Archives par étiquette : Marc Dugardin

Où l’on rencontre un être qui marche avec les autres

Un coup de cœur du Carnet

Marc DUGARDIN, Notes sur le chantier de vivre, Rougerie & Centrifuges, 2017, 194 p., 13 €, ISBN : 978-2-9544587-9-3

dugardin notes sur le chantier de vivreMarc Dugardin est un chantier perpétuel. Un être qui marche avec les autres. En tant qu’homme, en tant que poète. Tout qui suit de près ses publications le devine : de livre en livre, se dessine une ligne souple, variée, variante. Une ligne creusant patiemment un sillon. S’appuyant sans cesse sur ce qui compte. Sur ce qui porte Marc Dugardin. L’aide à poursuivre. À concevoir une belle route. Ce sont les amitiés fortes. Les musiques qu’il écoute. Les révoltes qui grondent en lui. Les connivences avec les autres poètes, écrivains, qu’ils soient morts ou vivants. L’infaillible curiosité qui l’anime. Les questions et préoccupations qui le turlupinent, voire le passé qui le tourmente. Continuer la lecture

Où l’on assiste en direct à l’invention de l’amour

Un coup de cœur du Carnet

Marc DUGARDIN, Lettre en abyme, Rougerie, 2016, 70 p., 13 €   ISBN : 978-2-85668-390-3

dugardinUn jour, nous naissons. Sommes enfantés par nos mères. Sommes lancés dans ce monde. Pour le meilleur comme pour le pire. Chacun, chacune, s’en sort ensuite comme il ou elle peut. Certains et certaines en écrivent des livres. Juan Gelman aura été un de ces poètes. Marc Dugardin en est un autre. Sa Lettre en abyme peut être lue, entre autres choses, comme un hommage à Lettre à ma mère de Gelman, ce frère d’écriture, pour ainsi dire.

C’est que tous deux ont un « œuf à peler ». Une histoire à vider avec leurs mères mortes. Ces boules de peur et de haine. Ces êtres qui, à leurs corps défendant, auront, en même temps que la vie, « fait cadeau » à leurs fils de leurs vieilles casseroles. Vieilles peines. Vieilles marottes qui vous bouffent l’existence. Tarissent aisément les élans. Continuer la lecture

Vous avez fait votre métier de poète…

Un coup de coeur du Carnet
Mélanie GODIN

hennartCe recueil posthume paraît près de dix ans après la mort de Marcel Hennart aux éditions Rougerie. Composé de deux suites de poèmes inédits, il est préfacé par un autre auteur maison, Marc Dugardin. Dans cette précieuse petite rétrospective, Dugardin souligne avec un ton où l’on devine qu’il a bien connu l’auteur quelques éléments caractérisant la voix du poète disparu. On y apprend qu’il était passionné par l’Espagne, à l’instar de Fernand Verhesen et d’Edmond Vandercammen. La partie intitulée De jasmin et de lumière en témoigne puisqu’il s’agit d’une plongée dans l’Espagne de Federico Garcia Lorca. Sur une terre pleine de contrastes et marquée au fer rouge par la guerre civile de 1936, se mêle au sang, aux combats et aux larmes, une nature composée d’oliviers, de fenouil, de fleurs blanches, mais aussi de soleil aride et de mirages de mer : Continuer la lecture

Art de vivre en période mortifère

Marc DUGARDIN, Table simple, Rougerie, 2015, 76 p., 13 €

dugardin_tholoméDisons-le d’emblée : Marc Dugardin n’écrit pas. Marc Dugardin vit. Marc Dugardin rencontre, partage, s’interroge, s’angoisse, rêve, s’offusque, regarde, ose un mot ou deux, se fait des amis, admire, écoute, goûte, apprécie, se désespère, fait découvrir, s’adoucit. Continuer la lecture