Archives par étiquette : Berlin

Enquête sur un double et sur soi-même

San­dra DE VIVIES, La femme du lac, Cam­bourakis, 2025, 144 p., 18 €, ISBN : 978–2‑36624–967‑5

de vivies la femme du lacLa femme du lac est le pre­mier roman de San­dra de Vivies, une autrice ambitieuse, n’ayant pas froid aux yeux. L’histoire en est sim­ple : une nar­ra­trice acquiert à Berlin, pour 12 €, une boîte de négat­ifs pho­tos datant des années 1960–1970. Puis tout part à la dérive, tant au niveau nar­ratif qu’au niveau de la langue, San­dra de Vivies nous invi­tant à une plongée sen­si­ble et his­torique hors-norme. La nar­ra­trice, mal­gré la dif­férence d’âge et d’époque, s’identifiant à cette femme du lac qui appa­rait ici et là dans les pho­tos. La nar­ra­trice ne pou­vant s’empêcher de voir dans cette femme du lac un dou­ble d’elle-même. Con­tin­uer la lec­ture

Tout a changé à Berlin

Claire OLIRENCIA DEVILLELa nuit Berlin, Dou­ble ponc­tu­a­tion, coll. « Guillemets », 2024, 148 p., 18 €, ISBN : 978–2‑490855–62‑9

olirencia deville la nuit berlinEn quelques décen­nies, tout a changé à Berlin. En une nuit, tout a changé aus­si pour la nar­ra­trice de ce pre­mier roman de Claire Oliren­cia Dev­ille, Française instal­lée à Brux­elles. L’amour est une chose étrange. L’amour rend le monde intem­porel. Plus encore dans le Berlin artis­tique quand la nuit s’en empare. C’est ce cock­tail d’amour et de nuit qui va entraîn­er Nina Hell­man, appren­tie danseuse, dans une « spi­rale malé­fique ». Con­tin­uer la lec­ture

« L’erreur d’une vie. La vie d’une erreur »

Pierre MERTENS, Les éblouisse­ments, Seuil, coll. « Points », 2021, 475 p., 8,50 €, ISBN : 978–2‑7578–8509‑3

mertens les éblouissementsPour son cinquan­tième anniver­saire, la col­lec­tion “Points” pro­pose la réédi­tion de titres qui ont ponc­tué son his­toire. Le roman de Pierre Mertens, Les éblouisse­ments, y trou­ve sa place. Il s’est vu attribuer le prix Médi­cis en 1987.

Le roman met en scène le poète alle­mand Got­tfried Benn, né en 1886 et mort en 1956. Con­sid­éré comme un des écrivains majeurs de la lit­téra­ture alle­mande du 20e siè­cle, défen­dant à par­tir des années 1910 une esthé­tique expres­sion­niste, il s’est cepen­dant four­voyé briève­ment en 1936, affir­mant si pas des sym­pa­thies du moins une tolérance à l’égard du régime nazi dont il est quelque temps « com­pagnon de route ». Bien vite il revient sur cette erreur, mais il sera renié autant par les autorités que par ceux de ses pairs en lit­téra­ture qui, eux, ont choisi l’exil pour lut­ter con­tre la dic­tature nazie. Benn est donc cen­suré, voué au silence avant d’être recon­sid­éré après la Sec­onde Guerre par les jeunes écrivains de ce que l’on a appelé la généra­tion de « l’année zéro » qui redé­cou­vrent la per­ti­nence et la ful­gu­rance de son œuvre, mais le ques­tion­nent aus­si sur les raisons de son aveu­gle­ment pas­sager. Con­tin­uer la lec­ture

Résidence d’auteurs à Berlin

berlinLa Pro­mo­tion des Let­tres octroie chaque année des bours­es de rési­dence d’au­teurs au Lit­er­arisches Col­lo­qui­um Berlin.  Ces bours­es sont d’un mon­tant de 1.500 €. Con­tin­uer la lec­ture

La carte et la trace

Un coup de coeur du Carnet

Diane MEUR, La carte des Mendelssohn, Paris, Sabine Wespieser, 2015, 483 p., 25 €/ePub : 17.99 €

À chaque livre, Diane Meur sur­prend. C’est assuré­ment le cas avec ce sep­tième roman, dans lequel elle renou­velle pro­fondé­ment sa manière de faire. Comme pour les autres, il s’agit d’une his­toire de fil­i­a­tion, de des­tins qui s’étendent par-delà les généra­tions. Le point de départ du roman est ce per­son­nage d’Abraham Mendelssohn, ban­quier de son état, coincé entre deux hommes célèbres, son père Moses Mendelssohn, un des grands philosophes alle­mands, une des Lumières de la pen­sée juive, et son fils, Félix Mendelssohn Bartholdy, le musi­cien roman­tique alle­mand. À par­tir de cette fig­ure, Diane Meur explore le des­tin des mem­bres de cette famille pro­lifique qui étend ses ram­i­fi­ca­tions et ses réseaux loin en Europe.

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