Claire MAY, Rêves d’azote, Hélice Hélas, 2026, 192 p., 20 €, ISBN : 978–2‑940700–93‑6
Méditation romanesque sur la fécondité, sur les liens entre générations, Rêves d’azote construit un récit autour de ce qui relie les mondes, de ce qui assure la perpétuation de la lignée. Après un premier roman, Oostduinkerke (Éditions de l’Aire) couronné par le prix de la première œuvre francophone de la Fédération Wallonie-Bruxelles et par le prix SPG, Claire May nous plonge dans le rêve de maternité et ce qui, parfois, l’entrave. Délaissant l’approche psychologique, l’exploration du désir d’enfanter, elle donne à entendre le parcours d’une femme médecin recourant à la fécondation in vitro. Avec son compagnon Frédéric, la narratrice gagne la Ligurie avec pour viatique un ouvrage-talisman, Au bonheur des morts de Vinciane Despret. Là où l’essai de Vinciane Despret interroge les liens, les récits qui relient les morts aux vivants, la narratrice envisage d’accomplir semblable travail avec ceux et celles qui n’arrivent pas à naitre, qui échouent à voir le jour. Continuer la lecture


Carl Vanwelde est médecin et écrivain. Outre des poèmes, il rédige depuis une quinzaine d’années des chroniques qui paraissent dans Le journal du médecin et qui sont rassemblées dans le présent recueil. Dans son court prologue, l’auteur prévient le lecteur qui chercherait quelque prolongation des séries télévisées urgentistes trépidantes que les pages que l’on apprête à tourner sont « significatives de la transformation que le contact des autres apporte ». Contacts : celui du regard qui embrasse un intérieur lors d’une visite à domicile, pour se centrer ensuite sur le visage, celui de l’écoute des mots entendus, puis de l’examen des corps avec l’oreille, avec les doigts.
Professeure de philosophie à l’Université de Mons, Anne Staquet nous donne à lire un texte composite mêlant expériences personnelles, analyses de situations et réflexions philosophiques sur son rôle de bénévole dans un home pour personnes âgées durant le premier confinement dû à la crise de la Covid 19.
Gabrielle est une infirmière de 30 ans qui travaille au service de néonatalogie intensive d’un hôpital. Son quotidien est rythmé par les actes techniques et le fonctionnement des machines qui ont pris le dessus sur l’humain pour décider du sort des bébés. Composant chaque jour avec la limite entre la vie et la mort, elle fait de son mieux dans cet univers où l’incertitude domine, où le temps est une obsession, où rien n’est acquis, où chaque victoire, si infime soit-elle, est le résultat d’une lutte de chaque instant.