Un coup de cœur du Carnet

Le Petit Chaperon Rouge suivi de Atti
Autrice : Sofia Betz
Maison d’édition : Les oiseaux de nuit
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 94
Prix : 10 €
Livre numérique : /
EAN : 9782931101780
Sofia Betz nous propose deux récits. Dans le premier, elle revisite, avec humour et dérision, le célèbre conte du Petit Chaperon Rouge. Le second texte, Atti, entraine le lecteur ou la lectrice dans un tout autre univers : une petite fille part à la recherche de son père et de ses souvenirs.
Le Petit Chaperon rouge est – comme son nom l’indique – petit. Et comme il est trop petit, tout lui est interdit. Il est bloqué chez lui – ou chez elle, son genre est au choix – alors qu’il rêve de découvrir le monde… ou du moins la forêt à côté de chez lui. Le Loup, quant à lui, vit dans sa tanière où tout est permis. Il est même obligé de faire peur. Mais lui, il n’a pas envie de sortir dans la forêt toute sombre – il a peur du noir, mais chut, c’est un secret – et préférerait rester bien au chaud chez lui. Dans leurs maisons respectives, on leur parle de l’autre comme d’un ennemi. Alors, forcément, ils se détestent alors qu’ils ne se sont jamais rencontrés. Pourtant ils ont plein de choses en commun. Ils sont notamment nés le même jour. Continuer la lecture

Tom est sur le point de devenir père. Toutes les vies ne démarrent pas sur les chapeaux de roues. Certaines vies débutent même carrément mal. Et Tom est bien placé pour le savoir. Flash-back. Tom a sept ans. Il ne vit pas avec ses parents. Sa mère présente une accoutumance à l’alcool. Son père, il ne l’a jamais connu.
À l’origine comédienne (formation à l’IAD), Catherine Daele voyage aujourd’hui de la scène à l’écriture, portant un regard singulier et vif sur le monde de l’enfance et de l’adolescence. Enchantement et lucidité sont la matière de ses personnages. Plusieurs de ses pièces ont été mises en scène, lues lors d’événements et primées notamment par le jury du CED-WB. Son théâtre est publié chez Lansman.
L’émigration est-elle encore envisageable passé un certain âge ? Une vieille dame se souvient et raconte l’exil qu’elle a connu, des années plus tôt, lors de la révolution hongroise. Fuir, marcher, avoir froid, très froid, marcher encore, soutenir les siens… À son âge, elle serait incapable de recommencer. 
Le jour de son douzième anniversaire, Emma K. reçoit la visite d’un homme qu’elle ne connait pas et qui l’arrête. Pour quel motif ? Elle n’en sait rien. Ses parents et son frère ont été envoyés « en vacances », tandis qu’elle se voit privée de liberté. Elle doit toutefois continuer à se rendre à l’école et est escortée en permanence par un agent, sorte de policier-nounou, qui aime regarder la télévision et prend de plus en plus les allures d’une mouche. À l’école, personne ne semble trouver cette situation étrange. Sa prof, Madame Grubach, la met en contact avec son frère avocat, mais Emma K. se rend rapidement compte que personne ne parvient réellement à l’aider. Personne ne sait surtout ce qui se trame réellement. Elle apprend que nombre d’enfants comme elle attendent leur procès, trainent dans les couloirs de son immeuble et se rendent parfois au grenier. Il se dit qu’une géante tirerait les ficelles de tout cela. Emma tente de trouver des réponses. Pourquoi veut-on les museler et les priver de liberté ? Ne peut-on pas remettre en question la parole des instances de pouvoir ? Sa recherche de la vérité la met en présence de nombreux autres personnages. Sa combattivité, son besoin de justice et sa soif d’être défendue pourraient bien lui donner raison.
Léo a des difficultés à se faire accepter. Quand il parle, il arrive souvent que sa langue fourche, qu’il se mette à bégayer et que son discours en devienne incompréhensible, ce qui provoque évidemment les rires et les moqueries de ses compagnons de classe. Ils le surnomment « Monkey ». Léo essaie de passer outre, mais au fond de lui, il est toujours un peu plus blessé. Parfois, le poids des moqueries étant trop lourd, Léo pique des crises. Il passe le plus clair de son temps seul, à éviter ses camarades et zone dans les couloirs de l’école, ce qui ne plaît pas à l’éducateur. Un des élèves, Rémi, est particulièrement méchant avec lui et veut lui nuire.
Cet opus reprend deux pièces de théâtre pour le jeune public. La première, À petits pas, nous plonge dans l’univers d’une enfant, Alice, qui aime bien raconter à la cicatrice sur son pied des histoires de quand elle était petite et qu’elle ne dit pas à ses amies parce que ça les ennuie. Son père est mort et elle vit avec sa mère, qui est toujours pressée et qui ne la comprend pas. Elle peut même aller jusqu’à la violence verbale et physique. 

Forte de ses missions d’éducation, de formation et d’échange, l’association IThAC – anciennement appelée asbl théâtre-éducation Promotion-Théâtre – s’est lancée, depuis 2004, dans le beau projet d’amener la pratique du théâtre en milieu scolaire et extrascolaire, à travers des œuvres d’auteurs dramatiques contemporains. Ce projet intitulé « La scène aux ados » a lieu tous les deux ans. Des auteurs, sélectionnés en amont, proposent des textes adaptés aux contraintes des grands groupes. Ces pièces se voient rassembler et publier chez Lansman, et ainsi mises à la disposition des enseignants et des ateliers théâtre. Mais le but ultime du projet reste la mise en scène. Des groupes de jeunes s’emparent de ces textes, les montent et les présentent au public lors de festivals organisés avec des théâtres et des centres culturels (la prochaine édition aura lieu lors de la saison 2017–2018). Ce projet est soutenu par différents opérateurs et associations, tels le Centre des Écritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles (CED-WB), l’association Émilie&Cie, la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) et la Province de Namur. Dans le cadre des publications 13 et 14 qui nous concernent ici, une nouvelle formule a été expérimentée. Les auteurs sont tous issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils ont eux-mêmes participé à différentes étapes préparatoires et ont été accompagnés tout au long de leur processus d’écriture par le dramaturge belge Régis Duqué. 