Archives par étiquette : voyage

L’amitié en guise d’Europe

Eric PAUWELS, Quand j’étais petit, les cos­mo­nautes vivaient aus­si longtemps que les chênes, Motifs, 2016, 277 p.

pauwelsUn homme, dont on devine le grand âge, entre­prend un périple d’Anvers à Venise en train. Il a parsemé le par­cours d’étapes ami­cales au cours desquelles il pren­dra le temps des retrou­vailles avant de con­tin­uer sa route. De ce pèleri­nage, on aura vite com­pris que l’effet recher­ché est de savour­er l’instant présent. Le voyageur scrute les paysages qui défi­lent et cueille les images furtives quoi s’offrent à lui. Il en est de même des êtres qu’il croise et sa disponi­bil­ité lui vaut une belle galerie de ren­con­tres éphémères mais tou­jours placées sous le signe de l’étonnement posi­tif. Con­tin­uer la lec­ture

Terminus ! Tout le monde descend !

Gio­van­ni LENTINI, J’irai plus loin, Cerisi­er, coll. « Faits et gestes », 2015, 128 p., 11€

lentiniIl est des vies qui ressem­blent à des voy­ages fer­rovi­aires, avec leurs horaires fix­es, leurs itinéraires bal­isés, leurs cor­re­spon­dances définies. Claire Collin, quar­ante ans, mar­iée, deux enfants, mène une exis­tence toute tracée, sur les rails par­al­lèles de son activ­ité pro­fes­sion­nelle et des tâch­es domes­tiques : Con­tin­uer la lec­ture

Pourquoi voyage-t-on?

Daniel LAROCHE

roelensSous le titre Éloge du dépayse­ment, Nathalie Roe­lens, pro­fesseur à l’u­ni­ver­sité du Lux­em­bourg, nous livre un essai fouil­lé sur les réc­its de voy­age, de Mon­taigne à Gracq en pas­sant par Stend­hal, aux­quels elle oppose le con­tem­po­rain tourisme de con­som­ma­tion – non sans con­clure curieuse­ment sur une apolo­gie de la marche flâneuse…  Un moment essen­tiel dans cet his­torique : le « Grand Tour » que, leurs études ter­minées, les fils de rich­es familles anglais­es effec­tu­aient au 18e siè­cle dans les prin­ci­pales villes du con­ti­nent, prin­ci­pale­ment en France et en Ital­ie, en vue d’élargir leurs hori­zons géo­graphiques, poli­tiques, artis­tiques et humains. Néan­moins, ce sont bien des écrivains qui, met­tant en livres péripéties et impres­sions, ont don­né à cette expéri­ence longtemps éli­taire une véri­ta­ble épais­seur sym­bol­ique : « le voy­age resé­man­tise les choses, les rend inédites et donc per­tur­bantes à force d’in­tro­duire l’in­so­lite dans le prévis­i­ble » (p. 75). N. Roe­lens exam­ine suc­ces­sive­ment quelques lignes de faîte de ce genre lit­téraire apparem­ment mineur, en com­mençant par l’inévitable intri­ca­tion entre réel et fic­tion. Elle dégage ain­si une thèse qui devient peu à peu le fil con­duc­teur de son essai : l’équa­tion entre le voy­age physique et la lec­ture, qui est une éva­sion men­tale. Con­tin­uer la lec­ture

Lune de miel à trois

Véronique SELS, Voy­age de noces avec ma mère, Paris, Cal­mann-Lévy, 2015, 208 p., 16,50 €/ePub : 11,99 €

sels_ghysenVoy­age de noces avec ma mère. Le titre sur­prend, intrigue, sug­gère une comédie pétil­lante d’ironie et de rires — un peu jaunes, peut-être. Con­tin­uer la lec­ture

Daniel Charneux, Une semaine de vacance

Vertige du vide

Daniel CHARNEUXUne semaine de vacance, Luc Pire, 2001
Mise à jour 27/05/2024 : une réédi­tion du roman parait le 6 juin 2024 aux édi­tions MEO : Daniel CHARNEUXUne semaine de vacance, MEO, 2024, 16 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 9782807004498

charneux une semaine de vacance luc pire charneux une semaine de vacanceUne semaine de vacance de Daniel Charneux com­mence comme un roman min­i­mal­iste : l’ab­sence de « s » au mot « vacance » est jus­ti­fiée par le fait que le nar­ra­teur, Jean-Pierre Jou­ve, veut s’en­nuy­er pen­dant ses con­gés : il aspire au vide. Il décide alors de s’of­frir une semaine de ran­don­née dans un départe­ment choisi en jouant aux fléchettes sur une carte de France : la Creuse, dont le nom tombe à pic. Il prévoit son itinéraire à l’a­vance de manière à éviter tous les sites touris­tiques, puis il se met en route. Comme dans un roman min­i­mal­iste, nom­bre de petits faits sans con­séquence sont racon­tés pour eux-mêmes (alors que dans un roman tra­di­tion­nel, les détails ser­vent à l’in­trigue générale ou ont fonc­tion de pro­duire l’ef­fet de réel théorisé par Roland Barthes). Con­tin­uer la lec­ture