Archives par étiquette : Norge

« Un poème doit être fatal »

COLLECTIF, Le regard éclairé. À pro­pos de Philippe Jacot­tet, Rein­er Kun­ze, Franz More­au, Norge, Joseph Orban, Mar­cel Piquer­ay, Qua­si­mo­do et André Schmitz, t. II, Tail­lis pré, 2020, 166 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87450–161‑6

collectif le regard éclairéLe 19 octo­bre 2019… Une date tout droit sor­tie du « monde d’avant », celui où il était encore lois­i­ble de se réu­nir devant une scène de con­cert ou un grand écran, à la tablée d’un restau­rant ou, pourquoi pas, pour enten­dre par­ler de poésie. C’est ce qui se pas­sait à Brux­elles, ce same­di-là, à l’occasion d’une des ren­con­tres inter­na­tionales organ­isées par le Jour­nal des Poètes. Afin de « célébr­er cette émo­tion appelée poésie », les par­tic­i­pants y évo­quaient tour à tour une fig­ure, belge ou non, et par-delà des voix s’exprimant dans des reg­istres très dif­férents. Con­tin­uer la lec­ture

La Fureur de lire : six plaquettes à lire, six auteurs à découvrir

Chaque année, à l’oc­ca­sion de la Fureur de lire, le Ser­vice général des Let­tres et du Livre pub­lie six pla­que­ttes, cha­cune signée par un auteur, bédéiste ou auteur-illus­tra­teur de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Des ouvrages courts à lire pour le plaisir ou à exploiter en classe. Il y en a pour tous les âges… et tous les gen­res lit­téraires. Con­tin­uer la lec­ture

Norge l’éolien

Daniel LAROCHE, Une chan­son bonne à mâch­er. Vie et œuvre de Norge, Pré­face de Pierre Piret, Press­es Uni­ver­si­taires de Lou­vain, 2019, 266 p., 21,50 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑87558–786‑2

Comme le souligne la qua­trième de cou­ver­ture, la mémoire posthume de Norge souf­frait jusqu’à la pub­li­ca­tion du présent ouvrage d’une para­doxale lacune : voilà un poète salué par les géants (Aragon, Cocteau, Neru­da, Milosz), choyé des prix les plus impor­tants, croulant sous les recon­nais­sances et noyé dans les offi­cial­ités, mis en musique par Brassens et chan­té par Jeanne More­au, déclamé à hue et à dia, dis­séqué par d’innombrables mémorants de l’Alma mater, objet d’une mul­ti­tude d’articles, dépas­sant la sphère de sa Bel­gi­tude par l’accession à celle de la Fran­coph­o­nie – et qui pour­tant n’avait fait l’objet d’aucune étude d’ampleur. Con­tin­uer la lec­ture

Six auteurs belges mis en musique (plus un) et où les écouter

littérature et musique

Aragon inter­prété par Jean Fer­rat, Madame Deshoulières par Jean-Louis Murat et Isabelle Hup­pert, Baude­laire par Mylène Farmer… : si le ciné­ma puise sou­vent ses sujets dans les romans, la chan­son se tourne quant à elle plus naturelle­ment vers la poésie. 

La lit­téra­ture belge a fait elle aus­si l’ob­jet de plusieurs trans­po­si­tions musi­cales, cer­taines bien con­nues, d’autres plus con­fi­den­tielles. Voici une sélec­tion de six auteurs et autri­ces mis en musique, avec un bonus.


Lire aus­si : Textyles n° 26–27 (2005) : “Musique et lit­téra­ture”


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Un quatuor norgien inoubliable

NORGE, Remuer ciel et terre. Poésie, post­face de Jean-Marie Klinken­berg, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 320 p., 9,00 €, ISBN : 978–2‑87568–414‑1

En 1984, voulant remet­tre à l’hon­neur l’œu­vre de Norge, les respon­s­ables de la col­lec­tion Espace Nord s’adressent à J.M. Klinken­berg, pro­fesseur à l’u­ni­ver­sité de Liège, mem­bre du groupe Mu, et dont l’in­térêt pour le poète est bien con­nu. Plutôt que com­pos­er une antholo­gie, l’on s’ac­corde sur la réédi­tion inté­grale de qua­tre recueils : Les râpes, Famines, Le gros gibier, La langue verte (1949–1954). Il est vrai, les célèbres Oignons datent des mêmes années, mais ils ont fait l’ob­jet de plusieurs réim­pres­sions aug­men­tées. Out­re que cette péri­ode norgi­en­ne est famil­ière à J.M. Klinken­berg et que le vol­ume Poésies 1923–1973 chez Seghers est épuisé depuis belle lurette, le choix des qua­tre titres est judi­cieux – il eût d’ailleurs mérité d’être expliqué en intro­duc­tion. En effet, dès l’en­tre-deux-guer­res, Norge est certes un auteur appré­cié, avec des titres comme La belle endormie, Le sourire d’I­care ou Joie aux âmes. Toute­fois, que ce soit dans sa thé­ma­tique, son imag­i­naire ou sa rhé­torique, il ne se démar­que pas net­te­ment d’autres con­tem­po­rains tels que O.V. Milosz, O.J. Péri­er, R. Mélot du Dy ou J. de Boschère. De 1939 à 1949, il con­nait d’ailleurs un sérieux pas­sage à vide. La paru­tion des Râpes et de Famines fait donc grand effet : lyrisme et spir­i­tu­al­isme ont totale­ment dis­paru, le style est à la fois plus bref, plus sac­cadé et plus savoureux, l’ex­is­tence humaine est évo­quée sous l’an­gle de la lutte-pour-la-vie et d’un cer­tain cynisme dar­winien. Les con­nais­seurs ne s’y trompent pas. P. Élu­ard écrit à Norge pour le féliciter, de même que F. Ponge, Ch. Plis­nier, G. Bachelard, F. Hel­lens, J. Paul­han, R.G. Cadou, etc. ; le vieil A. Gide en par­le chaleureuse­ment à ses vis­i­teurs ; plusieurs comptes ren­dus élo­gieux parais­sent dans la presse. Les oignons et La langue verte, dont la paru­tion suit rapi­de­ment, ne font que con­firmer le grand virage créatif de Norge et l’en­goue­ment con­sé­cu­tif du pub­lic. Con­tin­uer la lec­ture

Une exposition Norge en octobre

Norge

L’ex­po­si­tion “Norge l’en­chanteur”, autour de textes, man­u­scrits, pho­tos et édi­tions bib­lio­philiques du poète, se tien­dra au Min­istère de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles du 1er au 18 octo­bre 2018. Le vernissage (le 1er octo­bre à 12h) est ouvert à tou-te‑s sur réser­va­tion Con­tin­uer la lec­ture

Jeanne Moreau chante des poèmes de Norge

Un coup de cœur du Carnet

Jeanne More­au chante Norge, album de deux vinyles et un CD, réal. Françoise Canet­ti, Pro­duc­tions Jacques Canet­ti, 2018, 19.99 €, Réf. PJC 503969.
moreau jeanne moreau chante norgeDe Jeanne More­au, on sait qu’elle fut une grande comé­di­enne et une femme cul­tivée. Plus dis­crète, sa car­rière de chanteuse tient en six albums, dont deux morceaux au moins sont célèbres : Le tour­bil­lon de la vie et J’ai la mémoire qui flanche, sur des textes et par­ti­tions de Cyrus Bassi­ak, alias Serge Rez­vani. La pre­mière chan­son fut insérée par François Truf­faut dans Jules et Jim en 1962, la sec­onde fig­ure sur un disque édité en 1963 par Jacques Canet­ti, qui avait fait con­naitre des artistes tels que Boris­Vian, Léo Fer­ré, Georges Brassens ou Ray­mond Devos. D’autres albums suiv­ront en 1966, 1967, 1969. Tour­nages et enreg­istrements, toute­fois, n’empêchent pas l’ac­trice de s’adon­ner à la lec­ture, un de ses loisirs favoris. En 1978, Jacques Canet­ti lui apporte les Œuvres poé­tiques 1923–1973 de Norge, fraiche­ment rééditées par Pierre Seghers. Elle s’en­t­hou­si­asme aus­sitôt pour ces poèmes incisifs, sonores, savoureux, avec une préférence pour les recueils de 1949 à 1973 : Les râpes, Famines, Le gros gibier, La langue verte, etc.  « Ses poèmes m’ont paru sim­ples, évi­dents, avec des mots qui allaient droit au cœur…  J’ai eu envie de les dire puis d’en faire des chan­sons pour un disque. Cer­taines sont drôles ou cru­elles, d’autres ten­dres, agres­sives, humoris­tiques », dira-t-elle plus tard aux jour­nal­istes, ajoutant que cette poésie véhicule « le besoin d’amour, la rage créa­trice, la cru­auté de la vie, le goût du néant, l’e­spérance d’un idéal, le dérisoire état de l’homme. »


Lire aus­si : “Norge mis en chan­sons” (Textyles n° 26–27, 2005)


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Norge, poète de la diversité du monde

Daniel LAROCHE, Moder­nité de Norge, L’Arbre à paroles, coll. « Essais des Midis de la Poésie », 2017, 48 p., 9 €, ISBN :

larocheÀ l’image tra­di­tion­nelle d’un Norge (Georges Mogin, 1898–1990) poète human­iste, partagé entre la spir­i­tu­al­ité et l’épicurisme, Daniel Laroche, dans sa con­férence du trente et un jan­vi­er dernier aux Midis de la Poésie, éditée aujourd’hui par l’Arbre à paroles, Moder­nité de Norge, apporte une dimen­sion, un souf­fle nou­veaux.

Il se fonde, plutôt que sur les recueils sou­vent com­men­tés Le sourire d’Icare (1936) ou Joie aux âmes (1941), sur sa poésie d’après-guerre, où se forge son orig­i­nal­ité : Les râpes (1949), Famines (1950), Les oignons et Le gros gibier (1953). Con­tin­uer la lec­ture