Archives par étiquette : Pierre Mertens

Nos articles les plus lus en 2025

Nous pour­suiv­ons notre bilan de 2025, avec quelques sta­tis­tiques con­cer­nant l’activité sur le blog du Car­net et les Instants au cours des 12 derniers mois. Con­tin­uer la lec­ture

Grands prix d’automne : le palmarès et l’histoire

On les appelle les « grands prix lit­téraires d’automne », ces sept récom­pens­es qui vien­nent clore la péri­ode dite de ren­trée lit­téraire et con­sacrent les meilleurs romans de l’année en France. Tous les lau­réats 2025 sont désor­mais révélés – même si cer­tains d’entre eux con­nais­sent aus­si une décli­nai­son lycéenne, tou­jours en cours.

Tra­di­tion­nelle­ment, les lec­tri­ces et lecteurs belges fran­coph­o­nes sont très atten­tifs à l’actualité lit­téraire française et les prix pas­sion­nent donc autant ici qu’au-delà de la fron­tière. Cette année toute­fois, les raisons de s’intéresser à ces récom­pens­es étaient aus­si plus directe­ment chau­vines : Car­o­line Lamarche et son dernier livre Le bel obscur sont restés en lice jusqu’au bout pour le prix Goncourt, échouant in fine à la deux­ième place, tan­dis que le prix était finale­ment attribué à Lau­rent Mau­vi­g­nier.

Bref retour sur les récip­i­endaires de cette année et sur quelques lau­réates et lau­réats belges. Con­tin­uer la lec­ture

Des élections à l’Académie

le palais des académies

Le palais des Académies © Arllfb

L’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique (Arllfb) a élu les suc­cesseurs de Michel del Castil­lo et de Pierre Mertens.  Con­tin­uer la lec­ture

Pierre Mertens est mort

pierre mertens

Pierre Mertens

Nous apprenons le décès de l’écrivain et académi­cien Pierre Mertens, né le 9 octo­bre 1939. Son dernier livre, Paysage sans Véronique, est sor­ti en librairie il y a quelques jours.  Con­tin­uer la lec­ture

Le verbe comme tombeau de vie

Un coup de cœur du Car­net

Pierre MERTENS, Paysage sans Véronique, Pré­face de Bernard Main­gain, Post­face de Pietro Piz­zu­ti, Impres­sions nou­velles, 2025, 216 p., 18 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782390701859

mertens paysage sans veroniqueIl est don­né à peu d’écrivains de créer un chef‑d’œuvre avec la mort, de ten­dre un chant qui replace une morte dans la danse de la vie. Avec son somptueux réc­it, Paysage sans Véronique, Pierre Mertens se place au-delà du thrène dédié à Véronique Pirot­ton, l’amie dis­parue dans des cir­con­stances opaques. Dans ce dia­logue avec Véronique Pirot­ton, retrou­vée sans vie dans une cham­bre d’hôtel à Ostende le 31 octo­bre 2013, dans cet hom­mage tail­lé dans une inap­pé­tence à l’endroit de la Camarde, Pierre Mertens creuse l’espace de la lit­téra­ture comme con­tre­point à la vérité judi­ci­aire. Non seule­ment afin de libér­er l’épaisseur, la com­plex­ité d’une amie qui lui était chère, afin de ren­dre pal­pa­ble le « monde Véronique » que le procès a invis­i­bil­isé, mais aus­si afin de s’interroger sur la perte incon­solable qu’il éprou­ve depuis que Véronique Pirot­ton n’est plus. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2024 de Michel Torrekens

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2024 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Michel Tor­rekens. Con­tin­uer la lec­ture

Take three de Pierre Mertens

Un coup de cœur du Car­net

Pierre MERTENS, Nécrolo­gies, Pré­face de Jean-Luc Out­ers, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2024, 136 p., 16 €, ISBN : 978–2‑8032–0081‑8 

mertens nécrologiesVir­tu­ose de la nou­velle, Pierre Mertens l’érige en ring, en espace de com­bat con­tre soi, con­tre le monde. Pré­facé par Jean-Luc Out­ers, pub­lié en 1977 par Jacques Antoine, réédité par l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, le recueil Nécrolo­gies sonde les failles, les ambiguïtés, les faux pas de per­son­nages qui s’adonnent à l’exercice du bilan. Bilan d’une vie, la leur, ou celles des autres, dans le grand art du clair-obscur d’un écrivain qui a bâti l’une des œuvres les plus ambitieuses des 20ème et 21ème siè­cles. Con­tin­uer la lec­ture

De l’écrit à l’écran : littérature et cinéma, une relation kaléidoscopique

COLLECTIF, Lit­téra­ture et ciné­ma, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2023, 200 p., 18 €, ISBN : 978–2‑803200–75‑7

collectif littérature et cinemaDe Rim­baud à Duras, de Simenon à Bour­doux­he, de Stee­man à Aymé, rares sont les écrivains qui n’ont pas entretenu un lien – étroit ou non — avec le ciné­ma. Entre adap­ta­tions, réécri­t­ures et trans­la­tions, les rela­tions de la lit­téra­ture avec le sep­tième art pren­nent des formes innom­brables et var­iées. Elles ont don­né lieu à des chefs‑d’œuvre et à des échecs, démon­trant par­fois que le « pas­sage sur un autre plan » provoque inévitable­ment « du gag­né et du per­du », comme le sig­nale François Emmanuel. « La lit­téra­ture et le ciné­ma for­ment un cou­ple, pour le meilleur… et par­fois pour le pire » rap­pelle Yves Namur en guise de préam­bule au col­loque sur la lit­téra­ture et le ciné­ma qui s’est tenu en octo­bre 2022 à l’Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique et dont les actes sont désor­mais pub­liés. Con­tin­uer la lec­ture

Gribouille en Morticolie ?

Lit­téra­ture et Médecine. Deux arts du regard. Autour de Jean-Christophe Rufin, Jean-Bap­tiste Baron­ian, Georges Casimir, Bernard Dan, François Emmanuel, Philippe Lekeuche, Pierre Mertens, Yves Namur et Ray­mond Red­ing, Académie rouyale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2023, 130 p., 15 €, ISBN : 9782803200696

litterature et medecine deux arts du regardLit­téra­ture et Médecine… L’ordre des mots adop­té dès le titre se soumet-il sim­ple­ment à celui de l’alphabet, ou bien est-ce que, fussent-elles toutes deux affublées d’une majus­cule et érigées en « arts du regard » la sec­onde reste un corol­laire de la pre­mière ? Il fal­lait tranch­er, bien sûr, et ce livre par­le davan­tage en ter­mes de « roman », « fic­tion », « auteurs », que de « patholo­gie », « traite­ment » ou « prati­cien ».

Il n’empêche : l’historiographie lit­téraire (fran­coph­o­ne mais pour tout dire, mon­di­ale) a beau regorg­er de fig­ures d’« écrivains-médecins », il serait peut-être plus juste de les qual­i­fi­er de « médecins-écrivains », puisque l’exercice de l’art d’Esculape précé­da par­fois de loin la fréquen­ta­tion des Mus­es… Prenons le cas le plus célèbre en lit­téra­ture française du XXe siè­cle, Louis-Fer­di­nand Céline. Il décou­vre sa voca­tion au Camer­oun, en 1916, en soignant vaille que vaille les pop­u­la­tions indigènes. Sa thèse de médecine, con­sacrée à un chirurgien hon­grois du siè­cle précé­dent, est con­sid­érée, à rai­son, comme son pre­mier texte lit­téraire… mais il fau­dra atten­dre les années 1926–1927 pour qu’il se mette à la rédac­tion de ce qui allait devenir Voy­age au bout de la nuit. Com­bi­en sont-ils, par­mi ses détracteurs, à regret­ter que le Doc­teur Destouch­es ait lâché son car­net d’ordonnances pour devenir le par­a­digme de l’écrivain col­labo et anti­sémite ? Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Francine Ghysen

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Francine Ghy­sen.
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Un fantastique en quête de centre

Bacary SARR, Imag­i­naire de l’insolite et prob­lé­ma­tique iden­ti­taire dans les let­tres belges fran­coph­o­nes. Un nou­veau fan­tas­tique ?, Press­es Uni­ver­si­taires de Liège, Série « Lit­téra­tures », 2021, 140 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87562–283‑9

sarr imaginaire de l'insoliteUne énième étude sur le fan­tas­tique belge ? Le sujet n’est-il pas rebat­tu ? Et des spé­cial­istes de la car­rure d’un Baron­ian ne se sont-ils pas assez exprimés sur la ques­tion pour qu’on puisse enfin con­sid­ér­er le ter­rain comme défriché, bal­isé, con­nu ? Le spé­cial­iste en com­para­tisme dans le domaine fran­coph­o­ne Bacary Sarr anticipe cette remar­que en aver­tis­sant d’emblée que son étude ne fera inter­venir nul bes­ti­aire à cornes ou à canines et ne con­vo­quera aucun esprit à coup de table tour­nante. Se démar­quant en effet du « fan­tas­tique con­ven­tion­nel », il priv­ilégie celui « qui se fonde sur une per­cep­tion intérieure par­ti­c­ulière de la réal­ité ». Con­tin­uer la lec­ture

Hommage à un grand éclaireur

COLLECTIF, Pierre Mertens ou la qua­tre-ving­taine, Tail­lis pré, coll. “Essais et témoignages”, 2021,105 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–178‑4

collectif pierre mertens ou la quatre-vingtainePierre Mertens a eu qua­tre-vingts ans le 9 octo­bre 2019. Pour fêter cette belle échéance, plusieurs de ses proches – sa sœur Cather­ine, sa fille Dominique, Agnès Triebel, Pietro Piz­zu­ti – avaient mis sur pied des retrou­vailles ami­cales et fes­tives dans un haut lieu de la bohème brux­el­loise : « La Fleur en papi­er doré ». Héros en veston fraise et chevelure blanche, assis­tance triée sur le volet, témoignages chaleureux, lec­tures d’ex­traits de Ter­reurs, des Bons offices et de Peras­ma, paus­es musi­cales, zeste de sou­venirs nos­tal­giques, buf­fet con­clusif, tous les ingré­di­ents d’une réus­site par­faite étaient au ren­dez-vous. Elle a d’ailleurs fait l’ob­jet d’une oppor­tune cap­ta­tion vidéo, due à Marc Ghy­sels : les absents peu­vent donc appréci­er l’am­biance cor­diale et con­viviale qui rég­nait ce soir-là rue des Alex­iens… Con­tin­uer la lec­ture

« L’erreur d’une vie. La vie d’une erreur »

Pierre MERTENS, Les éblouisse­ments, Seuil, coll. « Points », 2021, 475 p., 8,50 €, ISBN : 978–2‑7578–8509‑3

mertens les éblouissementsPour son cinquan­tième anniver­saire, la col­lec­tion “Points” pro­pose la réédi­tion de titres qui ont ponc­tué son his­toire. Le roman de Pierre Mertens, Les éblouisse­ments, y trou­ve sa place. Il s’est vu attribuer le prix Médi­cis en 1987.

Le roman met en scène le poète alle­mand Got­tfried Benn, né en 1886 et mort en 1956. Con­sid­éré comme un des écrivains majeurs de la lit­téra­ture alle­mande du 20e siè­cle, défen­dant à par­tir des années 1910 une esthé­tique expres­sion­niste, il s’est cepen­dant four­voyé briève­ment en 1936, affir­mant si pas des sym­pa­thies du moins une tolérance à l’égard du régime nazi dont il est quelque temps « com­pagnon de route ». Bien vite il revient sur cette erreur, mais il sera renié autant par les autorités que par ceux de ses pairs en lit­téra­ture qui, eux, ont choisi l’exil pour lut­ter con­tre la dic­tature nazie. Benn est donc cen­suré, voué au silence avant d’être recon­sid­éré après la Sec­onde Guerre par les jeunes écrivains de ce que l’on a appelé la généra­tion de « l’année zéro » qui redé­cou­vrent la per­ti­nence et la ful­gu­rance de son œuvre, mais le ques­tion­nent aus­si sur les raisons de son aveu­gle­ment pas­sager. Con­tin­uer la lec­ture

Les premiers lauréats belges des six grands prix littéraires d’automne en France

Charles Plisnier
Charles Plis­nier, pre­mier lau­réat belge du prix Goncourt

La ren­trée lit­téraire et l’ef­fer­ves­cence qu’elle entraine dans le monde du livre, trou­vent leur point d’orgue dans la remise des grands prix lit­téraires d’au­tomne : le Goncourt, le Renau­dot, le Fem­i­na, le Médi­cis, l’In­ter­al­lié et le grand prix du roman de l’A­cadémie française. Ces six prix hexag­o­naux, gages de ventes impor­tantes pour les livres primés, ont tous couron­né au moins une fois un lau­réat belge. Retour sur les six auteurs qui ont inscrit pour la pre­mière fois la lit­téra­ture belge au pal­marès de ces prix.

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Le roman, cette fable du siècle

Pierre MERTENS, Les bons offices, Seuil, coll. « Points. Sig­na­tures », 2019, 564 p., 11.40 €, ISBN : 9–782757-881699

On ne soulign­era jamais assez com­bi­en la lit­téra­ture fran­coph­o­ne de Bel­gique, lorsqu’elle est mise en valeur dans des édi­tions de pres­tige, retrou­ve la place qui lui revient, dont les effets de mode ou de répu­ta­tion, et l’absence de vraie pro­mo­tion l’éloignent trop sou­vent. Comme d’autres écrivains belges – les « référents » his­toriques, comme De Coster, Lemon­nier , Plis­nier, mais aus­si les con­tem­po­rains comme Harp­man, De Deck­er, Jones, Aygues­parse pour n’en citer que quelques-uns par­mi les romanciers et nou­vel­listes –, Pierre Mertens a pris place par­mi les « clas­siques » de la lit­téra­ture française.  À son œuvre, dont on voit aujourd’hui avec le recul des années, et au terme d’une quin­zaine de romans et recueils de nou­velles, l’importance et la cohérence, il man­quait d’entrer dans une col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale inter­na­tionale de référence. C’est chose faite doré­na­vant, au moins pour un des romans, Les bons offices, les plus sig­ni­fi­cat­ifs de la bib­li­ogra­phie merten­si­enne. Le Seuil a été par­ti­c­ulière­ment bien inspiré de l’insérer dans sa pres­tigieuse col­lec­tion de poche « Sig­na­tures ». Elle réu­nit quelques fig­ures de proue, dont les œuvres sont autant de balis­es incon­tourn­ables lorsqu’il s’agit pour la lit­téra­ture de prodiguer les indis­pens­ables instru­ments de com­préhen­sion du monde. Con­tin­uer la lec­ture

Sur la trace des non-dits

Michel JOIRET, avec la col­lab­o­ra­tion de Noëlle LANSVoy­age en pays d’écriture, Avant-dire de Pierre Mertens, M.E.O., 2017, 500 p., 25 €/ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0140‑4

joiret voyage en pays d ecriture.pngIl existe entre un livre et son auteur un espace d’exploration lit­téraire que Michel Joiret appelle en col­lab­o­ra­tion avec Noëlle Lans, « Voy­age en pays d’écriture ». Le principe en est cristallin : par­tir sur les traces des écrivains, là où ils ont com­mis leur œuvre et y décou­vrir ce que les sens de la présence sur place peu­vent offrir. C’est-à-dire les non-dits des auteurs et l’esprit des lieux d’écriture. Con­tin­uer la lec­ture