierre Alechin­sky. Con­tin­uer la lec­ture

Swinging Belleville rendez-vous

Ivan ALECHINE et Pierre ALECHINSKY, Belleville sur un nuage, Yel­low Now, coll. « Les car­nets », 2019, 114 p., 14 €, ISBN : 9782873404451

Alechine Alechinsky Belleville Yellow NowEn pho­to de cou­ver­ture, une Pon­ti­ac Parisi­enne qua­tre portes défraîchie, mod­èle fin des années 50, exhibe sa car­rosserie de paque­bot, sale­ment amochée aux ailes avant-arrière. Un immeu­ble tout aus­si décati, les fenêtres murées de béton, se main­tient comme il peut en arrière-plan. On ne voit pas le mot « Hôtel », mais la suite du let­trage donne son nom : « de l’Avenir ». Vis­i­ble­ment, ça ne lui a pas trop réus­si. Mais il n’y a pas que ce bâti­ment ni la lourde Améri­caine qui en ont pris un coup. Au milieu des années 60, tout le haut quarti­er de Belleville, dans le 20e arrondisse­ment de Paris, se trou­ve entre deux eaux : une longue réno­va­tion urbaine a com­mencé par la démo­li­tion d’ilots aban­don­nés ou insalu­bres, mais une grande par­tie du quarti­er est tou­jours con­sti­tuée d’habitations aux loy­ers guère coû­teux, de cabanons bran­lants, de petites rues, d’impasses, de cours et courettes, de jar­dinets imbriqués les uns dans les autres. « Paris était encore provin­cial, chaleureux et doux », écrit Ivan Ale­chine qui y a passé son enfance. « Les petits com­merces, l’artisanat pop­u­laire nous nour­ris­saient, une cer­taine idée de l’entraide entre gens d’une même rue sub­sis­tait. Il y avait des ponts entre le passé et le présent. Nous avions les pieds dans le XIXe siè­cle, le nez au vent du XXe. » Con­tin­uer la lec­ture

Pierre Alechinsky, dans les marges et au cœur de l’imprimé

Pierre Alechin­sky, les Palimpses­tes, expo­si­tion au Cen­tre de la Gravure et de l’Image imprimée, La Lou­vière, jusqu’au 5 novem­bre 2017.

alechinsky affiche« Palimpses­te : his­torique­ment, par­chemin dont on a effacé la pre­mière écri­t­ure pour pou­voir écrire un nou­veau texte », nous dit Le Robert. Le palimpses­te aujourd’hui, c’est ce que nous donne à voir Pierre Alechin­sky, dans une remar­quable et foi­son­nante expo­si­tion, au Cen­tre de la Gravure et de l’Image imprimée, à La Lou­vière. Près de trois cents œuvres de l’artiste, créées à par­tir de papiers oubliés, man­u­scrits et imprimés d’autrefois.

Depuis plus de six décen­nies, une grande par­tie de l’œuvre d’Alechinsky, né à Brux­elles en 1927, a trou­vé sa source dans le monde du papi­er. Pas­sion­né­ment attiré par les doc­u­ments anciens, let­tres com­mer­ciales, actes notar­iés, fac­tures, cor­re­spon­dances, cartes de géo­gra­phie ou plans de villes, il en a fait la matière de détourne­ments qui lais­sent le champ libre à l’imagination et com­posent ain­si très libre­ment des créa­tions nou­velles. Artiste dont le tra­vail n’a jamais cessé de jon­gler avec les arts plas­tiques et l’écriture, de (se) jouer des images et des mots, de pass­er du pinceau à la plume et vice-ver­sa, Pierre Alechin­sky a pour habi­tude de se désign­er comme « un pein­tre qui vient de l’imprimerie » : sou­venir de ses années d’études à La Cam­bre, en typogra­phie et illus­tra­tion du livre, où cet étu­di­ant « classé can­cre » réal­isa dès 1948, pour décrocher son diplôme, ses pre­mières estam­pes, autour du Poète assas­s­iné de Guil­laume Apol­li­naire. Con­tin­uer la lec­ture