Archives par étiquette : lecture

Nul ne peut confiner l’écriture

Tan­guy HABRAND, Le livre au temps du con­fine­ment, Impres­sions Nou­velles, 2020, 144 p., 14 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–817‑6

Loin des indi­gestes jour­naux de con­fine­ment qui ont accom­pa­g­né la Covid-19 comme son ombre, loin de l’avalanche d’essais plus ou moins éclairés, se con­tentant le plus sou­vent de surfer sur la vague de l’opportunisme, dans Le livre au temps du con­fine­ment, Tan­guy Habrand analyse avec brio les impacts de la crise covi­di­enne sur la chaîne du livre. Davan­tage que s’en tenir à une radi­ogra­phie des manières dont l’industrie du livre a fait face, s’est adap­tée (ou pas) au con­fine­ment, Tan­guy Habrand appréhende la crise san­i­taire comme un révéla­teur, un « analy­seur » écrit-il, des champs du monde cul­turel, plus large­ment du monde socio-poli­tique. La pandémie posée en « analy­seur insti­tu­tion­nel » a per­mis de met­tre à nu le fonc­tion­nement de la république du livre. Con­tin­uer la lec­ture

L’arche des livres

Un coup de cœur du Car­net

Jean JAUNIAUX, L’ivresse des livres, Pré­face de Jacques De Deck­er, Zel­lige, coll. “Vents du Nord”, 2020, 160 p., 16 €, ISBN : 978–2‑9147–7394‑2

jauniaux l'ivresse des livresPar­ler du livre aujour­d’hui sem­ble  un pas­sage obligé pour celles et ceux qui en ont été nour­ris à l’âge des grandes con­struc­tions, cela revient sou­vent à évo­quer une bio­di­ver­sité de l’e­sprit qui se traduit sou­vent en ter­mes d’ « ensauvage­ment »… Cet acte de lire si sim­ple apparem­ment mais si éminem­ment com­plexe et périlleux serait de l’or­dre de la fureur (nous y sommes actuelle­ment en Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles), du plaisir per­ma­nent, du jouir à pleines pages. Con­tin­uer la lec­ture

Lire et faire lire : les actes du colloque sont publiés

lire et faire lire actes du colloque

Dans le pro­longe­ment du col­loque « Lire et faire lire ! 0–5 ans » qui s’est tenu en marge de la dernière Foire du livre, des actes vien­nent de paraitre. Ils pro­posent une  approche à la fois théorique et pra­tique de la lec­ture des tout-petits. Con­tin­uer la lec­ture

Lettres ou ne pas être

Amélie NOTHOMB, Les aérostats, Albin Michel, 2020, 180 p., 17,90 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑226–45408‑9.

L’image est for­mi­da­ble : livres et lit­téra­ture sont des zep­pelins.

— Ils pren­nent feu facile­ment, non ?
— Oui.
C’est un autre prob­lème de l’aérostat, qui en a décidé­ment beau­coup : frag­ile, cher, encom­brant. Mais c’est si beau, ces baleines volantes, silen­cieuses et gra­cieuses. Pour une fois que l’homme invente quelque chose de poé­tique ! Con­tin­uer la lec­ture

Lire des livres belges cet été avec l’ADEB

La crise san­i­taire qui a frap­pé la Bel­gique comme le reste du monde est dev­enue une crise économique. La cul­ture est, avec l’Hore­ca, le secteur le plus touché. Le monde du livre n’échappe évidem­ment pas à la morosité générale. C’est pourquoi l’ADEB (Asso­ci­a­tion des édi­teurs belges) lance plusieurs actions pour dynamiser la lec­ture de livres belges à l’ap­proche de l’été. Con­tin­uer la lec­ture

Le 23 avril, #toutlemondelit

Le 23 avril est la journée mon­di­ale du livre. À cette occa­sion, les édi­teurs jeunesse, l’Association des Edi­teurs Belges, le Cen­tre de Lit­téra­ture jeunesse de Brux­elles et la Foire du Livre s’as­so­cient pour pro­pos­er l’opéra­tion “Tout le monde lit”. Con­tin­uer la lec­ture

Le grand jeu de lire

Daniel SIMON, Posi­tions pour la lec­ture. Prom­e­nades lec­tures-écri­t­ures-ate­liers, Couleur livres, 2019, 140 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87003–901‑4

Bien rares sont les auteurs qui sor­tent tout armés de leur écri­t­ure pre­mière. La plu­part tour­nent en rond inter­minable­ment. Ils effectuent des rites de pas­sages, sac­ri­fient aux idol­es du jour, et suiv­ent des pistes qui débouchent sur des sources taries. Soit qu’ils croient que la lit­téra­ture est de la musique, soient qu’ils pensent qu’elle est un témoignage vécu, ils n’échappent pas aux apparences, c’est-à-dire à la répéti­tion.

Il est pour­tant tout sim­ple de remar­quer que la lit­téra­ture est une vision, soutenue par une langue intime, et hap­pée par l’amour de la vérité. Pour en faire l’expérience per­son­nelle, il suf­fit d’explorer quelques-unes de ces îles au tré­sor qu’on appelle les chefs d’œuvre. Con­tin­uer la lec­ture

Enseignement : formation “Stratégies de lecture : de l’acte de lire à l’envie de lire”

Le Ser­vice général des Let­tres et du Livre organ­is­era le 15 févri­er 2019, en marge de la Foire du livre de Brux­elles, une for­ma­tion inti­t­ulée “Straté­gies de lec­ture : de l’acte de lire à l’en­vie de lire”.  Cette for­ma­tion, inté­grée au pro­gramme des for­ma­tions en inter­réseaux organ­isées par l’IFC (Insti­tut de la for­ma­tion en cours de car­rière), s’adresse plus par­ti­c­ulière­ment aux enseignant-e‑s du sec­ondaire inférieur. Il est recom­mandé de s’in­scrire rapi­de­ment sur le site de l’IFC, car le nom­bre de places est lim­ité à 12. 

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La lecture entre parenthèses

Un coup de cœur du Carnet

Jan BAETENS, Milan CHLUMSKY (pho­tos), La lec­ture, Les Impres­sions Nou­velles, 2017, 74 p., 12€, ISBN : 978–2‑87449–460‑4

baetens la lectureLa lib­erté du lecteur a quelque chose de désar­mant, juste­ment parce qu’elle est illim­itée, incon­di­tion­nelle. Par­tant de deux tableaux d’Henri Fan­tin-Latour ayant pour titres La Lec­ture et réal­isés respec­tive­ment en 1870 et 1877, Jan Baetens pour­suit, dans ce nou­veau recueil, son ques­tion­nement sur les liens qui unis­sent, de manière par­fois souter­raine, le texte et l’image. On pour­rait dire d’ailleurs que ces cor­re­spon­dances sont envis­agées ici selon un triple dia­logue puisqu’aux textes inspirés par les tableaux du pein­tre grenoblois né en 1836 vien­nent se gref­fer les pho­togra­phies de Milan Chlum­sky qui ouvrent et fer­ment le vol­ume. Une con­struc­tion tridi­men­sion­nelle cohérente et exigeante, comme tou­jours chez Baetens, et qui per­met cet échange décu­plé entre trois formes artis­tiques. Le pein­tre d’abord, Fan­tin-Latour, que tous les ama­teurs de lit­téra­ture con­nais­sent pour son coin de table en 1872. Un por­trait de groupe réal­iste représen­tant les poètes présents lors d’un dîn­er des Vilains Bon­shommes à Paris et où l’on voit, dans le coin gauche, Rim­baud face à Ver­laine et tour­nant le dos aux autres lit­téra­teurs. On recon­naît facile­ment le style de Fan­tin-Latour dans les deux tableaux qui ser­vent au poète de déclencheurs d’écriture. Deux pein­tures qui met­tent cha­cune en scène deux femmes, l’une faisant la lec­ture à l’autre. Comme le pré­cise Jan Baetens dans son intro­duc­tion,  « il était clair que la réponse textuelle devait être autre chose qu’une illus­tra­tion ver­bale de l’image ». Les quar­ante textes-frag­ments du recueil sont donc à envis­ager comme des pro­longe­ments, des exten­sions de tous les non-dits, de tous les secrets qui sont con­tenus dans les deux toiles et donc dans l’acte de lire. Con­tin­uer la lec­ture

L’histoire d’un livre et de ceux qui l’ont lu

Frank ANDRIAT, Un sale livre, Mijade, sep­tem­bre 2016, 141 p., 7 €   ISBN : 978–2874230912

andriatKarine Latour, pro­fesseure de let­tres dans un col­lège alsa­cien, décide de faire lire Rien Nadir à sa classe de troisième. Elle a eu un coup de cœur pour ce roman con­seil­lé par sa libraire et espère qu’il provo­quera chez ses élèves émo­tions fortes et prise de con­science. Le roman est court, écrit dans un lan­gage proche de celui util­isé au quo­ti­di­en par les ado­les­cents et surtout, racon­te l’exil français de Nadir, un jeune Syrien qui a fui la guerre et la bar­barie. Con­tin­uer la lec­ture