Archives par étiquette : CFC éditions

« Le hors-champ reste infini »

Un coup de cœur du Car­net

Émil­ia STÉFANI-LAW, S’en sou­venir, CFC, 2026, 136 p., 18 €, ISBN : 9782875721235

stefani law s'en souvenirAvec S’en sou­venir, Émil­ia Sté­fani-Law part du sin­guli­er pour dégager l’universel, une poé­tique de la mémoire active. Son enquête débute par l’ouverture de la con­ces­sion de son père, décédé trente-cinq ans plus tôt, le 4 décem­bre 1984, d’un infarc­tus, à trente-sept ans. Détenir cette urne con­cré­tise cette dis­pari­tion et pointe du doigt les mor­celle­ments mémoriels qu’il va s’agir de venir combler à coups d’images, fix­es ou mou­vantes, ou d’histoires, fouil­lées avec un regard neuf, dans l’espoir de « trou­ver la pièce man­quante ». Con­tin­uer la lec­ture

Du poème à l’esthétique, les écrits tous azimuts de Pol Bury

Frédérique MARTIN-SCHERRER, Pol Bury – Antholo­gie. Recueil de textes (1949–2004), CFC, 2025, 464 p., 35 €, ISBN : 978–2‑875–72-100–6

martin scherrer pol bury anthologieLe cen­te­naire de la nais­sance de Pol Bury (1922–2005) avait don­né lieu, durant l’automne 2022, à deux expo­si­tions lou­vièrois­es, l’une au Cen­tre de la Gravure et de l’Image imprimée, la sec­onde au Cen­tre Dai­ly-Bul & Co, cha­cune étant accom­pa­g­née d’une pub­li­ca­tion. Frédérique Mar­tin-Scher­rer (spé­cial­iste par ailleurs du poète Jean Tardieu, ami de Bury) avait livré en cette occa­sion un pré­cieux vol­ume con­sacré aux Livres et écrits de celui qui, out­re ses activ­ités inin­ter­rompues de plas­ti­cien (œuvres mon­u­men­tales, mobiles, fontaines, pein­tures, estam­pes, mul­ti­ples, bijoux…), n’en était pas moins égale­ment saisi en per­ma­nence – ou presque – d’un poly­graphisme aigu. Con­tin­uer la lec­ture

Entre les mondes

Anna Safi­a­tou TOURE, Her­bier du départe­ment con­go­lais des Ser­res royales de Laeken, CFC, 2024, 64 p., 16 €, ISBN : 9782875721044

toure Herbier du département congolais des Serres royales de LaekenAu départ, un fait his­torique : les plantes ramenées du Con­go par les colons, pour agré­menter de leurs couleurs et leurs tex­tures les Ser­res royales de Laeken, n’ont pas survécu au cli­mat belge. Un siè­cle plus tard, une artiste fran­co-mali­enne s’empare du réc­it pour le tor­dre, en extraire la sève restée vivace – en dor­mance – sous l’écorce momi­fiée du réel. Con­tin­uer la lec­ture

« Une ville qui aurait bel et bien existé »

Un coup de cœur du Car­net

François LIÉNARD, Joyeuse entrée, CFC, coll. « La ville écrite », 2024, 160 p., 18 €, ISBN : 9782875720993

liénarrd joyeuse entreeIl m’aura fal­lu atten­dre cinquante et un ans pour me ren­dre compte que j’habitais un poème. Celui qui fig­ure aux pages 78 et 79 de Joyeuse entrée de François Lié­nard. Inti­t­ulé « La ville en papi­er », ce texte sil­lonne les librairies d’ancien et autres bouquiner­ies qui pul­lu­laient à Brux­elles jusqu’à la fin des années 1990. À cha­cune de ses lignes, je fran­chis une porte mille fois franchie, le plus sou­vent assor­tie d’un coup de car­il­lon, je me laisse pénétr­er par une odeur mille fois humée, mélange sub­til de papi­er, cuir, tabac et bois­erie vernissée, et le ver­tige me saisit comme à chaque fois face aux hauts murs tapis­sés d’ouvrages d’art de Posa­da, et à La Borgne Agasse le sourire de Jean-Pierre Canon, qui m’invite de sa voix érail­lée à partager un verre de rouge à sa table où s’accumulent les Cahiers André Bail­lon, se remet à flot­ter devant moi. Les enseignes Nijin­s­ki, Papyrus, celles de la rue des Éper­on­niers et de la Galerie Borti­er, dansent sous mes pas de fouineur, de chineur invétéré, et je m’enorgueillis d’avoir pu encore jouir, dans ma ving­taine, de ces lieux sacrés et pré­caires, voués à l’engloutissement, car ils ne font plus par­tie main­tenant que du monde en moi, et il n’est plus de vrai, passé un cer­tain âge, que les prom­e­nades intérieures. Con­tin­uer la lec­ture

Peindre-écrire Stéphane Mandelbaum

Un coup de cœur du Car­net

Véronique SELS, Por­trait de Stéphane Man­del­baum, CFC, 2024, 144 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87572–103‑7

sels portrait de stephane mandelbaumPein­dre-écrire Stéphane Man­del­baum comme Stéphane Man­del­baum n’a cessé de con­vo­quer Pier Pao­lo Pasoli­ni, Fran­cis Bacon, Pierre Gold­man, Luis Buñuel sur ses toiles, tourn­er autour de l’énigme S.M. en tant que con­den­sé de l’énigme de la pein­ture, arracher à la mémoire des mots les traces de leur dessin pri­mor­dial, antérieur à leur fix­a­tion dans l’espace du verbe : c’est ce que Véronique Sels nous donne à lire, à sen­tir dans son éblouis­sant Por­trait de Stéphane Man­del­baum. Écrit à la pre­mière per­son­ne, porté par la voix du pein­tre et dessi­na­teur, ce roman-con­fes­sion s’offre comme le pen­dant d’un dip­tyque dont le pre­mier pan­neau s’intitule Même pas mort ! (Ed. Genèse, 2022). Con­tin­uer la lec­ture

Jolies rencontres en sauvagerie urbaine

Jean-Michel LECLERCQ (Texte)et MArie MAHLER (Illus­tra­tion), J’habite ici aus­si, CFC, 2022, 46 p., 15 €, ISBN : 978–2875720795

leclercq mahler j habite ici aussiDepuis quelque temps, on décou­vre des pho­tos et des anec­dotes de ren­con­tres d’animaux et d’humains en pleine ville. Le monde sauvage et le monde urbain coex­is­teraient-ils ? Telle mai­son com­mu­nale filme les rapaces instal­lés sur son toit, telle autre cherche des solu­tions pour éloign­er les renards des poubelles. Nos villes bruis­sent et ser­vent de cachettes à cet autre monde. MArie MAl­her et Jean-Michel Lecler­cq ont com­pris. « Ils habitent ici aus­si ». C’est ce que nous racon­te leur livre. Album témoignage. Con­tin­uer la lec­ture

Splendeur et fragilité de la marge

Véronique BERGEN, Marolles. La cour des chats, CFC, coll. « La ville écrite », 2022, 178 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87572–054‑2

bergen marollesAlbums pour la jeunesse, livres d’art ou d’histoire : le cat­a­logue des édi­tions CFC regorge de vol­umes somptueux, riche­ment illus­trés. Sous sa mise plus mod­este, l’élé­gante sobriété de Marolles. La cour des chats con­firme le souci de la mai­son pour l’objet-livre. De sobriété, il n’est pour­tant guère ques­tion dans le pro­pos de Véronique Bergen. Les Marolles sont en effet pour elle surtout bigar­rure, diver­sité de pop­u­la­tion…, bref : “bifur­ca­tions ” et « fan­taisie ». 

Un tel objet échappe for­cé­ment à toute ten­ta­tive de le cir­con­venir, et l’essayiste priv­ilégie une approche par éclairages suc­ces­sifs. D’un chapitre à l’autre, elle évoque tour à tour le brus­se­leer, la zwanze, la toponymie, l’urbanisation, les artistes et habi­tants nota­bles, l’hospitalité, la sol­i­dar­ité, les chats… Con­tin­uer la lec­ture

Une entrée dans la vie de famille d’André Franquin

André FRANQUIN, Bon pour…, Dessins de famille, CFC, Coll. « 7–107 », 2022, 116 p., 21 €, ISBN : 9782875720818

franquin bon pour... dessins de familleLe Bon pour… Qui n’a jamais eu recours à ce sub­sti­tut de cadeau ? Dans l’impossibilité d’offrir le présent au moment atten­du, on rédi­ge sur un papi­er un Bon pour… accom­pa­g­né d’argent ou d’une promesse de livrai­son ou de presta­tion. Le tout est glis­sé dans une enveloppe que l’on remet au béné­fi­ci­aire. Le Bon pour… est un ancêtre arti­sanal du Bon­go.

André Fran­quin avait peu de temps pour courir les mag­a­sins, ou peut-être n’aimait-il pas s’y ren­dre. Aus­si recourait-il  abon­dam­ment à des Bons pour… à l’attention de ses proches, surtout sa fille Isabelle et son épouse Lil­iane. Il en avait même fait une tra­di­tion famil­iale. Con­tin­uer la lec­ture

Pol Bury, plus d’un tour dans son sac à malices

Frédérique MARTIN-SCHERRER, Pol Bury. Livres et écrits, CFC et Cen­tre Dai­ly-Bul & Co, 2022, 272 p., 27 €, ISBN : 978–2‑87572–080‑1
Pol Bury. Va et vient, Cat­a­logue trilingue, avec les par­tic­i­pa­tions de J. Gob­ert, L. Wilmot, L. Leoni, Ch. Veys, V. Blondel, F. Mar­tin-Scher­rer, Cen­tre de la Gravure et de l’Image imprimée, 180 p., 125 illus­tra­tions, 35 €

martin-scherrer pol bury livres et ecritsEn 1965, Pol Bury (1922–2005) pub­lie Le petit com­mence­ment dans la col­lec­tion des « Poquettes volantes » des édi­tions du Dai­ly-Bul. L’auteur a dépassé de peu la quar­an­taine d’années, il est alors un artiste inter­na­tionale­ment recon­nu. Il a trou­vé le suc­cès financier à New York, après la renom­mée artis­tique à Paris, grâce à ses sculp­tures mobiles d’une lenteur incom­pa­ra­ble, ses créa­tions de boules et d’objets mon­u­men­taux, que vien­dront encore com­pléter les fontaines de métal action­nées par d’invisibles et silen­cieux mécan­ismes. Dans Le petit com­mence­ment, Bury établit une com­para­i­son tout en nuances entre le vol­ume de ses sculp­tures, si renom­mées pour leur masse… et la sur­face du papi­er, qu’il n’a jamais cessé de tra­vailler du bout des doigts, sa vie durant. Con­tin­uer la lec­ture

Le Jardin des délices

HELL’O, Elle est où la fête ? Waar is da feestje ? Where’s the par­ty at ?, CFC, 2022, 10 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87572–078‑8

hell'o elle est la fete couvC’est à une curieuse fête que nous invi­tent Antoine Detaille et Jérôme Mey­nen, le duo d’artistes qui se cache der­rière Hell’O. Un peu comme si les per­son­nages étranges des Songes dro­la­tiques de Pan­ta­gru­el se retrou­vaient pris dans la transe col­lec­tive qui toucha Stras­bourg en 1518.

Elle est où la fête ? est un livre-objet, un lep­orel­lo, qui se déplie dans les mains du lecteur comme le ferait un accordéon. Il est un con­den­sé de l’univers du duo : per­son­nages étranges, êtres hybrides et végé­ta­tion lux­u­ri­ante sont entourés de guir­lan­des et d’un fond sonore qui ne peut être que fes­tif, le tout débor­dant de couleurs. Con­tin­uer la lec­ture

La rafle du 12 juin 1943 au pensionnat Gatti de Gamond

Un coup de cœur du Car­net

Frédéric DAMBREVILLE, Les dis­parus de Gat­ti de Gamond, Pré­face de Daniel Weyssow, CFC, 2022, 790 p., 28 €, ISBN : 978–2‑87572–075‑7

dambreville les disparus de gatti de gamondC’est sans doute son œil de pein­tre et de graveur qui, détec­tant une inscrip­tion sur la chem­inée du salon, a le pre­mier pressen­ti la lourde his­toire du nou­veau lieu qu’il occupe rue Fauchille à Brux­elles. À par­tir d’un détail visuel qui l’interpelle, Frédéric Dambre­ville recon­stitue pas à pas, durant dix années, la tragédie qui a frap­pé cet immeu­ble qui abri­ta l’Institut Gat­ti de Gamond. Tirant un fil d’Ariane mémoriel, il délivre au fil d’enquêtes, de témoignages, d’études d’archives le réc­it de la rafle d’enfants juifs et de leurs logeurs qui eut lieu le 12 juin 1943. Du plus ténu, du micro­scopique, d’une trace muette, l’auteur dégage la tragédie d’une scène macro­scopique, lève le voile sur un pan de la résis­tance en Bel­gique et inter­roge un épisode boulever­sant de la Shoah. Con­tin­uer la lec­ture

Subversion vs Subvention

Éric VAN ESSCHE (dir.), ®évo­lu­tions du Street Art, CFC, 2021, 288 p., 28 €, ISBN : 978–2‑87572–071‑9

van essche (r)evolutions du street artPhiladel­phie, années 60, les pre­miers graf­fi­tis appa­rais­sent sur les murs de la ville.

Févri­er 2022, un musée brux­el­lois expose de nom­breux artistes urbains issus de ses col­lec­tions.

Entre les deux, que s’est-il passé ?

Dans le métro, sur les volets bais­sés, dans les zones gris­es, sur les murs des écoles, dans les galeries d’art, sur les tee-shirts, dans les toi­lettes, sur les paque­ts de bis­cuits, au musée, dans les gares… Les graf­fi­tis sont partout.  Con­tin­uer la lec­ture

Un joyeux petit vent frais

Un coup de cœur du Car­net

Noelia DIAZ IGLESIAS, Un oura­gan dans la barbe, CFC, 2021, 112 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87572–065‑8

diaz iglesias un ouragan dans la barbeUn oura­gan dans la barbe est le pre­mier album de l’autrice Noelia Diaz Ige­lisas. Dans cette bande dess­inée qui emprunte des thé­ma­tiques et cer­tains traits à l’album jeunesse, la nar­ra­tion se révèle effi­cace, les procédés graphiques joyeux et expres­sifs et les per­son­nages (dont le grand-père bar­bu, et Hugo que nous apercevons tous deux sur la cou­ver­ture) attachants et sin­guliers. Con­tin­uer la lec­ture

L’Art et marges musée

COLLECTIF, Art et marges musée, CFC, 2020, 224 p., 30 €, ISBN : 9782875720573

art et marges museeÀ l’occasion des dix ans d’Art et marges musée, CFC Édi­tions pub­lient un ouvrage de référence retraçant la créa­tion et l’évolution d’un espace dédié à l’art brut, à l’art out­sider, évo­quant une col­lec­tion riche de plus de qua­tre mille œuvres d’artistes de toutes nation­al­ités. Fondé en 1984 par Françoise Hen­ri­on, Art en marge se présente comme un lieu d’exposition et d’études d’œuvres plas­tiques créées par des per­son­nes tra­vail­lant dans des ate­liers créat­ifs ou par des auto­di­dactes en marge des cir­cuits de l’art. Les textes de Lau­rent Busine, Carine Fol (anci­enne direc­trice d’Art en marge, à l’origine de la créa­tion du Art et marges musée, direc­trice artis­tique du cen­tre d’art CENTRALE for con­tem­po­rary art), Sarah Kokot, Car­o­line Lamarche, Thibaut Leonardis, Gérard Pres­zow et Tatiana Ver­ess (direc­trice artis­tique actuelle d’Art et marges musée) inter­ro­gent les muta­tions déf­i­ni­tion­nelles du champ de l’art brut, out­sider, en marge : de l’art « psy­chopathologique », « art des fous » col­lec­tion­né et étudié par le psy­chi­a­tre et his­to­rien de l’art Hans Prinzhorn à la col­lec­tion d’art brut de Jean Dubuf­fet, l’inventeur de la notion d’art brut, des œuvres rel­e­vant de l’autodidaxie ou issues d’ateliers en milieu insti­tu­tion­nel à la sin­gu­lar­ité de créa­tions hors normes, échap­pant à la car­togra­phie des sédi­men­ta­tions artis­tiques. Con­tin­uer la lec­ture

Des dieux et des hommes

Lison FERNÉ, La déesse requin, CFC, 2020, 110 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87572–049‑8

Au tra­vers du prisme du mer­veilleux, du con­te, Lison Fer­né délivre dans La déesse requin, sa pre­mière bande dess­inée, une puis­sante fable écologique, poli­tique et mil­i­tante. La fic­tion repose sur une dual­ité de mon­des aux fron­tières infran­chiss­ables par la majorité des créa­tures, celle du sec­ond du moins. Le monde d’en bas, des pro­fondeurs est celui des dieux de la mer, des êtres méta­mor­phiques qui peu­vent chang­er d’apparence, pass­er d’une anatomie recou­verte d’écailles à une anatomie humaine. Le monde d’en haut, peu­plé par les humains, ignore tout de l’Autre monde. Au tra­vers de Dahut, la déesse requin, fille de la grande déesse Bod­dhisat­va, Lison Fer­né nous entraîne dans un réc­it ini­ti­a­tique qui, par le biais de la magie, du féerique,  inter­roge la crise envi­ron­nemen­tale actuelle (sur­pêche, extinc­tion mas­sive des espèces ani­males, végé­tales). Le nom de l’héroïne évoque le per­son­nage de la mythologique cel­tique, Dahut, incar­nant un pou­voir spir­ituel féminin. Dans l’imaginaire foi­son­nant, syn­cré­tique de Lison Fer­né, la mytholo­gie cel­tique réap­pro­priée côtoie le boud­dhisme : les bod­hisattvas désig­nent des boud­dhas n’ayant pas encore atteint l’éveil, qui furent par­fois grands boud­dhas dans le passé et revi­en­nent enseign­er la sagesse et l’éveil dans le monde des vivants. Con­tin­uer la lec­ture

De la « pEAUésie »

Poèmes de pluie. Une propo­si­tion de Mélanie Godin, CFC et Arbre de Diane, coll. « Regard sur la ville », 2019, 18 €, ISBN : 978–2‑87572–046‑7

Il est un cliché tenace, pour­tant exact, à pro­pos de la Bel­gique : il y pleut con­stam­ment. Mélanie Godin et son équipe en auront tiré par­ti, en pro­posant de la « pEAUésie » en plein cœur de Brux­elles.

De 2017 à 2019, Mélanie Godin a imag­iné et coor­don­né des inter­ven­tions artis­tiques dans Brux­elles, à la ren­con­tre de ses habi­tants, invi­tant cha­cun à (ré)introduire de la poésie dans son quo­ti­di­en.

Des poèmes, d’ici et d’ailleurs, écrits par des poètes recon­nus ou lors d’ateliers d’écriture, ont été typographiés sur des pochoirs en car­ton et appliqués dans l’espace pub­lic, à l’aide d’une pein­ture unique­ment vis­i­ble au con­tact de l’eau. Indéce­lables jusqu’alors, les poèmes appa­rais­sent comme par magie sous l’effet de la pluie ou de jets d’eau, à même un trot­toir, sur une marche, un mur. Puis ils dis­parais­sent à nou­veau, dans l’attente d’un nou­v­el arroseur.  (Note de l’éditeur) Con­tin­uer la lec­ture