Un coup de cœur du Carnet
Alain LALLEMAND, Ma plus belle déclaration de guerre, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2026, 420 p., 22,50 €, ISBN : 978–2‑39077–012‑1
Si Ma plus belle déclaration de guerre a connu une première édition en 2014 chez Luce Wilquin, cette reparution chez Weyrich a gardé toute son actualité. La toile de fond en est l’Afghanistan en 2008–2009 sous tutelle des États-Unis et de leurs alliés à l’époque, mais la situation de ce pays désormais sous régime taliban est catastrophique, en particulier pour les Afghanes, totalement oubliées. De plus, l’Histoire bégaie et d’autres bourbiers humanitaires se sont multipliés depuis. Quant à la relation intime entre un parent et son enfant, ici un père et son fils confrontés à des choix cruciaux, elle a cette universalité qui fait la qualité d’un grand roman. Continuer la lecture


Les grands reporters font-ils de bons romanciers ? Kessel ou Hemingway nous ont montré que oui et ô combien. En Belgique, Alain Lallemand s’inscrit dans leur sillage avec plusieurs romans qui tissent grande Histoire et histoires intimes à partir de ses missions de correspondant de guerre, principalement pour Le Soir, en Yougoslavie, Colombie, Afghanistan, etc. Ou en Crimée.
L’aventure est grande, dense, jules-vernienne : c’est un roman d’exploration où l’on course le diamant, le coltan, l’uranium, l’enfance, la filiation, l’amour. Il y a dans L’homme qui dépeuplait les collines un luxe d’humanité dont on se doute que la réalité est beaucoup plus dure sur place, au Congo, Sud-Kivu, en pleine jungle rongée par l’avidité des uns et la survie des autres.
Le Prix des lycéens de littérature a été remis ce mercredi 10 mai au Théâtre royal de Namur. Dans le cadre de ce prix organisé par la cellule Culture-Enseignement du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, cinq romans d’auteurs belges avaient été soumis aux lycéens participants, qui ont aussi eu l’occasion de rencontrer les auteurs tout au long de l’année scolaire. C’est Today we live, le premier roman d’Emmanuelle Pirotte, qui remporte le Prix des lycéens. Mais les autres ouvrages en lice n’ont pas été oubliés par le jury, composé de 3.400 adolescents. Avec les prix annexes qu’il a remis, ce jury a saisi la spécificité de chacun des romans qui lui ont été proposés.
Décerné tous les deux ans, le Prix des lycéens de littérature est un prix littéraire dont le jury est composé d’élèves de classes terminales du secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles. En 2015, les quelque 3.000 élèves participants avaient élu Derrière la haine de Barbara Abel.
Plusieurs auteurs belges figurent actuellement dans les listes de sélection pour les prix littéraires.
Journaliste de terrain et enseignant à l’UCL, Alain Lallemand a effectué nombre de reportages dans les régions en proie à la guerre ou aux troubles internes. Notamment en Colombie où son approche des FARC (les Forces armées révolutionnaires) a nourri la substance de son dernier ouvrage Et dans la jungle Dieu dansait, un roman dont l’aspect documentaire n’est pas le moindre intérêt.