Archives par étiquette : Antoine Boute

Le Top 2025 de Louise Van Brabant

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Louise Van Bra­bant.
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Où l’auteur produit, à tour de bras, une littérature splendidement utile et inutile

Un coup de cœur du Car­net

Antoine BOUTE, Siestes Pilotes, Back­land, 2025, 98 p., 17 €, ISBN : 9782959402753

boute siestes pilotesJ’ouvre Siestes pilotes et, d’emblée, deux évi­dences : 1) j’aime ce livre et, 2), j’aimerais que, là, à l’instant, Antoine Boute se matéri­alise devant moi et me lise des extraits de Siestes pilotes, réin­ven­tant, pour mes yeux, et surtout mes oreilles, son écrit, dans une lec­ture per­for­mance inou­bli­able et drôle.

Parce qu’Antoine Boute est un maitre. Un expert en écholalies et glos­so­lalies. Prenant grand soin de ne jamais nous per­dre. Prenant grand soin à nous tenir en haleine. C’est que, l’air de rien, la langue mon­strueuse et les façons de faire d’Antoine Boute tien­nent autant du jeu, de la blague, du plaisir qu’il y a à écrire, à laiss­er la langue et les jeux avec les mots dicter le réc­it, les his­toires mul­ti­ples à pleur­er de rire rap­portées dans le livre qu’à l’art du réc­it et de la racon­touze. Comme si la langue — et les jeux qu’elle per­met — créait elle-même, en per­son­ne, le texte que nous sommes en train de lire. Comme si la langue en était l’auteur ou l’autrice. Antoine Boute n’étant que l’instrument de la langue. Son bic ou son écran infor­ma­tique. La langue pas­sant à tra­vers le corps d’Antoine Boute pour enfin s’incarner. Pren­dre corps devant nous. Con­tin­uer la lec­ture

Antoine Boute. L’écriture comme cheval de Troie

Antoine BOUTE, On peut boire la tran­spi­ra­tion d’un cheval, Les petits matins, 2021, 128 p., 15 €, ISBN : 9782363833198

boute on peut boire la transpiration d'un chevalCracheur de feu sonore, activiste expéri­men­tal, écrivain, per­formeur, philosophe bio­hard­core, pro­fesseur aux Écoles supérieures des Arts ERG et Saint-Luc à Brux­elles, Antoine Boute explore, depuis Ter­rass­es, Les morts rigo­los, S’enfonçant, spéculer, Inspec­tant, reculer, Manuel de civil­ité bio­hard­core, Apnée, Prompt…, des formes textuelle­ment mod­i­fiées. Affec­tion­nant les écri­t­ures plurielles, la créa­tion col­lec­tive (avec Vin­cent et Lucas Boute, Stéphane de Groef, Adrien Her­da, Chloé Schuiten, Clé­ment Thiry, Jeanne Pru­vot-Simon­neaux…), il livre avec On peut boire la tran­spi­ra­tion d’un cheval une par­ti­tion chorale rock. Con­tin­uer la lec­ture

Les prix littéraires de la FWB : les vidéos

La Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles a remis ses prix lit­téraires ce 8 novem­bre. C’est désor­mais une tra­di­tion : des cap­sules vidéos présen­tent les lauréat.e.s dans les dif­férentes caté­gories. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Samia Hammami

Chaque jour, Le Car­net et les Instants revis­ite l’an­née lit­téraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujour­d’hui : la sélec­tion de Samia Ham­ma­mi. Con­tin­uer la lec­ture

Antoine Boute. Propagation de l’insurrection biohardcore

Un coup de cœur du Car­net

Antoine BOUTE, Stéphane DE GROEF, Adrien HERDA, Manuel de civil­ité bio­hard­core, Tusi­ta­la et FRMK, 2020, 64 p., 24 €, ISBN : 979–10-92159–21‑9

boute de groff herda manuel de civilité biohardcoreInven­tant des agence­ments esthéti­co-poli­tiques qui font vol­er en éclats la lit­téra­ture en bat­terie, boutu­rant le texte et l’image jusqu’à pro­duire une économie du signe qui excède le plan de l’économie, Manuel de civil­ité bio­hard­core libère une anti-péd­a­gogie de l’ensauvagement qui plante des fleurs, des champs d’orties sur le chaos. Co-édité par l’éditeur FRMK (dont nous salu­ons encore une fois la fab­uleuse ligne édi­to­ri­ale, inven­tive, poé­tique et incen­di­aire) et par Tusi­ta­la, l’ouvrage trans-graphique inouï con­coc­té  par Antoine Boute, Stéphane de Groef et Adrien Her­da lance une machine de guerre con­tre un monde avachi dans l’apocalypse high tech. Con­tin­uer la lec­ture

L’expérience poétique

COLLECTIF, La décou­verte de la poésie. De ont­dekking van de poëzie, Midis de la poésie & L’Arbre à paroles, coll. « Poésie », 2019, 38 p., 8 €

À l’initiative de Pas­sa Por­ta, du Poëziecen­trum et des Midis de la Poésie, huit poètes belges, qua­tre fran­coph­o­nes, qua­tre néer­lan­do­phones, inter­ro­gent sous la forme poé­tique leur décou­verte, leur entrée en poésie, les liens qu’ils tis­sent avec elle. Face à la ques­tion « com­ment devient-on poète ? », cer­tains met­tent à nu l’épreuve sub­jec­tive de leur ren­con­tre avec la muse poé­tique tan­dis que d’autres pla­cent la poésie en amont, comme une voix qui, depuis tou­jours, appelle ses pos­si­bles hôtes. Ren­con­tre acci­den­telle ou, au con­traire, des­ti­nale et élec­tive ? Ren­con­tre physique, avec des mots char­nels ou com­pagnon­nage d’ordre con­ceptuel ? Con­tin­uer la lec­ture

Dispositif littéraire zadiste

Un coup de cœur du Carnet

Antoine BOUTE, Chloé SCHUITEN, Clé­ment THIRY et Jeanne PRUVOT SIMONNEAUX, Apnée, ONLiT, 2018, 191 p., 18 € / ePub : 9.49 €, ISBN : 978–2‑87560 096–7

boute apnee.pngDans la foulée de S’enfonçant, spéculer, d’Inspec­tant, reculer (ONLiT), l’écrivain, per­former, musi­cien Antoine Boute pro­duit, en col­lab­o­ra­tion avec Chloé Schuiten, Clé­ment Thiry et Jeanne Pru­vot Simon­neaux, Apnée, un objet textuel non iden­ti­fi­able qui délivre une sou­veraine expéri­ence sen­sorielle et con­ceptuelle. Tra­ver­sée des états d’une lit­téra­ture mod­i­fiée, Apnée se déroule comme un réc­it/an­ti-réc­it qui spécule pour une sor­tie de la fic­tion usuelle, pour un réc­it haret, un agence­ment féral com­posé de dessins et d’une écri­t­ure en tran­shu­mance. « Ceci n’est pas un roman » nous dit ce roman qui n’en est pas un, qui se lit pho­toélec­trique­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Le top 3 d’Éric Clémens

La suite de notre rétro­spec­tive de l’an­née. Aujour­d’hui : le choix d’Éric Clé­mens.

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Hardcore, verbe, défoncés

Antoine BOUTE, Opéra­tions bio­hard­cores, Les petits matins, coll. « Les grands soirs », 2017, 144 p., 12 €, ISBN : 978–2‑36383–238‑2

boute operations biohardcores.pngTu as 39 ans. Tu es auteurper­former, tu aimes ça, les mots à bal­ancer sur la sur­face des choses, et à la face des gens, depuis quelques mois sur Face­book tu annonces des per­for­mances d’un genre hard­core, mais bio, c’est-à-dire vivant, dans la forêt, dans les étangs, dans les ter­rains vagues où tu nous con­vies à divaguer, ça a l’air fun, on ne sait pas très bien ce qui va avoir lieu, tu sors un livre inti­t­ulé Opéra­tions bio­hard­cores, on le lit, sur la cou­ver­ture il y a ton nom: Antoine Boute, ok Antoine, on te lit et puis on se met à écrire comme toi à la deux­ième per­son­ne du sin­guli­er, parce qu’en fait ton bouquin c’est un truc de chaman qui fait que le rythme reste dans la tête qui fait qu’on est porté par lui, genre con­t­a­m­iné, comme si en fait on allait se cou­vrir de feuilles rouges et jaunes en début de putré­fac­tion dans une posi­tion qui offre le plus de con­tact pos­si­ble avec la terre, ce qui n’est pas le plus pra­tique pour écrire un arti­cle qui par­le de ton livre mais qui a le mérite de coller au pro­pos, la tête pleine de ton verbe on com­mence donc par dire que tu t’ap­pelles Antoine Boute et que tu viens de pub­li­er aux Petits matins à Paris un objet sin­guli­er comme toi qui es un peu un ovni et en même temps un type qui écrit.


Lire aus­si : Antoine, boute en train pornolet­triste


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Où l’on plonge avec délice dans un livre de grand sauvage

Un coup de coeur du Carnet

Antoine BOUTE, Inspec­tant, reculer, ONLIT, 2016, 272 p., 18 €, ePub : 8.99 €   ISBN : 978–2‑87560–080‑6

─ Ah Fred­do ça va être démen­tiel notre mariage !
─ Putain de bor­del de merde oui ma chérie (…) Se mari­er c’est punk, il nous faut un mariage punk ! Ça fait : on y croit, on croit en la société humaine, on croit en ses règles, ses us et cou­tumes, on fait sem­blant d’y croire, c’est rigo­lo (…) Le meilleur plan pour que ce soit destroy.

boutePour sûr : Inspec­tant, reculer est ce de genre de livres qui aura bien des détracteurs. C’est qu’An­toine Boute n’a jamais fait dans la den­telle pas­tel impres­sion­niste. Son dernier opus en date ne déroge pas à la règle. Cer­tains, cer­taines, pour­raient voir dans l’usage « cool » et mar­rant d’un vocab­u­laire, dis­ons, « choisi », voire « bran­chouille », une atti­tude un brin racoleuse. Les mêmes pour­raient se dire que, décidé­ment, les scènes provoc’, out­ran­cière­ment rigolotes et trash qui, comme d’hab, émail­lent le réc­it du sieur Boute, dans le fond, ça n’est rien d’autre qu’une manière de pos­er. D’en­doss­er les habits de « celui à qui on ne la fait pas », « celui qui écrit et qui aime ça parce que c’est rigo­lo d’écrire et d’in­ven­ter des blagues alors autant rire et faire rire plutôt que faire de cette affaire une chose sérieuse à tir­er des tronch­es tristes jusque par terre ». Con­tin­uer la lec­ture

Joyeux chaos

Séverine RADOUX

boute_radouxLe réc­it s’ouvre sur un por­trait laconique du héros. « Fred­do est un drôle. Il élève des ser­pents dans sa cave, il marche cour­bé, il mange des orties. Ce type, quand on le voit, on se dit : ʺCelui-là, il doit sûre­ment lui arriv­er des aventures.ʺ Et c’est vrai. » D’entrée de jeu, le ton est don­né. Notre héros se promène dans la forêt à côté de laque­lle il habite avec son chien, Jean-Jacques, et cherche une idée de roman qui le ren­dra riche. Il veut écrire « une saloperie de polar com­plète­ment dégénéré […] pour son­der l’âme humaine, utilis­er toutes les saloperies qui y traî­nent pour tout purg­er ». Con­tin­uer la lec­ture