Archives par étiquette : Marc Dugardin

Le Top 2025 de François-Xavier Lavenne

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de François-Xavier Lavenne.  Con­tin­uer la lec­ture

Écrire et lire pour qu’il y ait autre chose à vivre, sur cette terre, que le gel, le crachin, les malheurs et les dos qui se figent

Un coup de cœur du Car­net

Marc DUGARDIN, Per­son­ne dis-tu, Rougerie, 2025, 64 p., 12 €, ISBN : 978–2‑85668–427‑6

dugardin personne dis tuAvec Per­son­ne dis-tu, Marc Dugardin pour­suit son “boulot” de poète, ou la tâche qu’il s’assigne, en tout cas, en tant que poète : être un sis­mo­graphe, un enreg­istreur. Un passeur de vibra­tions, de sen­sa­tions et d’émotions. Ses poèmes vont droit au but. Ne s’embarrassant ni des faits, ni des lieux, ni des heures, ni des noms.

Dans Per­son­ne dis-tu, le pre­mier poème dit : Con­tin­uer la lec­ture

« Un oiseau décisif »

Un coup de cœur du Car­net

Marc DUGARDIN, Dans la soli­tude inachevée, Rougerie, 2023, 76 p., 13 €, ISBN : 978–2‑85668–423‑8

dugardin dans la solitude inachevéeEmprun­té au poème de Véronique Wau­ti­er (1954–2019) placé en exer­gue, le nou­veau titre de Marc Dugardin, Dans la soli­tude inachevée, s’inscrit dans la lignée de ses précé­dents recueils pub­liés aux édi­tions Rougerie. Pen­sons à Table sim­ple (2015), Let­tre en abyme (2016) et D’une douceur écorchée (2020) qui se con­stru­isent notam­ment autour du motif de l’oiseau, de l’interrogation qu’il porte en son sein. Celle-ci est tant d’une sim­plic­ité désar­mante que d’une den­sité blessante, car « ce qui tra­verse le chaos / ressem­ble à un oiseau ». Con­tin­uer la lec­ture

« Un mot main / dans la main »

Véronique WAUTIER, Ton nom main­tenant, Pré­face de Marc Dugardin, Pein­tures d’Alain Dulac, Herbe qui trem­ble, 2022, 90 p., 15 €, ISBN : 978–2‑491462–42‑0

wautier ton nom maintenant« par­fois on écrit
et les mots ne sont pas véri­fiés
ils jail­lis­sent d’une anci­enne forêt
d’une future nudité 
»

D’une sim­plic­ité désar­mante, le recueil Ton nom main­tenant de Véronique Wau­ti­er, pub­lié à titre posthume, se déploie sur un nuanci­er bleu. Du « bleu matisse » au vague à l’âme qui s’empare du lecteur dès l’exergue (deux sub­limes vers séléniens de Wau­ti­er), le recueil tient du champ chro­ma­tique et séman­tique de cette couleur qui rap­pelle celle du ciel (« cette immense page bleue ») ou de la mer, avec sa longueur d’onde voilée. Con­tin­uer la lec­ture

Des mots qui déjouent

Marc DUGARDIN, Antoine DUGARDIN, Psaume, pas­sant, Chat polaire, 2022, 82 p., 12 €, ISBN : 978–2‑931028–19‑3

dugardin psaume passant 2Marc Dugardin, avec la com­plic­ité de son fils à la pho­togra­phie – Antoine Dugardin – ouvre une fenêtre sur l’activité d’écriture par l’intermédiaire d’un Psaume, pas­sant pub­lié aux édi­tions du Chat polaire. Ouvrage étrange qui se veut prière, Psaume, pas­sant ne s’adresse pour­tant à aucun dieu, comme un appel lancé dans un vide méta­physique. Emprun­tant sa mélodie à la poésie et la nar­ra­tion d’un « je » vivant, pen­sant, écrivant au genre du réc­it, Marc Dugardin per­met ici « l’irruption du monde dans le corps du texte ». Con­tin­uer la lec­ture

Nicolas Grégoire : « vie malgré lui »

Nico­las GRÉGOIRE, Désas­tre ravalé / ravaler désas­tre, dessins de Pauline Emond, Æncrages & Co, coll. « Ecri(peind)re », 2022, 21 €, ISBN : 978–2‑35439–110‑2

« une de mes colères brusques
j’ai écrit d’abord père à la place du mot colère
 »

gregoire desastre ravale ravaler desastreD’une implaca­ble dureté, le recueil Désas­tre ravalé / ravaler désas­tre de Nico­las Gré­goire creuse le mou­ve­ment de « relire, redire, encore ». Pour ten­ter d’affronter un effon­drement, pour ten­ter d’élucider un désas­tre sur lequel se cogne tant le réel que le tra­vail de la parole.

Le nœud coulant de cet effon­drement, son noy­au, n’est autre que la rela­tion vio­lente à un père alcoolique et l’insoutenable dif­fi­culté de « dire autre chose de soi-même » qui ne soit irrémé­di­a­ble­ment apposé du sceau de ce désas­tre, de dire quelque chose qui ne soit pas sans cesse ramené à cet épi­cen­tre. Par­mi les débris du soi et d’une rela­tion qui s’est ain­si dél­itée dès le départ, qui tel un verre s’est éclatée en mille morceaux sans pou­voir être con­tenue, on con­state en effet que le désas­tre « a eu lieu », comme l’écrit Marc Dugardin dans la pré­face à ce recueil, a été « avalé, donc, une pre­mière fois, le désas­tre. Puis ravalé, des tas de fois ». La pen­sée et les mots sont ain­si pris au piège d’une cir­cu­lar­ité inten­able que le tra­vail de l’écriture, buté et obstiné, tente de bris­er. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Charline Lambert

Chaque jour, Le Car­net et les Instants revis­ite l’an­née lit­téraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujour­d’hui : la sélec­tion de Char­line Lam­bert. Con­tin­uer la lec­ture

Les prix littéraires de la Fédération Wallonie-Bruxelles

La remise des prix lit­téraires était virtuelle en 2020

Ce mar­di 1er décem­bre, la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles a remis ses dif­férents prix lit­téraires. Virtuelle, la céré­monie s’est tenue en présence de Béné­dicte Linard, Min­istre de la Cul­ture. 

Con­tin­uer la lec­ture

Et du dépl(o)iement

Un coup de cœur du Car­net

Marc DUGARDIN, D’une douceur écorchée. Jan­vi­er 2016 — Décem­bre 2018, suivi d’une approche par Vin­cent Tholomé, Rougerie, 2020, 13 €, ISBN : 978–2‑85668–408‑5

[…]
par où com­mencer
n’est pas
une ques­tion d’oiseau

Par où com­mencer, par quel bout pren­dre notre exis­tence, com­ment com­pos­er avec notre « mémoire d’être né », avec quel silence con­juguer notre parole, com­ment faire entr­er notre grande soif de vivre dans notre étroit gosier, où « […] c’est la honte qu’ils ont enfon­cée »? Ces ques­tions émer­gent sans doute à la lec­ture du recueil D’une douceur écorchée de Marc Dugardin (Édi­tions Rougerie). Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on rencontre un être qui marche avec les autres

Un coup de cœur du Carnet

Marc DUGARDIN, Notes sur le chantier de vivre, Rougerie & Cen­trifuges, 2017, 194 p., 13 €, ISBN : 978–2‑9544587–9‑3

dugardin notes sur le chantier de vivreMarc Dugardin est un chantier per­pétuel. Un être qui marche avec les autres. En tant qu’homme, en tant que poète. Tout qui suit de près ses pub­li­ca­tions le devine : de livre en livre, se des­sine une ligne sou­ple, var­iée, vari­ante. Une ligne creu­sant patiem­ment un sil­lon. S’ap­puyant sans cesse sur ce qui compte. Sur ce qui porte Marc Dugardin. L’aide à pour­suiv­re. À con­cevoir une belle route. Ce sont les ami­tiés fortes. Les musiques qu’il écoute. Les révoltes qui gron­dent en lui. Les con­nivences avec les autres poètes, écrivains, qu’ils soient morts ou vivants. L’in­fail­li­ble curiosité qui l’anime. Les ques­tions et préoc­cu­pa­tions qui le turlupinent, voire le passé qui le tour­mente. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on assiste en direct à l’invention de l’amour

Un coup de cœur du Carnet

Marc DUGARDIN, Let­tre en abyme, Rougerie, 2016, 70 p., 13 €   ISBN : 978–2‑85668–390‑3

dugardinUn jour, nous nais­sons. Sommes enfan­tés par nos mères. Sommes lancés dans ce monde. Pour le meilleur comme pour le pire. Cha­cun, cha­cune, s’en sort ensuite comme il ou elle peut. Cer­tains et cer­taines en écrivent des livres. Juan Gel­man aura été un de ces poètes. Marc Dugardin en est un autre. Sa Let­tre en abyme peut être lue, entre autres choses, comme un hom­mage à Let­tre à ma mère de Gel­man, ce frère d’écri­t­ure, pour ain­si dire.

C’est que tous deux ont un « œuf à pel­er ». Une his­toire à vider avec leurs mères mortes. Ces boules de peur et de haine. Ces êtres qui, à leurs corps défen­dant, auront, en même temps que la vie, « fait cadeau » à leurs fils de leurs vieilles casseroles. Vieilles peines. Vieilles marottes qui vous bouf­fent l’ex­is­tence. Taris­sent aisé­ment les élans. Con­tin­uer la lec­ture

Vous avez fait votre métier de poète…

Un coup de coeur du Carnet
Mélanie GODIN

hennartCe recueil posthume paraît près de dix ans après la mort de Mar­cel Hen­nart aux édi­tions Rougerie. Com­posé de deux suites de poèmes inédits, il est pré­facé par un autre auteur mai­son, Marc Dugardin. Dans cette pré­cieuse petite rétro­spec­tive, Dugardin souligne avec un ton où l’on devine qu’il a bien con­nu l’auteur quelques élé­ments car­ac­térisant la voix du poète dis­paru. On y apprend qu’il était pas­sion­né par l’Espagne, à l’instar de Fer­nand Ver­he­sen et d’Edmond Van­der­cam­men. La par­tie inti­t­ulée De jas­min et de lumière en témoigne puisqu’il s’agit d’une plongée dans l’Espagne de Fed­eri­co Gar­cia Lor­ca. Sur une terre pleine de con­trastes et mar­quée au fer rouge par la guerre civile de 1936, se mêle au sang, aux com­bats et aux larmes, une nature com­posée d’oliviers, de fenouil, de fleurs blanch­es, mais aus­si de soleil aride et de mirages de mer : Con­tin­uer la lec­ture

Art de vivre en période mortifère

Marc DUGARDIN, Table sim­ple, Rougerie, 2015, 76 p., 13 €

dugardin_tholoméDis­ons-le d’emblée : Marc Dugardin n’écrit pas. Marc Dugardin vit. Marc Dugardin ren­con­tre, partage, s’in­ter­roge, s’an­goisse, rêve, s’of­fusque, regarde, ose un mot ou deux, se fait des amis, admire, écoute, goûte, appré­cie, se dés­espère, fait décou­vrir, s’adoucit. Con­tin­uer la lec­ture