Archives par étiquette : Casterman

Une jeunesse à table et aux fourneaux

Benoît PEETERS, Aurélia AURITA, Comme un chef, Casterman, coll. « Écritures », 2018, 216 p., 18,95 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782203146754

peeters aurita comme un chef.jpgBenoît Peeters est un intellectuel de multiples talents. Écrivain, critique, biographe (Hergé, Paul Valéry, Jacques Derrida), éditeur, co-auteur des célèbres Cités Obscures avec François Schuiten, il est aussi, ce que l’on savait peut-être moins, un authentique gastronome – tant en dégustation qu’en préparation. Peut-être inspiré par Le gourmet solitaire de Jirō Taniguchi dont il est friand, il publie chez Casterman, dans la collection culte « Écritures », Comme un chef, une autobiographie culinaire sous forme de roman graphique avec, aux dessins, Aurélia Aurita, bien connue pour Fraise et chocolat, bande dessinée autofictive et érotique. Continuer la lecture

Prix des Lycées pour Max de Radiguès

de radigues batardLe festival de bande dessinée d’Angoulême décerne plusieurs prix. On se souvient que l’année dernière, Éric Lambé et Philippe de Pierpont avaient obtenu le Fauve d’or, prix le plus prestigieux du festival, pour Paysage après la bataille. Cette année encore, les Belges ne sont pas oubliés du palmarès, puisque Max de Radiguès a obtenu le Prix des Lycéens pour son album Bâtard (Casterman). Continuer la lecture

Nerval vu par Vandermeulen et Casanave

David VANDERMEULEN, Daniel CASANAVE, Nerval l’inconsolé, Casterman, 2017, 160 p., 22,50 €, ISBN : 9782203153523

casanave vandermeulen nerval l inconsoleAprès Shelley, la vie amoureuse de l’auteur de Frankenstein et Chamisso, l’homme qui a perdu son ombre, le duo talentueux formé par le scénariste David Vandermeulen et le dessinateur Daniel Casanave nous plonge dans la vie de Gérard de Nerval. Au fil d’un scénario pétri d’invention, retraçant la vie du poète des Chimères, le possédé des Filles du feu, d’Aurélia ou le Rêve et la Vie, au fil d’un dessin alliant humour et paysages oniriques, on découvre un Nerval en proie à des visions, aspiré par la quête de l’Orient. Suivant la chronologie de son existence qui sera très vite ravagée par la mélancolie et le démon de l’alcool, David Vandermeulen et Daniel Casanave font en quelque sorte du fameux sonnet El Desdichado (« Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé / Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie »…) un auto-portrait, un miroir de Nerval. Toute biographie est biographie-radiographie d’une époque : ne pouvant sauter par-dessus son ombre, par-dessus son siècle, tout créateur est le fils de son temps, même s’il s’efforce de s’y arracher. C’est ainsi qu’aux côtés du jeune Gérard Labrunie qui connaîtra une certaine notoriété précoce lorsqu’à dix-neuf ans il traduisit le Faust de Goethe, les auteurs campent les figures du romantisme, ses amis, Théophile Gautier, Auguste Maquet, Pétrus Borel, Alexandre Dumas. La vie bohème, la bataille d’Hernani, les soulèvements politiques, la révolution de 1848 ne sont pas un décor extérieur à l’émergence de nouvelles formes de création mais leur creuset. Pour Nerval, la littérature est sœur du rêve, d’un désir de fuite, la confidente ou l’exorciste des désillusions amoureuses, des expériences de dédoublement, des assauts de la folie, fût-elle lucide.  Continuer la lecture