Archives par étiquette : Midis de la poésie

Suspicion de flow débridé

Z&T, Sur le Boule­vard, Midis de la poésie, 2025, 82 p., 12 €, ISBN : 978–2‑931054–16‑1

z&t sur le boulevardOngles en gel, doudounes-survêt’ léopard et mini-jupes dorées, l’uniforme de Z&T – slameuses aus­si belles-goss­es que badass – fait tourn­er la tête du cha­land brux­el­lois aus­si sûre­ment que le bruit du moteur qui les porte dans toute la ville, par-delà trot­toirs et turpi­tudes, vers la fête et la joie mil­i­tante. Con­tin­uer la lec­ture

Sur fond blanc

COLLECTIF L‑SLAM (dir.), En let­tres noires, Midis de la poésie, 2024, 120 p., 20 €, ISBN : 978–2‑931054–15‑4

collectif en lettres noiresDans cette antholo­gie com­posée par le col­lec­tif fémin­iste lié­geois L‑SLAM pour les édi­tions Midis Poésie, sept autri­ces issues de la scène slam don­nent à enten­dre leurs voix. Marie Darah, Huguette Izo­bim­pa, Gioia Kaya­ga, Julie Lombe, Joëlle Sam­bi, Lisette Lom­bé et Raïs­sa Yowali por­tent et parta­gent l’expérience de minorités de genre et de femmes noires dans un monde où le blanc est con­sid­éré comme une couleur neu­tre. Con­tin­uer la lec­ture

Brûler, briller

Un coup de cœur du Car­net

Lisette LOMBÉ, La poésie sociale, un sport comme les autres, Midis de la poésie, 2024, 89 p., 14 €, ISBN : 978–2‑931054–14‑7

lombe la poesie sociale un sport comme les autresUn livre court peut porter un grand texte ; c’est le cas du nou­v­el opus des édi­tions Midis Poésie : entre le man­i­feste et le car­net de bord, La poésie sociale, un sport comme les autres est un texte bref et per­cu­tant, per­clus d’intime et de poli­tique. Paru à mi-chemin du man­dat de poétesse nationale que pour­suiv­ra Lisette Lom­bé toute l’année à venir, ce texte fait fig­ure de jalon dans son par­cours. Un temps de pause pour faire le point et repar­tir, gon­flée à bloc, sur le ter­rain. Con­tin­uer la lec­ture

Texere

Aliette GRIZ (autrice) et Élise PÉROI (illus­tra­trice), Domousse, Midis de la poésie, 2024, 20 p., 18 €, ISBN : 978–2‑931054–13‑0

griz peroi domousse« Avant, avant, avant », il y a la con­fi­ance de Nouzha Ben­salah et un sub­side en édu­ca­tion per­ma­nente qui créent la pos­si­bil­ité de ren­con­tre de deux artistes, l’une fileuse de laine, l’autre de mots. Il y a un alors pro­jet à penser, des con­tours à définir, des envies à ren­con­tr­er. Petit à petit, les fils se nouent et le motif appa­raît : des tapis-mon­des, des poèmes-com­pag­nies, des bébés-graines. Tout un dis­posi­tif sus­ci­tant la manip­u­la­tion, l’appropriation, la récep­tion et la trans­mis­sion. C’est ain­si que, dans des crèch­es, de très jeunes enfants ont exploré un espace tex­tile-textuel nomade et ancré. « Domousse ». Con­tin­uer la lec­ture

Marie Darah : du décloisonnement

Marie DARAH, Meutes, Midis de la Poésie, 2023, 116 p., 12 €, ISBN : 978–2‑931054–12‑3

darah meutes« Lam­beaux de texte sur bras
Lam­belles de sexe dans draps
Et sur revers des agneaux ten­dres
Des tâch­es rouges et noires cen­dres 
»

Meutes de Marie Darah est, en soi, un hori­zon. Les yeux et les paumes grands ouverts, la poésie de Marie Darah arpente le monde en l’absorbant par tous les pores de la sen­si­bil­ité, offre « beau­coup de Ciel / Et de mots ». Con­tin­uer la lec­ture

Attiser tous les feux

Pas­cale SEYS et Carine BRATZLAVSKY, Vir­ginia Woolf, écrire dans la guerre, Midis de la poésie, 2023, 52 p., 10 €, ISBN : 9782931054086

seys bratzlavsky virgini woolf ecrire dans la guerreDe Vir­ginia Woolf nous ne con­nais­sons que peu de por­traits. À vrai dire, tou­jours le même, présen­té sous dif­férentes nuances de gris. Fan­toma­tique, trans­par­ente, Woolf nous appa­raît sous un angle unique. Dans cet essai con­cis et par­faite­ment maîtrisé, Pas­cale Seys et Carine Brat­zlavsky ajoutent une dimen­sion à l’image fatiguée de l’autrice anglaise : on l’y décou­vre mou­vante, mor­dante, habitée d’un feu que ni les con­ven­tions ni l’épouvantable marche du monde ne parvi­en­nent à étouf­fer.

Il est rare, au cours de l’Histoire, qu’un homme soit tombé sous les balles d’un fusil tenu par une femme ; la vaste majorité des oiseaux, des ani­maux tués, l’ont été par vous et non par nous. Con­tin­uer la lec­ture

Cœur et corps à l’ouvrage

Un coup de cœur du Car­net

Isabelle WÉRY, Self­ie de Chine, Midis de la poésie, 86 p., 12 €, ISBN : 978–2‑931054–07‑9

wery selfie de chineDe son pro­pre aveu, l’une des fonc­tions du “taff d’écrivaine” d’Isabelle Wéry est de “sculpter des images pour autrui”. Sculpter, on le fait avec les mains, mais aus­si avec la langue : sculpter des mots implique la col­lab­o­ra­tion active du corps et du cœur, qui parvient à don­ner vie à cette Chine presqu’irréelle, tant elle est éloignée des quo­ti­di­ens occi­den­taux. Et pour­tant, le petit livre d’Isabelle Wéry est aux antipodes d’un Ori­ent fan­tas­mé : c’est dans la Chine bien réelle et son désor­dre organ­isé que plonge ce sino-self­ie, dans un tour­bil­lon ardent que réper­cu­tent les thèmes, les reg­istres, les formes de dis­cours qui s’y trou­vent brassés. Prose poé­tique, cadavre exquis et ten­ta­tives man­darines, franglais, ono­matopées et bor­bo­rygmes mêlés de voyelles décu­plées et d’une ponc­tu­a­tion erra­tique se passent le relais pour un résul­tat chao­tiquo-exta­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Le mal comme absence d’empathie

François DE SMET, Han­nah Arendt ou le mal comme absence de pen­sée, Midis de la Poésie, 2021, 42 p., 8 €, ISBN : 978–2‑931054–04‑8

de smet hannah arendtIl est courant d’entendre que depuis Pla­ton, la philoso­phie occi­den­tale n’ajoute que des notes de bas de page à ses dia­logues socra­tiques. Du moins jusqu’à la Shoah. Alors, la pen­sée est dev­enue plus que ver­tig­ineuse : il ne s’agit plus de pren­dre con­science de la mort à un degré humain et/ou divin, mais d’appréhender la fin de l’humanité à un niveau com­mun, proche ou loin­tain. Soit dans son ensem­ble à tout moment atom­ique, cli­ma­tique, soit dans son esprit-même : que reste-t-il d’âme, d’espérance, de poésie, bref d’humain dans le cœur de l’humanité depuis la Shoah ? Con­tin­uer la lec­ture

Plusieurs sœurs

COLLECTIF, Les sœurs Lovel­ing / De zussen Lovel­ing, Midis de la Poésie Édi­tions & Poëziecen­trum, 2021, 17 €, ISBN : 978–90-5655–359‑3

soeurs lovelingHuit poét­esses néer­lan­do­phones et fran­coph­o­nes – Cather­ine Bar­sics, Vic­toire de Changy, Hind Elja­did, Astrid Haerens, Ruth Lasters, Cathy Min Jung, Bwan­ga Pilip­ili et Maud Van­hauwaert – sig­nent cha­cune un ou des poèmes inspirés de l’œuvre des sœurs Ros­alie et Vir­ginie Lovel­ing dans l’ouvrage Les sœurs Lovel­ing / De zussen Lovel­ing paru aux édi­tions des Midis de la poésie & du Poëziecen­trum. À l’entame de cet ouvrage col­lec­tif, la philosophe et autrice Tin­neke Beeck­man pose quelques balis­es his­toriques et con­textuelles de la vie et de l’œuvre des sœurs Lovel­ing. Con­tin­uer la lec­ture

Défense et illustration de la poésie pour enfants

Carl NORAC, La poésie pour adultes et pour enfants : le grand écart?, Midis de la poésie, 2020, 64 p. , 10 €, ISBN : 978–2‑931054–03‑1

norac poesie pour adultes et pour enfants le grand écartQu’est-ce qu’un poème pour enfants ? Existe-t-il deux formes de poésie, l’une pour la jeunesse et l’autre, la vraie ? Carl Norac réfute les clichés et affirme que « dans sa mul­ti­plic­ité absolue, la poésie est une et indi­vis­i­ble ».

Carl Norac sait de quoi il par­le, lui qui vit dans les deux mon­des et écrit pour les deux publics, mais ne se sent pas être « deux poètes dif­férents ». Grand voyageur, comme en témoignent, par­mi tant d’autres titres, Le sourire de Kiawak ou les Poèmes de roches et de brumes, Carl Norac n’aime pas les fron­tières et son œuvre est, à la fois, diverse et habitée d’une pro­fonde unité. Elle noue des liens féconds avec les arts pic­turaux, dans des rela­tions de com­plic­ité avec les illus­tra­teurs, et avec la musique, qui ani­me les Sonates pour un homme seul et a inspiré à l’auteur des prom­e­nades buis­son­nières entre les notes de com­pos­i­teurs (Mon­sieur Satie, Mon­sieur Mozart). Con­tin­uer la lec­ture

L’expérience poétique

Pas­cale SEYS, La poésie comme mode d’emploi du monde, Midis de la Poésie, 2019, 28 p., 8 €

Son­dant les enjeux, la teneur de l’espace poé­tique, Pas­cale Seys nous con­vie à une tra­ver­sée de quelques textes fon­da­teurs. D’Anatole France (Le jardin d’Épicure), d’Hésiode (Les travaux et les jours), de René Char (Fureur et mys­tère), de Rilke (« La pan­thère ») et de Paul Celan (Le méri­di­en et autres pros­es). Il s’agit d’aller à la ren­con­tre de l’ombilic du poème, par-delà la con­vo­ca­tion de ses seules spé­ci­ficités formelles, de met­tre à jour sa valence méta­physique, sa ligne éthique. Dévelop­pant la con­nex­ion intrin­sèque entre le poème et l’ouverture (aux ambiva­lences, aux jeux des con­traires), filant la pen­sée rilkéenne de l’Ouvert reprise par Hei­deg­ger, l’essai cir­con­scrit le lieu poé­tique comme un champ rel­e­vant d’un réc­it par­ti­c­uli­er et se ten­ant à l’écart du logos, de la pen­sée rationnelle. Con­tin­uer la lec­ture

Les Midis de la poésie : la saison 2019–2020

Créés en 1949, les Midis de la poésie pro­posent chaque année un pro­gramme de ren­con­tres, lec­tures et con­férences. Un dénom­i­na­teur com­mun : la poésie, sous toutes ses formes. Le pro­gramme de l’an­née 2019 ne fera pas excep­tion à la règle. Une large place y est faite aux écrivains belges fran­coph­o­nes. 


Lire aus­si : Portes et livres ouverts, les Midis de la poésie (C.I. n° 198)


Con­tin­uer la lec­ture

L’expérience poétique

COLLECTIF, La décou­verte de la poésie. De ont­dekking van de poëzie, Midis de la poésie & L’Arbre à paroles, coll. « Poésie », 2019, 38 p., 8 €

À l’initiative de Pas­sa Por­ta, du Poëziecen­trum et des Midis de la Poésie, huit poètes belges, qua­tre fran­coph­o­nes, qua­tre néer­lan­do­phones, inter­ro­gent sous la forme poé­tique leur décou­verte, leur entrée en poésie, les liens qu’ils tis­sent avec elle. Face à la ques­tion « com­ment devient-on poète ? », cer­tains met­tent à nu l’épreuve sub­jec­tive de leur ren­con­tre avec la muse poé­tique tan­dis que d’autres pla­cent la poésie en amont, comme une voix qui, depuis tou­jours, appelle ses pos­si­bles hôtes. Ren­con­tre acci­den­telle ou, au con­traire, des­ti­nale et élec­tive ? Ren­con­tre physique, avec des mots char­nels ou com­pagnon­nage d’ordre con­ceptuel ? Con­tin­uer la lec­ture

La poésie au cœur de notre vie

Colette NYS-MAZURE, Éveil à la poésie, l’Arbre à paroles, coll. « Essais des Midis de la Poésie », 2017, 48 p., 9 €, ISBN :

nys-mazure midis de la poesieCom­ment favoris­er l’éclosion de la sen­si­bil­ité poé­tique ? C’est le thème de la ren­con­tre à laque­lle nous con­vi­ait Colette Nys-Mazure, le vingt et un févri­er 2017, dans le cadre des Midis de la Poésie, en com­pag­nie de Marie Ginet et en col­lab­o­ra­tion avec le réseau Kalame. Sous le bel exer­gue d’Andrée Che­did : « Le Je de la poésie est à tous / Le Moi de la poésie est à plusieurs / Le Tu de la poésie est au pluriel ». Con­tin­uer la lec­ture

Norge, poète de la diversité du monde

Daniel LAROCHE, Moder­nité de Norge, L’Arbre à paroles, coll. « Essais des Midis de la Poésie », 2017, 48 p., 9 €, ISBN :

larocheÀ l’image tra­di­tion­nelle d’un Norge (Georges Mogin, 1898–1990) poète human­iste, partagé entre la spir­i­tu­al­ité et l’épicurisme, Daniel Laroche, dans sa con­férence du trente et un jan­vi­er dernier aux Midis de la Poésie, éditée aujourd’hui par l’Arbre à paroles, Moder­nité de Norge, apporte une dimen­sion, un souf­fle nou­veaux.

Il se fonde, plutôt que sur les recueils sou­vent com­men­tés Le sourire d’Icare (1936) ou Joie aux âmes (1941), sur sa poésie d’après-guerre, où se forge son orig­i­nal­ité : Les râpes (1949), Famines (1950), Les oignons et Le gros gibier (1953). Con­tin­uer la lec­ture

Le sensuel et le silentiaire

Gérald PURNELLE, L’écriture et la foudre. Jacques Izoard et François Jacqmin. Deux poètes entre les choses et les mots, Midis de la Poésie / L’arbre à paroles – Essais, 40 p.   ISBN : 978–2‑87406–637‑5

purnelleLa col­lec­tion d’essais tirés des con­férences pronon­cées lors de ces ren­con­tres priv­ilégiées que sont les Midis de la poésie comp­tait déjà, par­mi les grands noms qui l’émaillent, Pasoli­ni, Brecht, Bauchau, Duras, Aragon… Grâce à l’étude que livre Gérald Pur­nelle, pro­fesseur à l’Université de Liège, deux Lié­geois vien­nent rejoin­dre cette cohorte d’éminences : Jacques Izoard et François Jacqmin. Con­tin­uer la lec­ture