Marianne LEFEBVRE-RAEPSAET, À fleur de mémoires. Lulu Raepsaet, résistante communiste, rescapée de Ravensbrück, Cerisier, coll. « Quotidiennes », 2025, 176 p., 17 €, ISBN : 9782872672561
Résistance. Solidarité. Humanité. Ajoutons : mémoire. Transmission. Voilà quelques-uns des termes qui se détachent parmi tous les autres dans À fleur de mémoires de Marianne Lefebvre-Raepsaet, un livre consacré à sa mère, Lulu Raepsaet, déportée au camp de Ravensbrück et qui, comme beaucoup de survivantes et survivants des camps, a (très) peu raconté ce qui s’y était passé. Certain·es se sont même tu·es totalement, laissant leurs descendant·es aux prises avec des béances d’autant plus douloureuses. On pense, par exemple, à la mère de Chantal Akerman, si silencieuse (même si parfois bavarde), si présente dans la vie et dans l’œuvre de sa fille : « [le silence de ma mère] c’est sur quoi je travaille, depuis des années, d’une manière ou d’une autre (…) comme elle a eu la parole coupée, vraiment, j’essaie à ma manière de la lui redonner. » Continuer la lecture


« Il était emballé dans un petit morceau de papier journal déchiré à la hâte, un journal allemand. En surimpression étaient écrits au crayon une suite de chiffres et un mot, qu’elle ne comprenait pas, le tout grossièrement entouré. Rechtsanwalt. […] Le pendentif était magnifique. Les lobes du cœur, finement gravés, étaient asymétriques. Léontine lut sur le verso du médaillon “Souvenirs d’exil”. » Ce bijou, à l’odeur particulière de soufre, recèle l’amour profond, solennel et meurtri de Melchior, alors en déportation à Soltau.
À l’occasion d’un voyage mémoriel au camp de Ravensbrück, organisé par l’asbl Les Territoires de la Mémoire, Madeleine Dewé et André Lebrun ont transcrit et mis en forme les propos enregistrés par leur tante Marie-Thérèse Dewé, résistante, déportée politique qui longtemps après la Libération (au début des années 1980), livra le témoignage d’un groupe de femmes résistantes et de leur déportation en Pologne, en Allemagne et en Autriche. Marie-Thérèse Dewé témoigne pour celles qui ne sont jamais revenues, celles que la mort nazie a fauchées, sa sœur Marie-Madeleine, Berthe Morimont. Récit capital du rôle encore trop sous-estimé des femmes dans la Résistance en Belgique, transmission d’une mémoire des actions (renseignement, sabotage) contre l’occupation allemande, Je voyais l’aurore… décrit avec humilité l’implication de femmes appartenant au réseau d’évasion Comète, lequel aidait les aviateurs et soldats alliés à regagner l’Angleterre. Chef du réseau de résistance « Clarence », Walthère-Jacques Dewé, le père des héroïnes, fut abattu par les Allemands en janvier 1944. 
Qui étaient les jeunes résistants juifs qui attaquèrent et stoppèrent en 1943 un convoi de déportés, parti de Malines pour Auschwitz ? Dans son premier roman, le réalisateur et journaliste Sylvestre Sbille retrace leur parcours héroïque.
Rien d’étonnant à ce que l’on trouve mention sur le
Née en 1922, Andrée Dumon a à peine dix-sept ans quand la guerre bouleverse son quotidien. Mais pour une jeune femme déterminée comme elle, pas question de se résigner et d’attendre que la guerre se passe : elle veut s’engager contre l’ennemi. Jeune résistante, elle est de toutes les actions auxquelles elle peut participer, parfois aidée par ses traits encore enfantins, peu enclins à susciter la méfiance.
Jocaste, Claire Lacombe, Berty Albrecht… trois femmes que Michèle Fabien arrache au silence, celui de l’Histoire des hommes, des vainqueurs, trois femmes dont elle porte la voix comme un flambeau éclairant les passions humaines et les mythes, la roue du temps et l’avènement du nouveau. Dramaturge, femme de théâtre qui participa à l’aventure de l’Ensemble Théâtral Mobile, figure majeure du Jeune Théâtre belge dans les années 1970–1990, traductrice du théâtre de Pasolini, Michèle Fabien (1945–1999) est l’auteure d’une œuvre ardente qui a renouvelé la scène du théâtre. Saluons Espace Nord de poursuivre l’entreprise d’édition des pièces de Michèle Fabien. Après Charlotte, Sara Z. et Notre Sade accompagné d’une précieuse lecture de Marc Quaghebeur, ce volume remarquablement postfacé par Veronika Mabardi réunit trois textes qui réinterrogent l’espace de la représentation, l’émergence d’un corps porté par la lettre et la réappropriation d’une vie, d’une parole, d’un nom, d’un sens.