Ce 30 septembre marque le 5e anniversaire du décès de l’écrivain et éditeur Francis Dannemark (13 avril 1955 – 30 septembre 2021). L’occasion de redécouvrir l’auteur et son œuvre à partir de nos archives.
Romancier, poète, Francis Dannemark était aussi le fondateur et éditeur de la collection “Escales des Lettres” au Castor astral. Son oeuvre lui a valu différentes récompenses, dont le prix Charles Plisnier, le prix Maurice Carême, ou encore le prix du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Écrivain publié depuis la fin des années 1970, il était l’une des figures familières de nos colonnes. Continuer la lecture



Dès le titre, le dernier roman en date de Francis Dannemark joue de la polysémie : « misère » s’inscrit dans le domaine de la botanique et non de l’état de pauvreté. Nom familier du Tradescantia zebrina, cette plante vivace, si elle n’est pas contenue, (…) peut devenir envahissante.
« Il a réglé la course, est sorti en sifflotant et, sans se retourner, il a soulevé son chapeau en guise d’adieu », telle est la dernière image qu’a laissée Soren. Nous sommes à Bordeaux, en novembre 2017, et ce musicien et producteur âgé de cinquante-huit ans a demandé au chauffeur de taxi de le déposer à l’entrée du Pont de pierre. Après, plus rien… plus de Soren. Qu’est-il advenu ?
Aucune rumeur qui vienne de la ville ne troublerait les jours paisibles qu’on peut vivre en Bourgogne, dans un petit village aux bords de l’Yonne, cette rivière qui va grossir la Seine pourtant. Un village peu peuplé, dont les habitants sont sympathiques et accueillants. Rien ne devrait donc entraver le court séjour que vont y faire Martin et sa sœur Martha. Un peu par devoir, il s’agit de prendre soin d’une personne chère, cette Martha qui a un peu perdu la mémoire depuis son accident ; un peu par hasard aussi, la perspective de retrouver peut-être les traces écrites d’un père disparu et qui sait ? un secret de sa vie passée. C’est la douce impression qu’on peut avoir en lisant les premières pages du roman de Francis Dannemark, Martha ou la plus grande joie. Entrée en matière avant la rencontre avec la rivière, un paysage, soit, mais sans mièvrerie :
Place des Ombres, après la brume. Un diptyque romanesque qui joue du mystère, penche vers le fantastique, cultive les coïncidences troublantes, les signes énigmatiques, vagabonde d’une époque à l’autre.
Depuis 1975, le prix littéraire du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles couronne l’ouvrage d’un auteur d’expression française illustrant la sensibilité de la Fédération Wallonie-Bruxelles ou consacré à son patrimoine culturel. Chacun des genres littéraires suivants est à l’honneur selon une rotation de quatre années: fiction en prose, poésie, théâtre et essai. Cette année, la fiction en prose (romans, récits et recueils de nouvelles) est à l’honneur.
« Ensemble » est bien le mot qui régit depuis quelque temps déjà la relation fusionnelle entre Véronique Biefnot et Francis Dannemark. Et c’est ensemble qu’ils publient deux livres que chacun d’eux a marqués de son empreinte, à l’enseigne de l’auteur bicéphale Biefnot-Dannemark. La route des coquelicots est un roman où l’on reconnaît bien la patte de velours du nouveau Francis Dannemark, plus proche aujourd’hui des beaux et bons sentiments que des errances poétiques du cheval ombrageux de naguère. Véronique Biefnot partage ce pas de deux qui engage ensuite le couple dans la chorégraphie d’un échange passionné avec Au tour de l’amour, long poème lyrique et sensuel, illustré, lui aussi, d’encres et lavis de la romancière, comédienne et artiste.