Archives par étiquette : danse

Le temps des spectres

Béa­trice RENARD, Sauf quand elle danse, Mur­mure des soirs, 2025, 280 p., 22 €, ISBN : 9782931235287

renard sauf quand elle danseAprès son roman Cav­ales paru en 2021 aux mêmes édi­tions, Béa­trice Renard, his­to­ri­enne de for­ma­tion, dans son roman Sauf quand elle danse, n’hésite pas à nous faire descen­dre, avec un tal­ent romanesque con­som­mé, dans la ter­ri­ble his­toire d’un pianiste cen­te­naire, aban­don­né à sa nais­sance par sa mère Suzanne.  Celle-ci, détru­ite par le mas­sacre de sa famille lors de l’oc­cu­pa­tion enne­mie à Liège pen­dant la Pre­mière Guerre mon­di­ale, est désar­tic­ulée, lit­térale­ment jetée hors d’elle par ces temps obscurs. Pour sur­vivre, elle a choisi la danse comme façon de tenir debout, une manière de résilience pul­sion­nelle. Cet art pre­mier, cet art sacré, cet art qui engage tout entier le corps et l’e­sprit de la danseuse. Con­tin­uer la lec­ture

Tout a changé à Berlin

Claire OLIRENCIA DEVILLELa nuit Berlin, Dou­ble ponc­tu­a­tion, coll. « Guillemets », 2024, 148 p., 18 €, ISBN : 978–2‑490855–62‑9

olirencia deville la nuit berlinEn quelques décen­nies, tout a changé à Berlin. En une nuit, tout a changé aus­si pour la nar­ra­trice de ce pre­mier roman de Claire Oliren­cia Dev­ille, Française instal­lée à Brux­elles. L’amour est une chose étrange. L’amour rend le monde intem­porel. Plus encore dans le Berlin artis­tique quand la nuit s’en empare. C’est ce cock­tail d’amour et de nuit qui va entraîn­er Nina Hell­man, appren­tie danseuse, dans une « spi­rale malé­fique ». Con­tin­uer la lec­ture

Allers-retours d’une chorégraphe

Agathe DUMONT, Décli­naisons du quo­ti­di­en. Met­tre le corps au tra­vail, L’L édi­tions, 2023, 208 p., 10 €, ISBN : 978–2‑9601533–8‑5

dumont déclinaisons du quotidienL’ouvrage Décli­naisons du quo­ti­di­en, de l’autrice, danseuse et enseignante-chercheuse Agathe Dumont, décline toutes les étapes de recherch­es qui ont présidé à l’écriture de ce livre, con­sacré à la danse.

Mari­am Faquir et moi-même sommes arrivées à L’L un matin de l’hiver 2015 pour un pro­jet de recherche pra­tique et créatif sur l’entraînement des danseur-euses et leur quo­ti­di­en au tra­vail.  Con­tin­uer la lec­ture

La forza del destino

Chris­tiana MOREAU, La nuit de la tar­entelle, Press­es de la Cité, 2023, 269 p., 21 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782258204140

moreau la nuit de la tarentelleLe nou­veau roman de Chris­tiana More­au nous plonge dans un vil­lage des Pouilles où une bac­térie vir­u­lente attaque les oliviers, l’emblème du vil­lage de Salen­to. Ayant gran­di dans une pro­priété agri­cole désor­mais presque ruinée par l’abattage des arbres malades, Élisa annonce à son père qu’elle désire étudi­er le chant à l’institut de musique clas­sique de Milan afin de devenir can­ta­trice. Si l’on met de côté l’impossibilité pour ses par­ents de pay­er ses études, Élisa se voit oppos­er un refus formel à son désir : c’est qu’elle est la pre­mière de la famille à oser ten­ter un autre méti­er que celui d’agricultrice trans­mis de généra­tion en généra­tion. Con­tin­uer la lec­ture

ATDK : des nuées, des nuées d’étourneaux…

Un coup de cœur du Car­net

Anne Tere­sa DE KEERSMAEKER, Incar­n­er une abstrac­tion, Actes Sud, coll. « Le souf­fle de l’esprit », 2020, 128 p., 11 €, ISBN : 978–2‑330–13726‑7

de keersmaeker incarner une abstractionQue reste-t-il, en effet, que nous reste-t-il, lorsque le nihilisme d’une époque se déchaîne ? Je m’interdis de dire qu’il ne reste rien. La choré­graphe que je suis se doit de répon­dre : il nous reste notre corps. Notre corps nu.

Mer­veille d’intelligence et de beauté, l’ouvrage Incar­n­er une abstrac­tion, qui a fait l’objet d’une con­férence pronon­cée par la choré­graphe belge Anne Tere­sa De Keers­maek­er au Col­lège de France le 10 avril 2019, donne à lire l’alliance extra­or­di­naire d’une pen­sée et de son expres­sion. Ce petit texte donne à entrevoir les soubasse­ments théoriques, esthé­tiques et sen­si­bles qui prési­dent au tra­vail choré­graphique d’Anne Tere­sa De Keers­maek­er au sein, notam­ment, des com­pag­nies Rosas et P.A.R.T.S., qu’elle a fondées respec­tive­ment en 1983 et en 1995. Con­tin­uer la lec­ture

La danse, force de vie

Louisa de GROOT, Relève-toi et danse. Réc­it biographique de Chan­tal-Iris Mukeshi­mana, Pré­face de Colette Braeck­man, Mem­o­ry, 2020, 244 p., 18 €

L’histoire de Chan­tal-Iris Mukeshi­mana, Relève-toi et danse, s’ouvre sur les images d’une enfance heureuse, ryth­mée par les saisons, dans un vil­lage du Rwan­da,  au sein d’une famille de qua­tre enfants dont la mère est l’âme.

Pre­mière douleur : la mort de sa sœur aînée, Kak­ouzé.

Pre­mière épreuve : la soudaine paralysie de ses jambes. Polio, diag­nos­tiquent les médecins de l’hôpital de Ril­i­ma. Con­tin­uer la lec­ture

Pure coïncidence ?

Anne FRANÇOIS, Nu-tête, Névrosée, coll. « Femmes de let­tres oubliées », 2019, 130 p., 14 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 978–2‑931048–22‑1

Les Femmes de Let­tres belges exis­tent, on le sait. De tout style, de toute encre, mais aus­si de tout temps ; cela, on le sait moins. Le genre (avec toute la déli­catesse qu’impose le maniement de ce terme), en lui-même, ne suf­fit pas à con­fér­er une quel­conque valeur à une pro­duc­tion artis­tique. Certes. Mais il ne peut en aucun cas con­tribuer à lui ôter vis­i­bil­ité, recon­nais­sance ou/et légitim­ité. C’est en cela que la démarche de la nou­velle mai­son d’édition « Névrosée » s’avère essen­tielle, et juste : empêch­er l’éclipse d’auteures tenues dans l’ombre, par le biais de réédi­tions de textes impor­tants. Par­mi ces éner­gies scrip­turales mul­ti­ples, divers­es, bigar­rées mis­es en avant dans la col­lec­tion « Femmes de let­tres oubliées », le Nu-tête d’Anne François est por­teur d’ondes intens­es et crues. Con­tin­uer la lec­ture

Giselle : un ballet romantique à faire découvrir aux plus jeunes

Pierre CORAN, Olivi­er DESVAUX, Giselle, Didi­er jeunesse, 2019, 45 p.+ Cd-audio, 23,80 €, ISBN :  978–2‑278–09810‑1

Pierre Coran, auteur incon­tourn­able en lit­téra­ture jeunesse, a déjà réal­isé plusieurs adap­ta­tions de textes majeurs du théâtre ou de bal­let pour la jeunesse : citons par exem­ple  l’album Roméo et Juli­ette (chez Flam­mar­i­on, avec des illus­tra­tions de Char­lotte Gas­taut) et plus récem­ment, Le lac des cygnes (chez Didi­er jeunesse), un livre-cd où le texte de Pierre Coran était déjà accom­pa­g­né des mag­nifiques pein­tures à l’huile de l’artiste français Olivi­er Desvaux. Con­tin­uer la lec­ture

Le ballet des retardataires : Lost in translation

Un coup de cœur du Car­net

Maïa ABOUELEZE, Le bal­let des retar­dataires : Tokyo, tam­bours et trem­ble­ments, Inter­valles, 2019, 152 p., 16 €, ISBN : 978–2‑36956–082

En lisant le roman Le bal­let des retar­dataires (Tokyo, tam­bours et trem­ble­ments), nous mar­chons avec Maïa Aboueleze en plein cœur de Tokyo où l’autrice s’est immergée durant plusieurs mois pour per­fec­tion­ner sa con­nais­sance du taïko, une dis­ci­pline qui la pas­sionne et qui englobe à la fois la pra­tique du tam­bour, de la danse, des arts mar­ti­aux et de la médi­ta­tion.

Bien sûr, l’exil n’est pas tou­jours chose facile pour la pro­tag­o­niste qui ne par­le pas japon­ais et dont la maîtrise de l’anglais est super­flue sur l’île.  Elle ne pos­sède pas non plus les codes de la société dans laque­lle elle évolue, même si elle sait que la dig­nité et la dis­ci­pline y sont des valeurs impor­tantes. Con­tin­uer la lec­ture

Sardane dansera

Édith HENRY, J’ai sep­tante ans et je danse la sar­dane, Coudri­er, 2019, 75 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930498–97‑3

L’anagramme de sar­dane, c’est dansera. Un cer­cle de garçons et de filles, de mèch­es, allumées par la fébril­ité des mains qui bien se tien­nent, bras ten­dus à la per­pen­dic­u­laire du corps, buste droit et jambes autonomes ; les danseurs se touchent des yeux et se mesurent sur le pavé des places publiques par petits pas syn­copés, répétés et syn­chrones jusqu’au tour­nis des­tiné. Con­tin­uer la lec­ture

La danse mène le monde ou une autre histoire de la Genèse

Un coup de cœur du Car­net

Antoine et Lau­rent DEMOULIN, Homo Saltans, Tétras Lyre, 2019, 24 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930685–38‑0

La danse mène le monde, une danse folle, insou­ciante, entêtée, une danse de vic­toire et de jouis­sance. Les hommes sont les écraseurs métronomiques du sol et c’est ain­si qu’ils ont imposé leur loi au monde. Tel est le principe de la Genèse selon Antoine et Lau­rent Demoulin.

Les let­tres sur la cou­ver­ture du livre sont trans­for­mées en totems où se mêlent le buste de Nefer­ti­ti, des stat­ues de déess­es de l’Afrique à l’Asie, des lam­pes, des tur­bines – idol­es mod­ernes. Le tout forme un H et un S au long duquel, petites sil­hou­ettes noires, les hommes mon­tent, obstinés. HS – Homo saltans –, ces let­tres éri­gent le saut en principe vital­iste qui guide l’évolution des sociétés humaines. Elles lais­sent peut-être enten­dre le terme de cette gigue fréné­tique – HS, Hors ser­vice. Con­tin­uer la lec­ture

Arabesques mammaires

Véronique SELS, La bal­ler­ine aux gros seins, Arthaud, 2018, 240p.,17 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑08–141842‑4

sels la ballerine aux gros seinsIn utero, Bar­ber­ine Blin fait déjà des choré­gra­phies. Parée d’une improb­a­ble grenouil­lère en éponge avant même le pre­mier plié, elle trou­ve au chat bien plus d’élégance qu’à ses sem­blables. Après le temps tardif de la marche, vient enfin l’accession au domaine tant fan­tas­mé de la danse. Sous l’égide de M. Simon,  arrive la dis­ci­pline dras­tique imposée au corps. Tout organ­isme soumis aux cinq posi­tions de la danse clas­sique doit en effet allonger la nuque, redress­er le dos… et de préférence,  dévelop­per a min­i­ma ses pro­tubérances mam­maires. Voilà où le bât blesse : les gènes de Bar­ber­ine lui ont don­né le sein évi­dent. Sous les étoffes, Sin­istre et Dex­tre n’ont pour­tant aucune­ment l’intention de s’en laiss­er compter par leur hôtesse appren­tie rat de l’opéra. Elle aura beau s’affamer et user de ban­dages,  les deux mamel­ons pren­dront la parole avec volup­té et occu­per­ont le ter­rain un chapitre sur deux. N’hésiteront pas à bour­geon­ner à qui mieux mieux, à se pâmer lorsque leur jeune pro­prié­taire vivra des rap­proche­ments avec l’autre sexe. Toute à sa voca­tion exigeante, Bar­ber­ine réfrène sou­vent ses pro­pres désirs quand ses roberts, eux, ne cherchent qu’à s’épanouir davan­tage. Con­tin­uer la lec­ture

Prince et princesse

Pierre CORAN, Olivi­er DESVAUX, TCHAÏKOVSKI, Le Lac des cygnes, textes dit par Nathalie Dessay, Didi­er Jeunesse, 2017, 44 p. + CD, 23,80 €, ISBN : 9782278084739

coran le lac des cygnesL’histoire de ce livre ne com­mence pas par « Il était une fois », mais par « Il y a des lunes et des lunes, dans un pays de légen­des ». Ain­si, Pierre Coran nous fait-il entr­er dans le monde des con­tes, où le jeune prince Siegfried, arrivé en âge de se mari­er, tombe folle­ment amoureux d’Odette, une mys­térieuse jeune femme vic­time d’une ter­ri­ble malé­dic­tion : pour avoir refusé d’épouser un som­bre sor­ci­er, elle a été méta­mor­phosée en cygne et ne retrou­ve son apparence humaine qu’une fois la nuit tombée. Le prince fait le ser­ment de délivr­er Odette et de l’épouser. C’est sans compter sur l’ingéniosité mal­faisante du sor­ci­er et de sa fille Odile, au plumage aus­si noir que l’âme de son père, mais en tout point sem­blable à Odette, le cygne blanc. Con­tin­uer la lec­ture

Invitation à la danse

Corinne HOEX, Tan­go, gravures de Mar­tine Souren, Esper­luète, 2016, 20 p., 8 €   ISBN : 9782359840711

hoex-tangoSavez-vous danser le tan­go?

Corinne Hoex vous y invite, dans un poème trou­blant, cerné des som­bres, intri­g­antes gravures de Mar­tine Souren, inti­t­ulé tout sim­ple­ment Tan­go.

Il faut danser, nous rap­pelle-t-elle, mais il lui manque une robe qui tienne au corps, alors que la sienne se dérobe en soieries glis­santes, en rubans sat­inés, en franges mou­vantes.

Une étrange pla­que­tte, qui nous laisse au bord d’un secret. L’art de danser le tan­go, de tout son cœur, de tout son corps, peut-être.

Francine Ghy­sen

Oser inventer l’avenir ?

Nicole VERSCHOORE, Stéphane 1956, Édi­tion Sam­sa, 2016, 204 p., 18 €   ISBN : 978–2875930637

verschooreQui est ce per­son­nage au cœur du roman de Nicole Ver­schoore, Stéphane 1956 ?

Bien­tôt dix-huit ans, élève bril­lant en dernière année d’humanités, à Gand, que ses par­ents ne doutent pas de voir s’inscrire à la fac­ulté de Droit, promis à devenir avo­cat comme son père. Une voie tracée d’avance, con­forme au cer­cle famil­ial rangé, con­ven­tion­nel, sans effu­sions ni fan­taisie. Con­tin­uer la lec­ture