Archives par étiquette : CEP

Riche art de la nouvelle mit l’air en mots

Richard MILLER, Séquestrés et autres nou­velles, CEP, 2021, 20 €, ISBN : 9782390070658

miller sequestres et autres nouvellesVoici un recueil qui réu­nit une trentaine de nou­velles écrites par Richard Miller et pub­liées pour la majorité d’entre elles au cours des vingt dernières années, cepen­dant que les accom­pa­g­nent une dizaine d’inédits pour for­mer un vol­ume qui compte presque autant de pages que l’on dénom­bre de jours au cours d’une année. Ain­si réu­nis, ces réc­its per­me­t­tent de cern­er les grandes lignes de l’univers de l’auteur qui s’est par ailleurs illus­tré dans des écrits poli­tiques mais aus­si dans des ouvrages sur l’art, dont un con­sacré au mou­ve­ment CoBrA. Con­tin­uer la lec­ture

Du déjà vu à l’inconnu, du déjà dit à l’inouï : les exigences roboratives d’Éric Clémens

Un coup de cœur du Car­net

Éric CLÉMENS, TeXTes, 1970–2019, antholo­gie com­posée par Dominique Coster­mans et Chris­t­ian Pri­gent, CEP, 2020, 15 €, ISBN : 978–2‑39007–054‑2

Éric CLÉMENS, Le fic­tion­nel et le fic­tif, Essai sur le réel et sur les mon­des, CEP, 2020, 15 €, ISBN : 978–2‑39007–053‑5

Non, Éric Clé­mens ne passera prob­a­ble­ment jamais à la télé au jour­nal de 20 heures ou dans l’arène des émis­sions polémiques. C’est qu’        Éric Clé­mens n’a que faire d’être un “faiseur d’opin­ions”. C’est qu’Éric Clé­mens est un penseur/philosophe/poète exigeant et pour lui-même et pour ses lecteurs/lectrices. Cela dure depuis 50 ans. Et c’est tant mieux : lire Clé­mens, le suiv­re au fil du temps, c’est entr­er dans une pen­sée qui ne cesse de renaître, de revenir sur ce qui la fonde, l’a fondée, dès la fin des années 1960. Pen­sée itinéraire, reprenant, se dévelop­pant à l’in­fi­ni, prenant des tours inat­ten­dus, se con­frontant pas­sion­né­ment au poli­tique, philosophe, sci­en­tifique, lit­téraire, ciné­ma­tique, artis­tique, psy­ch­an­a­ly­tique, éthique, phénoménologique, etc. À l’o­rig­ine de cet itinéraire ? Le goût de Clé­mens pour la langue et les lan­gages. Le plaisir qu’il y a à écrire. À rou­vrir les chantiers abor­dés dans les livres précé­dents. Con­tin­uer la lec­ture

L’odyssée poético-politique de Jean-Louis Lippert

Jean-Louis LIPPERT, Aji­a­co, CEP, 2018, 726 p., 24 €, ISBN : 978–2‑39007–044‑3

Aèdes, trou­ba­dours, marabouts, gri­ots, con­teurs se lèvent d’entre les morts. L’état du verbe est alors celui de la transe. Une transe vision­naire que Jean-Louis Lip­pert déploie dans Aji­a­co au tra­vers de son jumeau, de son dou­ble, Ana­tole Atlas, l’aède. Auteur entre autres de Pleine lune sur l’existence du jeune bougre, Mami­wa­ta, Tombeau de l’aède. Césaire con­tre César, Jean-Louis Lip­pert est l’auteur de Man­u­scrits de la Mère Rouge, Autop­sie du XXème siè­cle, Glob­al view­point, Le Tabou de Mana, Amen… sous le nom d’Anatole Atlas, son hétéronyme. Le chant poly­phonique qui se déploie dans Aji­a­co se con­stru­it comme un pont ten­du entre la guerre de Troie et le règne actuel d’un panop­tique général­isé. Con­tin­uer la lec­ture

André Delvaux

Le cinéaste dans la cité. Les notes d’André Del­vaux, dir. Jean MEURICE, CEP, 2018, 251 p., 18 €, ISBN : 978–2390070214

Le cinéaste dans la citéEn 1965, le film L’Homme au crâne rasé qu’André Del­vaux adapte du roman de Johan Daisne mar­qua l’avènement du ciné­ma belge mod­erne. Non que le sep­tième art belge fût totale­ment inex­is­tant. Mais André Del­vaux invente un nou­veau souf­fle qui, dans nom­bre de ses films, relèvera de ce qu’on a appelé le réal­isme mag­ique. Venu du monde de la musique, de la lit­téra­ture, pianiste qui accom­pa­gna durant des années les films muets à la Ciné­math­èque royale de Bel­gique, à cheval sur les cul­tures néer­lan­do­phone et fran­coph­o­ne, l’auteur de Ren­dez-vous à Bray, Ben­venu­ta, L’Œuvre au noir pose les pre­mières pier­res de la moder­nité du ciné­ma belge, frayant une aven­ture artis­tique pio­nnière dont bien des réal­isa­teurs actuels sont les héri­tiers. Recueil d’inédits, de textes rassem­blés par Cather­ine Del­vaux, Richard Miller, com­por­tant des cor­re­spon­dances avec Jacques Sojch­er, Philippe Rey­naert, une étude de Roger Lalle­mand sur Ben­venu­ta, un avant-dire de Raoul Ser­vais, Le cinéaste dans la cité nous plonge pour notre plus grand bon­heur dans le lab­o­ra­toire de celui qui fut à la fois cinéaste, péd­a­gogue (il fut l’un des fon­da­teurs de l’INSAS), musi­cien.

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Marcuse et Mai 68

Renaud DENUIT, Her­bert Mar­cuse. Révo­lu­tion et philoso­phie. Repenser Mai 68, Édi­tions du CEP, 2018, 264 p., 18 €, ISBN : 978–2‑3900–7043‑6

denuit_herbert marcusePhilosophe, écrivain, poète, essay­iste, Renaud Denu­it s’empare con­ceptuelle­ment de Mai 68 en se ten­ant au plus loin des effluves de la com­mé­mora­tion. La fièvre com­mé­mora­tive qui frappe nos sociétés a pour effet de blo­quer l’Histoire, de l’embaumer : célébr­er le cinquan­te­naire de Mai 68, le bicen­te­naire de la Révo­lu­tion française, les vers­er dans la con­sécra­tion offi­cielle garan­tit qu’un nou­veau Mai 68, qu’une révo­lu­tion n’auront pas lieu. Renaud Denu­it redy­namise l’événement Mai 68 en analysant l’œuvre de l’un de ses inspi­ra­teurs, Her­bert Mar­cuse. Com­ment la pen­sée de l’auteur d’Éros et civil­i­sa­tion, de L’Homme uni­di­men­sion­nel a‑t-elle per­colé dans l’esprit de Mai, en France notam­ment ? Com­ment ce qu’on a nom­mé de façon par trop réduc­trice le freu­do-marx­isme de Mar­cuse a‑t-il ren­con­tré les com­bats de Mai 68 pour l’émancipation, con­tre les formes d’autorité, pour d’autres manières de vivre, de penser ? Com­ment ses refon­da­tions du freud­isme (retrou­ver l’énergie d’Éros réprimée par la logique de la dom­i­na­tion), de Hegel (penser l’Histoire comme Vie), de Marx (réin­tro­duire la place du sujet dans le procès de l’Histoire) ont-elles nour­ri la con­tes­ta­tion étu­di­ante, le mou­ve­ment des ouvri­ers, le grand vent de lib­erté porté par la vague du « jouir sans entrav­es », du « soyez réal­istes deman­dez l’impossible » ? Con­tin­uer la lec­ture

Guerre et paix : où l’on voyage au cœur du cœur du cœur humain

Éric CLÉMENS, Penser la guerre ?, CEP, 2017, 153 p., 12 €, ISBN : 978–2‑39007–033‑7

clemensLa guerre ? Voilà bien un « objet » dont on ne fera jamais le tour. Voilà bien une « ques­tion » qui ali­mente d’au­tant plus nos con­ver­sa­tions que, ces temps-ci, on « baigne dedans », dirons-nous, tant, au quo­ti­di­en, experts en géopoli­tique et straté­gies divers­es occu­pent les ondes médi­a­tiques, nous seri­nant à tour de bras leur prêchi-prêcha angois­sants ou, pour le moins, inquié­tants. Con­tin­uer la lec­ture

Le nouveau « J’accuse »

Pas­cal VREBOS, L’accusateur ou La comédie étran­glée, édi­tions du CEP, 2016, 64 p., 8€

vrebos-accusateur.jpgUn homme vraisem­blable­ment en colère con­tre le monde nous prend à par­tie. Qui est-il pour se per­me­t­tre de nous recracher à la face tous les tra­vers de notre human­ité ? Un philosophe ? Un vagabond qui traîne son dis­cours de place en place ? Un despote ? Un prophète ? Un para-humain ? Il est un peu de tout cela à la fois. Con­tin­uer la lec­ture

Des retrouvailles au goût amer

Jean-François Viot,  Au bord des lèvres, Marcinelle, Édi­tions du CEP, 2014, 131 p., 14€

Ellen vit avec son fils Bil­ly, à San­ta Cruz en Cal­i­fornie, dans une jolie mai­son bor­dant le Paci­fique. La vie suit son pais­i­ble cours : tan­dis que Bil­ly fréquente l’un des plus pres­tigieux col­lèges de la ville, Ellen vaque à ses occu­pa­tions, entre son boulot, les cours­es, le ménage, l’éducation de son fils et ses soirées papote avec sa voi­sine Lisa. Tout va pour le mieux jusqu’à ce qu’Ellen voie ses vieux démons ressur­gir et que frappe à sa porte Chet, un ancien amant. L’homme est au plus mal. Il est tox­i­co­mane et ne pos­sède plus rien. Sa car­rière est dans une impasse. Plus per­son­ne ne veut le pro­gram­mer. Ellen l’invite à s’installer chez elle quelques temps et tente de le faire décrocher. Petit à petit, leur passé com­mun refait sur­face. Com­ment se sont-ils ren­con­trés ? Pourquoi ne se sont-ils plus vus pen­dant dix-sept ans ? Vain­cra-t-il son addic­tion ? Con­tin­uer la lec­ture

Les sept mélancoliques

Pierre KUTZNER, La femme qui ne voulait plus faire l’amour, Marcinelle, Édi­tions du CEP, 2015, 93 p., 12 €

kutznerPierre Kutzn­er n’est pas vrai­ment incon­nu dans le petit monde des Let­tres et des arts belges : on lui doit des nou­velles, des arti­cles et une récente mono­gra­phie con­sacrée à l’artiste Fabi­enne Havaux[1]. Le sex­agé­naire signe, en cet été 2015, son tout pre­mier ouvrage de fic­tion – un recueil de nou­velles : La femme qui ne voulait plus faire l’amour. Con­tin­uer la lec­ture