Richard MILLER, Séquestrés et autres nouvelles, CEP, 2021, 20 €, ISBN : 9782390070658
Voici un recueil qui réunit une trentaine de nouvelles écrites par Richard Miller et publiées pour la majorité d’entre elles au cours des vingt dernières années, cependant que les accompagnent une dizaine d’inédits pour former un volume qui compte presque autant de pages que l’on dénombre de jours au cours d’une année. Ainsi réunis, ces récits permettent de cerner les grandes lignes de l’univers de l’auteur qui s’est par ailleurs illustré dans des écrits politiques mais aussi dans des ouvrages sur l’art, dont un consacré au mouvement CoBrA. Continuer la lecture

Aèdes, troubadours, marabouts, griots, conteurs se lèvent d’entre les morts. L’état du verbe est alors celui de la transe. Une transe visionnaire que Jean-Louis Lippert déploie dans Ajiaco au travers de son jumeau, de son double, Anatole Atlas, l’aède. Auteur entre autres de Pleine lune sur l’existence du jeune bougre, Mamiwata, Tombeau de l’aède. Césaire contre César, Jean-Louis Lippert est l’auteur de Manuscrits de la Mère Rouge, Autopsie du XXème siècle, Global viewpoint, Le Tabou de Mana,
En 1965, le film L’Homme au crâne rasé qu’André Delvaux adapte du roman de Johan Daisne marqua l’avènement du cinéma belge moderne. Non que le septième art belge fût totalement inexistant. Mais André Delvaux invente un nouveau souffle qui, dans nombre de ses films, relèvera de ce qu’on a appelé le réalisme magique. Venu du monde de la musique, de la littérature, pianiste qui accompagna durant des années les films muets à la Cinémathèque royale de Belgique, à cheval sur les cultures néerlandophone et francophone, l’auteur de Rendez-vous à Bray, Benvenuta, L’Œuvre au noir pose les premières pierres de la modernité du cinéma belge, frayant une aventure artistique pionnière dont bien des réalisateurs actuels sont les héritiers. Recueil d’inédits, de textes rassemblés par Catherine Delvaux, Richard Miller, comportant des correspondances avec Jacques Sojcher, Philippe Reynaert, une étude de Roger Lallemand sur Benvenuta, un avant-dire de Raoul Servais, Le cinéaste dans la cité nous plonge pour notre plus grand bonheur dans le laboratoire de celui qui fut à la fois cinéaste, pédagogue (il fut l’un des fondateurs de l’INSAS), musicien.
Philosophe, écrivain, poète, essayiste, Renaud Denuit s’empare conceptuellement de Mai 68 en se tenant au plus loin des effluves de la commémoration. La fièvre commémorative qui frappe nos sociétés a pour effet de bloquer l’Histoire, de l’embaumer : célébrer le cinquantenaire de Mai 68, le bicentenaire de la Révolution française, les verser dans la consécration officielle garantit qu’un nouveau Mai 68, qu’une révolution n’auront pas lieu. Renaud Denuit redynamise l’événement Mai 68 en analysant l’œuvre de l’un de ses inspirateurs, Herbert Marcuse. Comment la pensée de l’auteur d’Éros et civilisation, de L’Homme unidimensionnel a‑t-elle percolé dans l’esprit de Mai, en France notamment ? Comment ce qu’on a nommé de façon par trop réductrice le freudo-marxisme de Marcuse a‑t-il rencontré les combats de Mai 68 pour l’émancipation, contre les formes d’autorité, pour d’autres manières de vivre, de penser ? Comment ses refondations du freudisme (retrouver l’énergie d’Éros réprimée par la logique de la domination), de Hegel (penser l’Histoire comme Vie), de Marx (réintroduire la place du sujet dans le procès de l’Histoire) ont-elles nourri la contestation étudiante, le mouvement des ouvriers, le grand vent de liberté porté par la vague du « jouir sans entraves », du « soyez réalistes demandez l’impossible » ?
La guerre ? Voilà bien un « objet » dont on ne fera jamais le tour. Voilà bien une « question » qui alimente d’autant plus nos conversations que, ces temps-ci, on « baigne dedans », dirons-nous, tant, au quotidien, experts en géopolitique et stratégies diverses occupent les ondes médiatiques, nous serinant à tour de bras leur prêchi-prêcha angoissants ou, pour le moins, inquiétants.
Un homme vraisemblablement en colère contre le monde nous prend à partie. Qui est-il pour se permettre de nous recracher à la face tous les travers de notre humanité ? Un philosophe ? Un vagabond qui traîne son discours de place en place ? Un despote ? Un prophète ? Un para-humain ? Il est un peu de tout cela à la fois.
Ellen vit avec son fils Billy, à Santa Cruz en Californie, dans une jolie maison bordant le Pacifique. La vie suit son paisible cours : tandis que Billy fréquente l’un des plus prestigieux collèges de la ville, Ellen vaque à ses occupations, entre son boulot, les courses, le ménage, l’éducation de son fils et ses soirées papote avec sa voisine Lisa. Tout va pour le mieux jusqu’à ce qu’Ellen voie ses vieux démons ressurgir et que frappe à sa porte Chet, un ancien amant. L’homme est au plus mal. Il est toxicomane et ne possède plus rien. Sa carrière est dans une impasse. Plus personne ne veut le programmer. Ellen l’invite à s’installer chez elle quelques temps et tente de le faire décrocher. Petit à petit, leur passé commun refait surface. Comment se sont-ils rencontrés ? Pourquoi ne se sont-ils plus vus pendant dix-sept ans ? Vaincra-t-il son addiction ? 