Archives par étiquette : spoliation

La liste de Rainer

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Le col­lec­tion­neur, Onlit, 2025, 272 p., 22,90 €, ISBN : 978–2‑87560–178‑0

bergen le collectionneur

Véronique Bergen affec­tionne les listes. On se sou­vient de la litanie de noms de rues qui ouvrait, comme un poème, son Marolles. Dès le titre, on imag­ine aisé­ment que Le col­lec­tion­neur, son nou­veau roman paru chez Onlit, sera lui aus­si riche en énuméra­tions. 

Celle des mer­veilles qui com­posent la col­lec­tion d’An­dreas, « le prénom de Baad­er, de Vesal­ius, du con­tre-ténor Scholl », héri­ti­er des tableaux amassés par son oncle Rain­er. Picas­so, Modigliani, Klee, Cha­gall, Klimt, Matisse et bien d’autres : le cadeau est somptueux, mais empoi­son­né. Con­tin­uer la lec­ture

Stéphane Mandelbaum : la spoliation de la mémoire

Un coup de cœur du Car­net

Véronique SELS, Même pas mort !, Genèse, 2022, 256 p., 22,50 €, ISBN : 978–2‑38201–021‑1

sels meme pas mortDans le puz­zle de la vie, il y a tou­jours une case qui manque. Surtout quand on s’appelle Stéphane Man­del­baum, qu’en quelques années, on a bous­culé l’univers de la pein­ture et du dessin. Dans son cinquième roman, Même pas mort !, Véronique Sels recon­stru­it libre­ment la tra­jec­toire du pein­tre en l’immergeant dans les con­vul­sions de l’Histoire, le point de non-retour de la Shoah. Pour affron­ter la vie éminem­ment romanesque, la fin trag­ique de Stéphane Man­del­baum assas­s­iné en décem­bre 1986 à l’âge de vingt-cinq ans, elle met en place un dis­posi­tif auda­cieux que dévoile le titre. Con­tin­uer la lec­ture

Un Van Loo nouveau

Un coup de coeur du Carnet

Alain BERENBOOM, La for­tune Gut­mey­er. Une nou­velle enquête de Michel Van Loo, Brux­elles, Genèse édi­tions, 2015, 272 p., 22,50 €/ePub : 12.99 €

berenboom_duhamelEn 2008, avec Périls en ce roy­aume, Alain Beren­boom crée le per­son­nage de Michel Van Loo, privé quelque peu « loos­er » qui doit la réus­site de ses enquêtes à l’aide de sa fiancée Anne, sham­pouineuse de son état. Dans les trois titres déjà parus de la série, Beren­boom dresse un por­trait fidèle de la Bel­gique de l’immédiat après-guerre, de ses  prob­lé­ma­tiques poli­tiques et sociales, et décrit en ter­mes justes l’ambiance par­ti­c­ulière de ces années-là. Mais il pub­lie par­al­lèle­ment des livres qui se démar­quent à la fois des Van Loo et des romans qu’il a pub­liés avant ceux-ci. On songe à Messie mal­gré tout, nou­velles sur l’éventualité du retour du Messie ; et bien sûr à Mon­sieur Opti­miste, où il dresse le por­trait de son père, Juif polon­ais réfugié en Bel­gique où il tient une phar­ma­cie, à Schaer­beek. (Sous le nom d’Hubert, il appa­raît dans les Van Loo.) Le sort de la famille Beren­boom est évo­qué large­ment dans Mon­sieur Opti­miste, mais la cru­auté de l’extermination dans les camps n’est sug­gérée qu’à demi-mots. Con­tin­uer la lec­ture