Archives par étiquette : spiritualité

Voie de la parole et pensée indienne

Un coup de cœur du Car­net

San­drine WILLEMS, La parole comme voie spir­ituelle. Dia­logue avec l’Inde, Seuil, 2023, 200 p., 19,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782021493276

willems la parole comme voie spirituelle dialogue avec l'indeDans son dernier essai, l’écrivaine, philosophe, psy­ch­an­a­lyste et réal­isatrice San­drine Willems nous invite à un décen­trement, nous pro­pose un voy­age men­tal, esthé­tique et con­ceptuel loin de l’anthropocentrisme qui a façon­né l’Occident. S’ils se voient remis en ques­tion de nos jours, de l’intérieur de nos sociétés, l’anthropocentrisme de l’Occident et son pri­mat de l’humain ont eu une inci­dence sur notre per­cep­tion de la parole réduite à la sphère humaine, con­fisquée par cette dernière. L’ouverture de l’esprit aux dimen­sions qui échap­pent à la rai­son se fait sœur d’une expéri­ence de la spir­i­tu­al­ité qui, afin de ne rester murée dans l’indicible, doit se met­tre en quête d’un lan­gage, plus exacte­ment d’une parole qui puisse en ren­dre compte. Éblouis­sant essai sur les divers­es visions de la parole, sur sa nature, son orig­ine, son statut, ses effets, réflex­ions sur les puis­sances, les ressources, les mys­tères qu’elle détient, La parole comme voie spir­ituelle. Dia­logue avec l’Inde nous con­vie à une ren­con­tre avec l’Inde anci­enne. Con­tin­uer la lec­ture

Puissances de la lettre

Sophie FAVENNEC-BUYSE, Amour et kab­bale, MaestrÖm, 2019, 204 p., €, 15 €, ISBN : 978–2‑87505–344‑2

Que le monde, sa créa­tion, son sens, sa richesse reposent sur les puis­sances de la let­tre, Amour et kab­bale le traduit en réc­it dans le mou­ve­ment où il le met en œuvre. Dans ce roman bruis­sant de sor­tilèges, qui explore les liens entre énergie de l’amour et esprit de la kab­bale, la roman­cière (auteure de La graphomane, L’organiste, Autop­sy, Con­fi­dences de l’olivier, pub­liés sous le nom de Sophie Buyse), psy­cho­logue, sex­o­logue Sophie Faven­nec-Buyse tisse un réc­it ini­ti­a­tique qui trans­forme le lecteur. Au tra­vers du cou­ple d’amants for­mé par Léa, l’archéologue biblique, et Simon, l’astrophysicien kab­bal­iste, la fic­tion accom­plit ce qu’elle narre : l’érection d’un « pont entre la Torah et la ponc­tu­a­tion des astres », entre le vis­i­ble (de l’histoire, de la vie, de la mort) et l’invisible, entre la pra­tique de l’écriture et sa trans­mu­ta­tion ésotérique. Con­tin­uer la lec­ture

Inventer sa vie

Colette NYS-MAZURE, Cette obscure clarté, Paris, Sal­va­tor, 2015, 192 p., 19 €

Marcheuse du quo­ti­di­en, Colette Nys-Mazure, pour­suit son voy­age, tout en réflex­ions, en émer­veille­ments ou en con­stats plus douloureux. C’est du bel oxy­more cornélien « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » qu’elle s’est inspirée pour  titr­er ce nou­v­el essai bien dans la ligne des « célébra­tions » qui l’ont précédé. Si sa marche à tra­vers les jours se nour­rit de tout ce qui passe à portée de sa vision struc­turante et poé­tique, c’est aus­si, et surtout, à la lumière de la mémoire et d’un long chem­ine­ment que ce « butin » exprime sa vraie richesse. Con­tin­uer la lec­ture

Quand la patience s’impatiente, habiller la fin de vie de sur-mesure

Un coup de coeur du Carnet

Gabriel RINGLETVous me coucherez nu sur la terre nue, Paris, Albin Michel, 2015, 252 p., 17 €/ePub : 11.99 €

ringletLes édi­tions Albin Michel pub­lient un nou­veau livre de Gabriel Ringlet : Vous me coucherez nu sur la terre nue. L’accompagnement spir­ituel jusqu’à l’euthanasie.

Autant le dire d’emblée : il y a dans ces 230 pages tant de per­les et de pépites que c’est un véri­ta­ble tré­sor, un livre qui fait du bien, un livre qui aide à vivre celui qui sait qu’un jour il va mourir, sans con­naître le jour ni l’heure, … ni les con­di­tions de ce grand pas\sage.  Con­tin­uer la lec­ture

Une joie pour la vie

Éric-Emmanuel SCHMITT, La nuit de feu, Paris, Albin Michel, 2015, 188 p., 16 € / epub : 10.99 €

La Nuit de Feu par SchmittAlors âgé de vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt vit, dans le sud algérien, ce que l’on appelle com­muné­ment « l’expérience du désert ». Une expéri­ence réputée chang­er, par­fois durable­ment, le regard sur le monde et sur la vie. C’est peu dire dans le cas de Schmitt qui, par­ti fon­cière­ment athée dans le Hog­gar, en est revenu croy­ant con­va­in­cu. (Sans toute­fois – Dieu mer­ci ? – chercher à affubler d’une iden­tité par­ti­c­ulière la force divine qu’il dit l’avoir emporté et mar­qué à jamais de son empreinte). C’est cette « nuit de feu » qui lui a inspiré le titre de son livre, en référence à l’illumination vécue par Pas­cal et à ces mots brûlants inscrits dans la dou­blure de veste du « Mon­sieur de Port-Roy­al ». Mais pourquoi Éric-Emmanuel Schmitt, auteur de quan­tité d’ouvrages, a‑t-il atten­du vingt-cinq ans avant de se décider à ren­dre publique cette expéri­ence d’une nature par ailleurs pro­fondé­ment intime et, comme il le sug­gère, proche de l’indicible ? Il s’en explique en évo­quant sa ren­con­tre avec une jour­nal­iste protes­tante très éton­née que l’auteur d’une œuvre sou­vent mar­quée par la tragédie humaine puisse man­i­fester au quo­ti­di­en une telle équa­nim­ité et un tel amour de la vie. D’où la réponse dans ce livre où le vécu sin­guli­er de l’homme éclaire aus­si l’œuvre de l’écrivain. Mais que s’était-il passé il y a un quart de siè­cle ?

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