Archives par étiquette : nazisme

Humaine jusqu’au bout

Mar­i­anne LEFEBVRE-RAEPSAET, À fleur de mémoires. Lulu Raep­saet, résis­tante com­mu­niste, rescapée de Ravens­brück, Cerisi­er, coll. « Quo­ti­di­ennes », 2025, 176 p., 17 €, ISBN : 9782872672561

lefebvre rapsaet a fleur de mémoireRésis­tance. Sol­i­dar­ité. Human­ité. Ajou­tons : mémoire. Trans­mis­sion. Voilà quelques-uns des ter­mes qui se détachent par­mi tous les autres dans À fleur de mémoires de Mar­i­anne Lefeb­vre-Raep­saet, un livre con­sacré à sa mère, Lulu Raep­saet, déportée au camp de Ravens­brück et qui, comme beau­coup de sur­vivantes et sur­vivants des camps, a (très) peu racon­té ce qui s’y était passé. Certain·es se sont même tu·es totale­ment, lais­sant leurs descendant·es aux pris­es avec des béances d’autant plus douloureuses. On pense, par exem­ple, à la mère de Chan­tal Aker­man, si silen­cieuse (même si par­fois bavarde), si présente dans la vie et dans l’œuvre de sa fille : « [le silence de ma mère] c’est sur quoi je tra­vaille, depuis des années, d’une manière ou d’une autre (…) comme elle a eu la parole coupée, vrai­ment, j’essaie à ma manière de la lui redonner. » Con­tin­uer la lec­ture

Degrelle par-dela les masques 

Frédéric SAENEN, Léon Degrelle, Per­rin, 2025, 364 p., 24 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 9782262094669

saenen léon degrelleAuteur d’essais sur Pierre Drieu de la Rochelle, Camille Lemon­nier, de romans (L’enfance unique, La danse de Plu­ton…), de recueils de poèmes, pro­fesseur à l’Université de Liège, rédac­teur en chef de la Revue générale, Frédéric Sae­nen aus­culte la tra­jec­toire et la fig­ure haute­ment con­tro­ver­sée de Léon Degrelle (1906–1994) dans sa biogra­phie pub­liée aux Édi­tions Per­rin. Afin de décrypter cette « fig­ure repous­soir, con­tre-exem­ple absolu de l’éthique en poli­tique », d’interroger les influ­ences, les traces qu’il a lais­sées dans l’histoire belge, il a fal­lu recon­stituer les mul­ti­fac­ettes du fon­da­teur du rex­isme, du « Führer des Wal­lons » et suiv­re les muta­tions du jour­nal­iste, de l’éditorialiste de droite au tri­bun fana­tique, du catholique fer­vent au col­labo, du croisé de la foi au leader fas­ciste, du sol­dat du IIIème Reich, gradé engagé dans la Waf­fen-SS à l’exilé en Espagne pro­fes­sant un néga­tion­nisme vir­u­lent. Con­tin­uer la lec­ture

Dimensions esthétiques et érotiques du nazisme

Arnaud DE LA CROIX, Esthé­tique et éro­tisme nazis, Pré­face d’Anne Sta­quet, Édi­tions uni­ver­si­taires de l’Umons, coll. « Imper­ti­nentes », 2025, 142 p., 22 €, ISBN : 9782873257712

de la croix esthétique et erotisme nazisDans son nou­v­el essai, Arnaud de la Croix ouvre avec brio et finesse une boite noire dont les his­to­riens, les penseurs, les chercheurs con­tem­po­rains se détour­nent parce qu’elle dérange, trou­ble les représen­ta­tions offi­cielles du savoir et les vul­gates poli­tique­ment cor­rectes de la doxa. Inter­ro­geant un domaine jusqu’ici peu étudié, l’ouvrage se penche d’une part sur ce que Philippe Lacoue-Labarthe appelle l’esthétisation de la poli­tique réal­isée par le nazisme et d’autre part sur le ques­tion­nement du lien entre nazisme-éro­tisme-pornogra­phie, sur l’érotisation du nazisme dans la cul­ture con­tem­po­raine, prin­ci­pale­ment le ciné­ma. Afin d’éclairer les dimen­sions esthé­tiques et éro­tiques du IIIème Reich et leur lien intime, Arnaud de la Croix étudie deux organes de pro­pa­gande de l’idéologie du « Blut und Boden », de la pureté de la race aryenne : la vision esthé­tique imposée par les hauts dig­ni­taires nazis et les représen­ta­tions offi­cielles, ambigües, de la sex­u­al­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Ode à la beauté sauvage des Hautes Fagnes

Chris­tiana MOREAU, Aux vents déraisonnables, Empaj, 2025, 261 p., 20 €, ISBN : 978–2‑9310–1139‑3

moreau aux vents déraisonnablesLe nou­veau roman de Chris­tiana More­au s’ouvre sur le ques­tion­nement d’un jeune homme con­cer­nant le secret de ses orig­ines. Le réc­it nous plonge alors dans la région des Hautes Fagnes durant l’entre-deux-guerres, où évolu­ent pais­i­ble­ment François et Maria. Mal­gré l’incertitude et la con­fu­sion face à la mon­tée du nation­al-social­isme, les deux jeunes amis d’enfance prof­i­tent de ce bel été pour explor­er leurs recoins favoris dans la nature envi­ron­nante. Ce moment de félic­ité est toute­fois inter­rompu par l’arrivée de Lucie, une cou­sine de Maria ayant récem­ment per­du sa mère et envoyée à la cam­pagne pour panser la blessure de son deuil. Con­tin­uer la lec­ture

Renée, Helga, Marek

Car­o­line DE MULDER, La poupon­nière d’Himmler, Gal­li­mard, 2024, 285 p., 21,50 € / eBook : 9,99 €, ISBN : 978–2‑07–303545‑5

de mulder la pouponniere d himmlerCar­o­line De Mul­der ne se laisse pas enfer­mer dans un genre. Depuis Ego Tan­go (prix Rossel 2010), cha­cun de ses romans explore un nou­veau ter­ri­toire. Nous sommes cette fois en 1944, à la fin de l’été, dans la cam­pagne bavaroise. Coupé du monde, un cen­tre Lebens­born (lit­térale­ment, « Fontaine de vie ») voit se crois­er les des­tins de trois per­son­nages ; c’est à tra­vers eux que l’autrice peint, sans des­sein d’exhaustivité, cet univers de talc, de linge blanc et de bois verni, facette con­crète des poli­tiques natal­istes et eugénistes du régime nazi. Il y a Renée, qui est française, ton­due et sans nou­velle du sol­dat dont elle attend l’enfant ; il y a la con­scien­cieuse Hel­ga, une sœur du Sec­ours pop­u­laire nation­al-social­iste ; et il y a Marek, le déporté qu’elles n’aperçoivent que rarement, qui trime sous étroite sur­veil­lance aux abor­ds du château. Con­tin­uer la lec­ture

Stéphane Mandelbaum : la spoliation de la mémoire

Un coup de cœur du Car­net

Véronique SELS, Même pas mort !, Genèse, 2022, 256 p., 22,50 €, ISBN : 978–2‑38201–021‑1

sels meme pas mortDans le puz­zle de la vie, il y a tou­jours une case qui manque. Surtout quand on s’appelle Stéphane Man­del­baum, qu’en quelques années, on a bous­culé l’univers de la pein­ture et du dessin. Dans son cinquième roman, Même pas mort !, Véronique Sels recon­stru­it libre­ment la tra­jec­toire du pein­tre en l’immergeant dans les con­vul­sions de l’Histoire, le point de non-retour de la Shoah. Pour affron­ter la vie éminem­ment romanesque, la fin trag­ique de Stéphane Man­del­baum assas­s­iné en décem­bre 1986 à l’âge de vingt-cinq ans, elle met en place un dis­posi­tif auda­cieux que dévoile le titre. Con­tin­uer la lec­ture

Une voix surgie des cendres de la Shoah

Samuel HERZFELD, Jür­gen Löwen­stein. Des­tin d’un enfant juif de Berlin, Pré­face de Mar­i­anne Sluszny, Jour­dan, 2022, 140 p., 14,90 €, ISBN : 9782874667152

herzfeld jurgen lowensteinÀ l’heure où les derniers témoins directs de la Shoah dis­parais­sent, l’essai de Samuel Herzfeld délivre une voix qui s’est longtemps tue, celle de Jür­gen Löwen­stein né en 1925 à Berlin, qui revint des camps de la mort, qui réchap­pa de lieux d’où nul n’était cen­sé revenir et s’installa en Israël. Il ne s’agit jamais d’un témoignage « de plus » d’un sur­vivant d’Auschwitz mais tou­jours d’un ultime geste de trans­mis­sion d’une entre­prise de mort plan­i­fiée par un régime. Remar­quable­ment pré­facé par Mar­i­anne Sluszny, Jür­gen Löwen­stein. Des­tin d’un enfant juif de Berlin est l’histoire d’une ren­con­tre intergénéra­tionnelle entre Samuel Herzfeld et un homme âgé, « un mémo­r­i­al vivant », ren­con­tré à Tel-Aviv. C’est au silence autour de la Shoah qui mar­que son his­toire famil­iale que l’auteur s’affronte, c’est ce mutisme qu’il lève en recueil­lant les pro­pos d’un sur­vivant qui a con­nu la fin de la République de Weimar, la mon­tée du nazisme, la pas­siv­ité com­plice des nations qui ont lais­sé faire les plan­i­fi­ca­teurs de l’extermination. A l’instar des Stolper­steine, des pavés de la mémoire, toute voix de rescapé qui s’élève rap­pelle inlass­able­ment au monde les mil­lions de vic­times juives, tsi­ganes… Pour ceux et celles qui se sont tues à jamais, pour les généra­tions présentes et futures, Jür­gen Löwen­stein par­le, au nom des dis­parus, pour sec­ouer les con­sciences, l’oubli, les cen­dres, pour rap­pel­er que l’Homme, et non une idée de l’Homme, est mort à Auschwitz. Con­tin­uer la lec­ture

Le mal comme absence d’empathie

François DE SMET, Han­nah Arendt ou le mal comme absence de pen­sée, Midis de la Poésie, 2021, 42 p., 8 €, ISBN : 978–2‑931054–04‑8

de smet hannah arendtIl est courant d’entendre que depuis Pla­ton, la philoso­phie occi­den­tale n’ajoute que des notes de bas de page à ses dia­logues socra­tiques. Du moins jusqu’à la Shoah. Alors, la pen­sée est dev­enue plus que ver­tig­ineuse : il ne s’agit plus de pren­dre con­science de la mort à un degré humain et/ou divin, mais d’appréhender la fin de l’humanité à un niveau com­mun, proche ou loin­tain. Soit dans son ensem­ble à tout moment atom­ique, cli­ma­tique, soit dans son esprit-même : que reste-t-il d’âme, d’espérance, de poésie, bref d’humain dans le cœur de l’humanité depuis la Shoah ? Con­tin­uer la lec­ture

De la littérature comme miroir

Un coup de cœur du Car­net

Daniel CHARNEUX, Claude DURAY, Léon FOURMANOIT, Pierre Huber­mont (1903–1989) : écrivain pro­lé­tarien, de l’ascension à la chute, M.E.O., 2021, 232 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0280‑7

charneux et alii pierre hubermontLa lit­téra­ture pro­lé­tari­enne belge a peut-être été moins scrutée que celle des écrivains région­al­istes. La ques­tion de la col­lab­o­ra­tion cul­turelle durant la Sec­onde guerre mon­di­ale n’a que rarement fait l’objet d’une vul­gar­i­sa­tion ; des études, des mémoires, des ouvrages uni­ver­si­taires lui ont été con­sacrée : les auteurs du présent vol­ume en men­tion­nent quelques-uns. L’épuration des écrivains ayant col­laboré avec l’occupant n’a pas don­né lieu à un débat pub­lic reten­tis­sant et à des con­damna­tions fra­cas­santes comme ce fut le cas en France. Un cer­tain nom­bre d’écrivains aujourd’hui con­nus passèrent entre les mailles d’un filet insti­tu­tion­nel et judi­ci­aire somme toute assez com­plaisant. Cer­tains s’exilèrent. D’autres furent con­damnés à mort ou à des peines de prison. Con­tin­uer la lec­ture

« L’erreur d’une vie. La vie d’une erreur »

Pierre MERTENS, Les éblouisse­ments, Seuil, coll. « Points », 2021, 475 p., 8,50 €, ISBN : 978–2‑7578–8509‑3

mertens les éblouissementsPour son cinquan­tième anniver­saire, la col­lec­tion “Points” pro­pose la réédi­tion de titres qui ont ponc­tué son his­toire. Le roman de Pierre Mertens, Les éblouisse­ments, y trou­ve sa place. Il s’est vu attribuer le prix Médi­cis en 1987.

Le roman met en scène le poète alle­mand Got­tfried Benn, né en 1886 et mort en 1956. Con­sid­éré comme un des écrivains majeurs de la lit­téra­ture alle­mande du 20e siè­cle, défen­dant à par­tir des années 1910 une esthé­tique expres­sion­niste, il s’est cepen­dant four­voyé briève­ment en 1936, affir­mant si pas des sym­pa­thies du moins une tolérance à l’égard du régime nazi dont il est quelque temps « com­pagnon de route ». Bien vite il revient sur cette erreur, mais il sera renié autant par les autorités que par ceux de ses pairs en lit­téra­ture qui, eux, ont choisi l’exil pour lut­ter con­tre la dic­tature nazie. Benn est donc cen­suré, voué au silence avant d’être recon­sid­éré après la Sec­onde Guerre par les jeunes écrivains de ce que l’on a appelé la généra­tion de « l’année zéro » qui redé­cou­vrent la per­ti­nence et la ful­gu­rance de son œuvre, mais le ques­tion­nent aus­si sur les raisons de son aveu­gle­ment pas­sager. Con­tin­uer la lec­ture

Aux champs… élisés !

Un coup de cœur du Car­net

Mar­cel SEL, Elise, ONLiT, 2019, 434 p., 24,99€ / ePub : 15 €, ISBN : 978–2‑87560–108‑7

Mar­cel Sel a‑t-il été tétanisé par le suc­cès de son pre­mier roman, Rosa (qua­tre prix et deux finales) ? Ou une ambi­tion artis­tique démul­ti­pliée a‑t-elle élevé la barre à tout rompre (attentes et lim­ites) ? La ques­tion se pose dès l’entame du livre. Dont la struc­tura­tion, l’écriture et le fond sec­ouent irré­sistible­ment.


Lire aus­si : notre recen­sion de Rosa


La pre­mière page, en sur­plomb, dégage une force incan­ta­toire qui rap­pelle James Ell­roy, le génie du roman noir améri­cain : Con­tin­uer la lec­ture

Arnaud de la Croix. Himmler, Otto Rahn et le Graal

Arnaud DE LA CROIX, Himm­ler et le Graal. La vérité sur l’affaire Otto Rahn, pré­face d’Emmanuel Pier­rat, Racines, 2018, 144 p., 19,95 €, ISBN : 978–2‑39025–070‑8

Le nou­v­el essai d’Arnaud de la Croix s’inscrit dans le fil de ses travaux antérieurs, La reli­gion d’Hitler, Les Tem­pli­ers, cheva­liers du Christ ou héré­tiques ?, Arthur, Mer­lin et le Graal, un mythe revis­ité. Pré­facé par Emmanuel Pier­rat, Himm­ler et le Graal. La vérité sur l’affaire Otto Rahn inter­roge la face occulte du nazisme, à savoir la fas­ci­na­tion de cer­tains dirigeants pour l’ésotérisme. Nom­bre d’historiens ont étudié les racines occultes du nation­al-social­isme, en par­ti­c­uli­er de l’Ordre noir des SS dont Hein­rich Himm­ler était le chef suprême. Livrant le résul­tat de recherch­es menées durant trente ans, Arnaud de la Croix inter­roge la « folie » du Graal qui s’est emparée de Himm­ler, la manière dont les travaux du médiéviste et écrivain Otto Rahn ont influ­encé le Reichs­führer de la SS. La généalo­gie de la mytholo­gie völk­lich, d’un néo­pa­gan­isme nour­ri par la magie noire, la sor­cel­lerie, le spiritisme est fine­ment mise à jour. La mythique île de Thulé, les théories raciales, les diva­ga­tions sur l’aryanisme, le lien entre Graal et catharisme qu’établira Otto Rahn ont eu pour précurseurs la Société théosophique fondée par Hele­na Blavatsky (courant ésotérique, société secrète basée sur un syn­crétisme mys­tique reliant l’Occident au boud­dhisme, à l’hindouisme) ou encore la per­son­ne du mage illu­miné Karl Maria Willigut qui devien­dra le gourou de l’Ordre noir. Con­tin­uer la lec­ture

Sauver la phénoménologie

Her­man VAN BREDA, Sauver les phénomènes, Allia, 2018,  95 p., 6.50 € / ePub : 3.99 €, ISBN 979–10-304‑1004‑4

sauver les phénomènesL’expression « sauver les phénomènes » peut intro­duire à l’activité philosophique depuis Niet­zsche et en tout cas le début du XXe siè­cle, mais à con­di­tion d’ajouter par la mise à décou­vert du lan­gage qui y fait obsta­cle et y par­ticipe. Les grands courants de la philoso­phie con­tem­po­raine s’évertuent en effet à analyser ou à épur­er le lan­gage, à réduire ou à décon­stru­ire ses pré­sup­posés, à l’interpréter ou à le met­tre en réc­it… Con­tin­uer la lec­ture

Philosophie, poésie et action politique

Éric CLÉMENS, De l’é­gal­ité à la lib­erté. En pas­sant par le Revenu de Base Incon­di­tion­nel, Saint-Pierre, Le Cor­ri­dor bleu, 2015, 140 p.

Le demi-siè­cle 1965–2015 fut mar­qué par une série de crises ou de muta­tions pro­fondes, dont notre vision du monde occi­den­tale ne pou­vait sor­tir intacte : révéla­tion accrue des crimes nazis et stal­in­iens, con­séquences de la décoloni­sa­tion, con­tes­ta­tion de mai 68 et maoïsme, chocs pétroliers, fin de l’U.R.S.S. et déclin du com­mu­nisme, crois­sance des pays émer­gents, etc. Telles sont les tur­bu­lences his­toriques devant lesquelles Éric Clé­mens, philosophe de for­ma­tion, a ten­té de repenser les bases de la poli­tique et de l’éthique – rap­pelons notam­ment son essai Le même entre démoc­ra­tie et philoso­phie (Lebeer-Hoss­man, 1987) –, mais sans élud­er la néces­sité de l’ac­tion con­crète, puisqu’il a notam­ment organ­isé ou par­ticipé à de nom­breux débats publics et qu’il milite pour l’at­tri­bu­tion à chaque citoyen d’un « revenu de base incon­di­tion­nel ». Le livre qui parait aujour­d’hui rassem­ble des textes pub­liés tout au long de ces années, jalons d’une recherche exigeante et rigoureuse entre inter­ro­ga­tion philosophique et écri­t­ure poé­tique ; son titre l’indique, égal­ité et lib­erté sont deux préoc­cu­pa­tions – éminem­ment répub­li­caines – qui domi­nent, ou plutôt arri­ment le ques­tion­nement auquel s’as­treint l’au­teur. Con­tin­uer la lec­ture

Hitler, un nouveau sauveur?

Arnaud DE LA CROIX, La reli­gion d’Hitler, Racine, 2015, 211 p., 19,95 €

de la croixAprès Hitler et la franc-maçon­ner­ie (Racine, 2013), Arnaud de la Croix s’attaque à la ques­tion –con­tro­ver­sée – de la reli­gion d’Hitler, dans son nou­v­el essai pub­lié aux édi­tions Racine. Bap­tisé dans l’Église catholique et enfant de chœur, le chef du mou­ve­ment nation­al-social­iste était-il chré­tien – comme l’a notam­ment soutenu le philosophe Michel Onfray, dans son Traité d’athéologie ?  Sa foi s’inscrivait-elle dans une mou­vance néo-païenne ou le Führer entendait-il en revenir aux anci­ennes croy­ances ger­maniques ? Était-il athée ? Con­tin­uer la lec­ture