Archives par étiquette : Autobiographie

L’enfance d’une mère

Amélie NOTHOMB, Tant mieux, Albin Michel, 2025, 216 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782226504395

nothomb tant mieuxD’Emmanuel Car­rère à Maria Pourchet en pas­sant par Cather­ine Mil­let, les mères des écrivains seront l’un des grands sujets de la ren­trée lit­téraire française 2025. Une veine dans laque­lle Amélie Nothomb s’inscrit elle aus­si avec Tant mieux, son nou­veau roman.

Adri­enne, qua­tre ans, passe l’été chez « bonne-maman de Gand ». La grand-mère mater­nelle n’a de « bonne » que le nom. Elle s’ingénie à tyran­nis­er et à faire souf­frir sa petite-fille, comme elle avait, aupar­a­vant, mal­traité la mère d’Adrienne. Cette dernière n’a pour­tant pas hésité, en pleine con­nais­sance de cause, à livr­er son enfant à la cru­auté de la vieille dame. Con­tin­uer la lec­ture

La besace à mots à Delhasse

Guy DELHASSE, Bourg d’enfance, pré­face de Marc Pir­let, Mur­mure des Soirs, 2024, 278 p., 15 €, ISBN : 9782931235133

delhasse bourg d'enfanceGuy Del­has­se, à bien des égards, est un baroudeur des let­tres belges fran­coph­o­nes. On l’a, il s’est, par­fois qual­i­fié de vagabond de l’écriture ou de gar­di­en de but de la lit­téra­ture lié­geoise. Tous ces titres, il les mérite depuis qu’il s’est lancé en écri­t­ure en 1974 et même avant puisque nous décou­vrons dans son dernier livre, Bourg d’enfance, qu’il tient un jour­nal intime depuis ses 11 ans (soit, à ce jour, 280 cahiers, et plus de 50.000 pages, presque un record !). Depuis, il en a fait du chemin, en écri­t­ure et comme guide lit­téraire à la décou­verte de cités à tra­vers les échos qu’en ont don­nés écrivains et écrivaines. Con­tin­uer la lec­ture

Dans l’avant-vie de Dominique Rolin

Un coup de cœur du Car­net

Dominique ROLIN, L’infini chez soi, post­face de Pierre Piret, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 300 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–588‑9

rolin l'infini chez soi« Toute inven­tion, dis-je à mon tour non sans une cer­taine lâcheté retorse dont j’ai par­faite­ment con­science, toute inven­tion est sanc­ti­fiée, rec­ti­fiée, jus­ti­fiée vaille que vaille par le feu d’une réal­ité folle. » Insérée dans l’audacieuse archi­tec­ture romanesque de L’infini chez soi – paru en 1980 chez Denoël et très heureuse­ment à nou­veau acces­si­ble aujourd’hui dans la col­lec­tion Espace Nord, avec une post­face appuyée de Pierre Piret – cette énon­ci­a­tion péremp­toire de Dominique Rolin s’applique on ne peut plus exacte­ment, pour­tant, à l’étonnant échafaudage tem­porel dess­iné et mis en place par l’écrivaine. Quoique pou­vant se lire de manière tout à fait autonome, ce roman à l’ingénieuse inven­tiv­ité formelle con­stitue le pre­mier volet d’une trilo­gie par­tielle­ment auto­bi­ographique, pour­suiv­ie en 1982 par Le gâteau des morts et en 1984 par La voyageuse – qui se clô­ture sur la mort de la nar­ra­trice, annon­cée pour l’année 2000. (Fic­tion encore, car Dominique Rolin s’est éteinte bien plus tard, en 2012, son dernier livre ayant paru en 2003). Con­tin­uer la lec­ture

La mémoire mode d’emploi (en soixante-quatre cases)

Jean-Philippe TOUSSAINT, L’échiquier, Minu­it, 2023, 250 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑7073–4885‑2

toussaint l'échiquierCela pour­rait com­mencer par une case, ou une date, la soirée du 12 mars 2020, et un lieu, Brux­elles. La pre­mière min­istre belge vient d’annoncer le con­fine­ment du pays, pour cause de Covid. Qua­tre jours plus tard, c’est le cas égale­ment chez nos voisins français. Et l’on pour­rait penser, ouvrant L’échiquier, nou­veau livre de Jean-Philippe Tou­s­saint, qu’il a cédé comme tant d’autres, écrivains, artistes, musi­ciens, sci­en­tifiques, chroniqueurs… à la ten­ta­tion com­préhen­si­ble de racon­ter son his­toire du Covid, cet envahisse­ment incon­nu jusque là – ses tragédies et les boule­verse­ments en chaîne de nos com­porte­ments pour y faire face. Con­tin­uer la lec­ture

Chronique d’un désenchantement

Claude FROIDMONT, Quand j’étais belge, F dev­ille, 2023, 200 p., 20 €, ISBN : 9782875990747

froidmont quand j'étais belgeClaude Froid­mont s’est déjà fait recon­naître comme romanci­er et il a don­né un ouvrage sur François Mau­ri­ac à l’issue d’un séjour d’études dans la demeure de Mala­gar. Lié­geois et roman­iste, il a nour­ri de tous temps un culte pro­fond pour la France et surtout sa cul­ture, au point d’y pass­er des con­cours pour pou­voir y enseign­er, d’en acquérir la nation­al­ité et d’y demeur­er. Le réc­it qu’il livre aujourd’hui retrace son itinéraire con­vic­tion­nel qui prend des allures de bilan per­son­nel au seuil de la soix­an­taine. Con­tin­uer la lec­ture

Que feriez-vous à sa place ?

Char­ly DELWART, Que ferais-je à ma place ?, Flam­mar­i­on, 2023, 207 p., 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑0804–2914‑8

delwart qe ferais je a ma placeVoici un livre atyp­ique, hors du com­mun, comme Char­ly Del­wart nous en a déjà pro­posé, en par­ti­c­uli­er avec Data­bi­ogra­phie (Flam­mar­i­on, 2019). Après une biogra­phie chiffrée, voici une biogra­phie en « soix­ante-dix ques­tions ».

Après qua­tre romans aux édi­tions du Seuil, dans la col­lec­tion « Fic­tion & Cie », où il a abor­dé des thèmes aus­si divers que le monde de l’entreprise et des médias, une par­o­die du régime nord-coréen, la crise économique en Grèce…, Char­ly Del­wart débar­que chez Flam­mar­i­on avec Data­bi­ogra­phie, un roman hors normes, suivi d’un deux­ième, Le grand lézard, où il était ques­tion de la crise de la quar­an­taine. Char­ly Del­wart a égale­ment pub­lié plusieurs albums pour la jeunesse aux édi­tions Mar­cel et Joachim, dont Tu préfères quoi ?, illus­tré par Camille de Cus­sac (2018), suivi par Tu crois quoi ? (2020) et Tu con­nais quoi à la vie ? (2021), trois livres entre humour, absurde et philoso­phie qui inter­pel­lent les jeunes lec­tri­ces et lecteurs par un jeu de ques­tions sim­ples et par­fois inat­ten­dues sur l’existence. Sur­prise : c’est pré­cisé­ment sur un mode sim­i­laire que l’auteur belge vivant en France a con­stru­it son dernier livre en s’adressant cette fois aux adultes. Si on ajoute que Char­ly Del­wart a égale­ment écrit deux romans pour la jeunesse inti­t­ulés Les aven­tures de moi-même, on devine que les affres exis­ten­tielles, l’autobiographie déguisée et la dic­tature du moi sont au cœur de son œuvre. Con­tin­uer la lec­ture

Les mots les plus courts pour revenir vers soi

Antoine WAUTERS, Le plus court chemin, Verdier, 2023, 256 p., 19,50 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 978–2‑37856–177‑2

wauters le plus court cheminCer­taines per­son­nes éprou­vent par­fois le sen­ti­ment qu’il leur est impos­si­ble de pou­voir échap­per au passé, à l’histoire famil­iale, à la con­di­tion sociale et cul­turelle qui a con­tribué à les con­stru­ire. Comme si ce passé empêchait de vivre le présent, ou, pire, d’envisager l’avenir, tout mod­este qu’il soit. Ce n’est pas que ce passé soit mieux, ou moins bien, ou franche­ment destruc­teur, c’est qu’il est là, un par­a­site qui s’incruste en per­ma­nence dans l’aujourd’hui. Le nou­veau livre d’Antoine Wauters qui paraît en cette ren­trée lit­téraire s’inscrit à rebours de cette con­stata­tion, sans pour autant lui dénier tout crédit. Le plus court chemin, s’il est bien sous-titré « roman », aurait pu être un « réc­it » auto­bi­ographique, mais l’auteur de Mah­moud ou la mon­tée des eaux (Verdier, 2021) maîtrise les nuances séman­tiques et n’entend pas céder à la con­fu­sion. Le roman, auto­bi­ographique ou non, laisse accès à cette part de fic­tion qui per­met par­fois une mise à dis­tance bien­v­enue lorsque la nos­tal­gie, par exem­ple, pour­rait s’avérer être un élé­ment d’enfermement, et non d’ouverture. Con­tin­uer la lec­ture

Amélie, avec deux ailes

Un coup de cœur du Car­net

Amélie NOTHOMB, Psy­chopompe, Albin Michel, 2023, 156 p., 19 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑226–48561‑8
Livre audio lu par Françoise Gillard, Audi­olib, 2h52, 20 €

nothomb psychopompePsy­chopompe reprend le cours de l’exploration auto­bi­ographique qu’Amélie Nothomb a entamée dès 1993 avec la paru­tion du Sab­o­tage amoureux, et a entretenue régulière­ment par la suite (Stu­peur et trem­ble­ments, Méta­physique des tubes, Biogra­phie de la faim, Ni d’Ève ni d’Adam et La nos­tal­gie heureuse). Ce nou­veau livre revient sur des événe­ments déjà nar­rés aupar­a­vant, pour leur chercher un sens et une unité. Con­tin­uer la lec­ture

Conrad Detrez, contemporain capital et réenchanteur du monde

Con­rad DETREZ, Ludo, post­face de Clé­ment Dessy, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 213 p., 9 €, ISBN : 9782875685841
Con­rad DETREZ, Les plumes du coq,  post­face de Clé­ment Dessy, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 220 p., 9,50 €, ISBN : 9782875685834
Con­rad DETREZ, L’Herbe à brûler, post­face de Clé­ment Dessy, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 220 p., 9 €, ISBN : 9782875685827

On n’achète pas un livre – et a for­tiori on ne le rachète pas – au sim­ple motif qu’il a changé de cou­ver­ture. L’argument pour­rait cepen­dant suf­fire con­cer­nant la repub­li­ca­tion au cat­a­logue Espace Nord des trois vol­umes de l’autobiographie hal­lu­cinée de Con­rad Detrez. L’option graphique crève l’étal des librairies. Pour chaque titre, un auto­por­trait, façon pho­toma­ton en noir et blanc, nous mon­tre leur auteur, clope au bec ou aux doigts. Jamais son regard ne croise l’objectif : par deux fois il s’oriente vers le haut, là où se tien­nent paraît-il la tran­scen­dance et l’imaginaire ; ou il s’absorbe de biais, comme pour inter­roger le terre-à-terre. Comme si, des pupilles, Detrez rejouait seul le dia­logue d’Aristote et Pla­ton dans le célèbre tableau renais­sant… Con­tin­uer la lec­ture

Dans l’intervalle de l’être et du monde

Un coup de cœur du Car­net

Suzanne LILAR, Une enfance gan­toise, post­face de Clé­ment Dessy, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 240 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–565‑0

lilar une enfance gantoise okIls sont nom­breux les livres sur l’enfance, les réc­its qui retour­nent en ces temps fon­da­teurs, for­ma­teurs de notre vie future. Il en est qui ne sont que nos­tal­gie ou défouloir revan­chard, d’autres qui tran­scen­dent les anec­dotes et analy­sent la famille, le milieu, le com­ment on devient ce que l’on est.  Une enfance gan­toise de Suzanne Lilar (1901–1992) appar­tient à cette dernière caté­gorie. Comme l’écrivait Jean­nine Paque dans un arti­cle de la revue Textyles : « Il s’agit de don­ner une assise plus large au présent, de chercher la source et la rai­son de ce que l’on est, de légitimer une ori­en­ta­tion exis­ten­tielle. » Con­tin­uer la lec­ture

Le radeau des émotions

Alexan­dre MILLON, Les heures claires, Mur­mure des soirs, 2022, 187 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–1‑23456–789‑7

millon les heures clairesL’auteur du beau 37 rue de Nimy (2019, prix Emma Mar­tin du roman) réalise d’emblée le grand écart. Entre audace et humil­ité. Dès la cou­ver­ture, il se place sous l’égide d’un géant, Émile Ver­haeren, auquel il emprunte le titre d’un recueil poé­tique, une épigraphe et, par con­no­ta­tion, un ancrage dans une lit­téra­ture de cimes. Mais un court préam­bule vient con­tre­point­er l’élan en affichant l’échec et le doute :

La pre­mière ver­sion de ce texte s’est effon­drée. (…) Je n’avais pas la foi ni le bagage pour atta­quer la matière en essay­iste, en éru­dit, en philosophe.  Con­tin­uer la lec­ture

Rendre grâce à la vie…

Un coup de cœur du Car­net

Nico­las CROUSSE, Retour en pays natal, Cas­tor astral,2021, 192 p., 18 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9791027802869

crousse retour en pays natalEn cette fin d’été paraît aux Édi­tions Le cas­tor astral, le dernier roman de Nico­las Crousse, Retour en pays natal. Ce livre « hors-normes », à la fois réc­it lit­téraire et explo­ration ini­ti­a­tique, mène le lecteur  depuis l’enfance de l’auteur dans les années soix­ante jusqu’à nos jours. Et au-delà…. . L’auteur nous prévient : « ceci n’est pas un roman, pas un livre de nou­velles, pas non plus un recueil de poésies, pas davan­tage une auto­bi­ogra­phie. » À ce jeu-là, de dire « ce qui n’est pas », Nico­las Crousse nous dévoile en réal­ité tout ce qui fait ce livre et qui nous a enchan­té. Ne pour­suit-il pas ici l’écriture de cet auto­por­trait poé­tique paru sur le site de son édi­teur (Jacques Fla­ment) et qu’il inti­t­u­lait : Je rends grâce à la vie… ? Le réc­it se partage en trois scan­sions : « Réveille-toi mon enfance », « Sou­viens-toi ma vie », « Dors mon âme ». Le titre est issu d’un haïku du poète  Kobayashi Issa qui paraît en épigraphe : Dans chaque per­le de rosée/tremble/mon pays natal. Con­tin­uer la lec­ture

De l’autre côté du mur…

Foulek RINGELHEIM, Boule de Juif, Genèse, 2021, 134 p., 17,50 €, ISBN : 978–2‑382010–01‑3

ringelheim boule de juifLe nar­ra­teur a treize ans quand débute le réc­it, du côté de Liège, il en aura seize à la fin du livre. Et l’on sub­odore être face au pre­mier tome d’une auto­bi­ogra­phie. Mais Foulek Ringel­heim (1938–2019) est mort avant la sor­tie de Boule de Juif, nous pri­vant de leviers de com­préhen­sion. Vers la fin du vol­ume, après des études pri­maires fort chao­tiques, il souhaite devenir tourneur ajus­teur quand un malen­ten­du le propulse dans une sec­tion latine. Or il sera un jour avo­cat, mag­is­trat, écrivain (des essais mais aus­si deux romans fort remar­qués, Le juge Goth et La sec­onde vie d’Abram Potz). Une lec­ture très atten­tive, toute­fois, per­met de dis­crim­in­er une foule d’indices à tra­vers les aven­tures trag­iques et dro­la­tiques du petit Foulek. Ce qui arrache le livre au pre­mier degré (les sou­venirs d’un enfant juif caché durant la guerre) pour le situer dans une inter­ro­ga­tion sur l’identité, l’émancipation, la rédemp­tion. Con­tin­uer la lec­ture

La famille sur l’estomac

Patrick ROEGIERS, La vie de famille, Gras­set, 2020, 173 p., 16,50 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 9782246816195

Après quan­tité d’essais et de romans, sur l’art sous toutes ses formes et sur les mytholo­gies, grandes et petites his­toires du Plat pays, le nou­veau roman de Patrick Roegiers, La vie de famille, mar­que une rup­ture (et on ver­ra que le mot n’est pas vain). Ce livre est prob­a­ble­ment le plus per­son­nel, le plus intime (comme on le dit d’un jour­nal), le plus engagé de l’écrivain aux plus de cinquante titres. Un roman auto­bi­ographique sur « la trame inal­ién­able de l’enfance ». Con­tin­uer la lec­ture

Combien et comment suis-je ?

Char­ly DELWART, Data­bi­ogra­phie, Flam­mar­i­on, 2019, 342 p., 19 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑08–147971‑5

Ado­les­cent, Char­ly Del­wart avait pris l’habitude de faire des référen­dums auprès de ses amis pour l’aider à résoudre les ques­tions exis­ten­tielles dont il trou­vait dif­fi­cile­ment les répons­es, comme savoir s’il devait quit­ter ou non sa petite amie, quelles études il allait suiv­re… « Ça s’est pour­suivi jusqu’à mes vingt-huit ans. Dix années per­son­nelle­ment col­lec­tives ». La démarche de Data­bi­ogra­phie est même et autre. Pour répon­dre à toutes les ques­tions qu’il se pose – et elles sont nom­breuses, ces ques­tions ; « J’ai ques­tion à tout », dit-il – sur son iden­tité, sa per­son­nal­ité, son indi­vid­u­al­ité, il a décidé de se servir de don­nées (datas) col­lec­tives ou per­son­nelles, d’en faire des graphiques et de les illus­tr­er par des com­men­taires, des sou­venirs, des réflex­ions, des his­toires com­munes – des faits divers. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se dit qu’il est bon de se sentir un peu, beaucoup, comme tout le monde

Un coup de cœur du Carnet

Jérôme POLOCZEK, Autubi­ogra­phie, Arbre à paroles, coll. « IF », 2018, 84 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87406–664‑1

Jérôme Poloczek est un mon­sieur comme tout le monde. Jérôme Poloczek aime et s’en­dort, se pré­pare à manger, boit des quan­tités de ver­res d’eau, jalouse, se sent hum­ble, scrute son corps, les minus­cules change­ments de son corps, se pose des ques­tions quant au fait de vieil­lir, habite un apparte­ment qui est son apparte­ment ou un apparte­ment qui n’est pas son apparte­ment, ressent des fois de la joie des fois de la crainte, s’en­dort seul ou avec quelqu’un, a des amis et des amies, sait que plus tard son cœur et son corps con­naîtront des épreuves. Bref, Jérôme Poloczek fait l’ex­péri­ence du monde, de la vie dans le monde, et nous la rap­porte dans une Autubi­ogra­phie pince-sans-rire, fausse­ment naïve, fausse­ment douce, mais per­cu­tante. Con­tin­uer la lec­ture