Archives par étiquette : Stéphane Mandelbaum

Peindre-écrire Stéphane Mandelbaum

Un coup de cœur du Car­net

Véronique SELS, Por­trait de Stéphane Man­del­baum, CFC, 2024, 144 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87572–103‑7

sels portrait de stephane mandelbaumPein­dre-écrire Stéphane Man­del­baum comme Stéphane Man­del­baum n’a cessé de con­vo­quer Pier Pao­lo Pasoli­ni, Fran­cis Bacon, Pierre Gold­man, Luis Buñuel sur ses toiles, tourn­er autour de l’énigme S.M. en tant que con­den­sé de l’énigme de la pein­ture, arracher à la mémoire des mots les traces de leur dessin pri­mor­dial, antérieur à leur fix­a­tion dans l’espace du verbe : c’est ce que Véronique Sels nous donne à lire, à sen­tir dans son éblouis­sant Por­trait de Stéphane Man­del­baum. Écrit à la pre­mière per­son­ne, porté par la voix du pein­tre et dessi­na­teur, ce roman-con­fes­sion s’offre comme le pen­dant d’un dip­tyque dont le pre­mier pan­neau s’intitule Même pas mort ! (Ed. Genèse, 2022). Con­tin­uer la lec­ture

Stéphane Mandelbaum : la spoliation de la mémoire

Un coup de cœur du Car­net

Véronique SELS, Même pas mort !, Genèse, 2022, 256 p., 22,50 €, ISBN : 978–2‑38201–021‑1

sels meme pas mortDans le puz­zle de la vie, il y a tou­jours une case qui manque. Surtout quand on s’appelle Stéphane Man­del­baum, qu’en quelques années, on a bous­culé l’univers de la pein­ture et du dessin. Dans son cinquième roman, Même pas mort !, Véronique Sels recon­stru­it libre­ment la tra­jec­toire du pein­tre en l’immergeant dans les con­vul­sions de l’Histoire, le point de non-retour de la Shoah. Pour affron­ter la vie éminem­ment romanesque, la fin trag­ique de Stéphane Man­del­baum assas­s­iné en décem­bre 1986 à l’âge de vingt-cinq ans, elle met en place un dis­posi­tif auda­cieux que dévoile le titre. Con­tin­uer la lec­ture

Stéphane Mandelbaum : c’est derrière que tout se passe, pas à l’avant-plan

Anne MONTFORT (dir.), Cat­a­logue de l’exposition Stéphane Man­del­baum, pré­face de Bernard Blistène, textes d’Anne Mon­fort, Gérard Pres­zow, Choghakate Kazar­i­an, Bruno Jean et Pierre Thoma, notes d’Anne Lemon­nier, Éd. Dilecta/Centre Pom­pi­dou, 2019, 153 p., 30 €, ISBN : 978–2‑37372–079‑2

À l’occasion de l’exposition Stéphane Man­del­baum qui s’est tenue ce print­emps au Cen­tre Pom­pi­dou et qui s’ouvre au Musée Juif (du 14 juin au 22 sep­tem­bre), les Édi­tions Dilecta/Centre Pom­pi­dou pub­lient un sai­sis­sant cat­a­logue de l’artiste assas­s­iné en décem­bre 1986 à l’âge de vingt-cinq ans. Qui ren­con­tre les dessins, les gravures de Stéphane Man­del­baum fait l’expérience d’un choc sen­soriel. La sidéra­tion et le trou­ble que ses créa­tions induisent nais­sent de l’intensité dra­ma­tique de ses por­traits, de la décon­struc­tion qu’elles opèrent de l’espace et des formes afin de con­vo­quer l’irreprésentable. La déroute des formes sous les forces d’un trait sis­mique se ren­force par une artic­u­la­tion sin­gulière du visuel et du textuel qui peut faire songer à leur alliance chez Jean-Michel Basquiat. Mag­nifique­ment conçu, présen­tant une cen­taine de dessins, le cat­a­logue mon­tre, au tra­vers des textes d’Anne Mon­fort, Gérard Pres­zow, Choghakate Kazar­i­an, d’un entre­tien entre Bruno Jean et Pierre Thoma, des notes d’Anne Lemon­nier  — cer­tains ont con­nu l’artiste —, un univers stéphane­man­del­bau­mien haute­ment chargé en ver­tiges. Con­tin­uer la lec­ture