Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélection de Véronique Bergen. Continuer la lecture
Archives par étiquette : Louis Adran
Louis Adran. Écrire depuis les confins
Un coup de cœur du Carnet
Louis ADRAN, Tireur et tombeur, Cheyne, coll. « Verte », 2025, 80 p., 18 €, ISBN : 978–2‑84116–362‑5
Dans Tireur et tombeur, son quatrième recueil poétique publié aux Éditions Cheyne, taillé dans la splendeur de l’énigme, Louis Adran déporte le verbe dans des champs de sensations qui se soustraient à toute capture. Dans un ballet d’ombres et de lumières, dans le tremblé du dire et du silence, Louis Adran dresse des scènes furtives comme des songes, pétries de corps fondus dans des paysages, s’adonnant à des larcins, des effractions nocturnes, dans une épiphanie du hors-la-loi et de l’érotisme qui fait songer à Jean Genet. L’imaginaire ne gagne et ne délivre son unicité qu’à se doter d’une langue qui déplace la syntaxe, qui déverrouille le régime des vocables. Cette langue sous la langue qui traverse les classes de mots, qui concatène des images relevant de registres hétérogènes, le poète nous la donne à vivre, à sentir dans un climat où l’amour, le désir culminent dans des zones de mort. De ce tireur et tombeur qui galope dans les cinq parties du recueil, nous recevons la force sauvage, son art du vol dans des maisons endormies, sa présence sexuelle, son drame, la mort du frère, le reflux de la parole dans le mutisme, l’internement. Continuer la lecture
Le prix Marcel Thiry 2023 pour Louis Adran

La lauréat du prix Marcel Thiry 2023 a été annoncé ce vendredi 17 novembre. Il recevra son prix le samedi 2 décembre dans le cadre du salon littéraire “Les Fugueurs du livre”. Continuer la lecture
Venir au monde
Un coup de cœur du Carnet
Louis ADRAN, La nuit de Neauphle où naître, Cheyne, 2023, 64 p., 17 €, ISBN : 9782841163281
Placé sous le signe de l’énigme (du dire, du vivre), s’ouvrant sur une citation de Marguerite Duras (« Ça rend sauvage l’écriture. On rejoint une sauvagerie d’avant la vie »), le recueil poétique La nuit de Neauphle où naître dépose un verbe qui est de l’ordre d’un regard éminemment tactile. Le ballet d’ombres humaines que Louis Adran convoque se voit nimbé d’un flou quant aux lieux, aux époques, aux personnages, aux actions. Dans une langue qui, hors de tout mime, fait l’épreuve de sa genèse, cette suite poétique scandée en quatre parties qui rythment l’avancée de la nuit nous entraîne dans des paysages forestiers, champêtres parcourus par des êtres tendus vers l’avènement d’une naissance. Dans la splendeur étincelante de l’écriture se découpent une fuite vers Neauphle, la rencontre de femmes, accoucheuses de « l’être nouveau », l’attente dans la nuit de l’été d’un événement qui rend le naître à lui-même. Continuer la lecture
Frères de silence
Un coup de cœur du Carnet
Alexandre VALASSIDIS, Au moins nous aurons vu la nuit, Gallimard, coll. « Scribes », 2022, 112 p., 15,50 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑07–299536‑1
Nous sommes dans une banlieue indéfinie, dans l’ombre de tours de béton, et la vie s’écoule sans que l’on puisse penser qu’il fera meilleur demain. Le narrateur, qui ne livre pas son nom, nous parle de Dylan, dont il était si proche et qui a disparu au creux de la nuit. Il nous dit leur univers commun, celui qu’ils trouvent en lisière de la cité, là où on peut respirer une fois passée la voie ferrée. Entre eux, peu de mots, au mieux quelques regards, une forme de complicité tacite qui ne dit pas non plus son nom.
Entre nous, ça avait tout de suite pris, si je puis dire. Dès la première fois où nos regards s’étaient croisés. J’avais ressenti quelque chose. Une sensation très forte. Sur laquelle je n’avais pas voulu mettre de mots. Pour qu’elle reste comme un cheval sauvage, cette impression. Qu’elle reste libre. Continuer la lecture
Louis Adran reçoit le prix Gauchez-Philippot
Le prix Gauchez-Philippot 2021, qui récompense un recueil poétique, couronne Louis Adran. Il a reçu son prix prix, lors d’une cérémonie organisée ce 26 juin à la Maison Losseau. Continuer la lecture
Le Top 3 de Véronique Bergen
Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélection de Véronique Bergen. Continuer la lecture
Louis Adran ou l’éblouissement fauve
Un coup de cœur du Carnet
Louis ADRAN, Nu l’été sous les fleurs précédé de Traquée comme jardin, Cheyne, coll. « Verte », 2021, 96 p., 17 €, ISBN : 978–2841163052
Après un éblouissant premier recueil poétique Cinq lèvres couchées noires, paru aux Éditions Cheyne en 2020, Louis Adran nous plonge dans l’incandescence fauve d’un deuxième recueil, Nu l’été sous les fleurs précédé de Traquée comme jardin.
Qu’est-ce que la syntaxe ? Comment épouse-t-elle une autre langue après avoir consommé le divorce avec la langue officielle ? L’économie poétique de Louis Adran est celle d’un écrire qui rompt avec le dire. L’écrire surgit dans l’après-désastre, dans l’après-temps perdu et revient sur ce passé. Poussant plus avant le mouvement d’effacement, le poète inscrit dans le verbe même le frôlement d’aile du non-écrire, l’interruption de la lettre. Sa langue porte trace des guerres qu’on a menées contre elle, contre des populations, contre des corps, contre des paysages. Continuer la lecture
Le Top 3 de Véronique Bergen
Chaque jour, Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélection de Véronique Bergen. Continuer la lecture
Louis Adran ou les sortilèges d’une nouvelle voix poétique
Un coup de cœur du Carnet
Louis ADRAN, Cinq lèvres couchées noires, Cheyne, coll. « Grands fonds », 2020, 80 p., 17 €, ISBN : 978–2‑84116–281‑9
Rarement les sortilèges du verbe se font sentir avec une telle fulgurance, une telle intensité à l’occasion d’un premier recueil. Premier ouvrage publié par Louis Adran né en 1984 à Beyrouth, le recueil poétique Cinq lèvres couchées noires délivre une sidérante puissance. Entre récit placé sous le signe du mystère et magie d’une langue réinventant ses lois, le recueil campe l’errance d’un groupe de soldats jetés sur les routes des villes, des campagnes, d’une guerre dont l’auteur tait la teneur. Continuer la lecture
