Pierre STIVAL, Une caravane attachée à une Ford Taunus, roman à haut potentiel poétique, Cactus inébranlable, coll. « Cactus poche », 2020, 102 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–016‑6
Avec Une caravane attachée à une Ford Taunus, l’auteur tournaisien Pierre Stival signe un premier roman.
Roman ?
Oui.
Hybride, certes, comme l’indique le sous-titre roman à haut potentiel poétique, mais roman tout de même.
Les éditions du Cactus inébranlable (l’éditeur qui gratte et qui pique, comme elles le rappellent sur leur site) ont pour ligne éditoriale le texte court, la nano-fiction, le fragment. Le sous-titre roman à haut potentiel poétique vient rappeler ce ton/cette brièveté, des fois que le lecteur oublierait qu’il va plonger dans un inclassable. Un objet littéraire non identifié tout à la fois roman poétique et long poème en prose. Continuer la lecture
« Belgiques »,
Dans leur collection « Belgiques », les éditions Ker offrent aux auteurs la possibilité de composer « un portrait en mosaïque » de la Belgique. Celle de Michel Torrekens se compose de quinze nouvelles qui révèlent peut-être avant tout sa prédilection pour des lieux qu’il aime et qu’il décrit avec plaisir, racontant son attachement à un territoire. Mais Belgiques témoigne aussi de beaucoup d’interrogations et d’inquiétudes, avec de rares fois une pointe de désabusement.
Gabrielle est une infirmière de 30 ans qui travaille au service de néonatalogie intensive d’un hôpital. Son quotidien est rythmé par les actes techniques et le fonctionnement des machines qui ont pris le dessus sur l’humain pour décider du sort des bébés. Composant chaque jour avec la limite entre la vie et la mort, elle fait de son mieux dans cet univers où l’incertitude domine, où le temps est une obsession, où rien n’est acquis, où chaque victoire, si infime soit-elle, est le résultat d’une lutte de chaque instant.
Il faut saluer la fidélité opiniâtre de
Parler du livre aujourd’hui semble un passage obligé pour celles et ceux qui en ont été nourris à l’âge des grandes constructions, cela revient souvent à évoquer une biodiversité de l’esprit qui se traduit souvent en termes d’ « ensauvagement »… Cet acte de lire si simple apparemment mais si éminemment complexe et périlleux serait de l’ordre de la fureur (nous y sommes actuellement en Fédération Wallonie-Bruxelles), du plaisir permanent, du jouir à pleines pages.
André-Joseph Dubois est décidément un auteur singulier. Loin des effets de mode, il pratique l’écriture au long cours et il accoste de temps à autre un roman à la main, sans tambour ni trompettes. Son nouvel opus est doublement placé sous le signe du chiffre sept, par son titre et son ordre dans son œuvre publiée. Le septième cercle fait sans doute référence, sans que l’auteur y fasse explicitement allusion, à l’Enfer de Dante Alighieri, qui classifie les âmes damnées en neuf zones circulaires selon la catégorie de péché commis. La septième concerne plus précisément les actes de violence, une réalité qui imprègne sans aucun doute l’existence entière de Léon Bourdouxhe dont ce dernier nous livre le récit dans l’ordre chronologique.
Il serait malaisé de donner tort à Jules Pirlot quand, en incipit de son essai, il affirme : « Julien Lahaut est surtout connu par sa mort ». Sans doute faudrait-il ajouter « et par le mystère qui l’a longtemps entourée ». Sur ce point, l’étude
« L’art n’est pas une fenêtre en trompe‑l’œil ouverte sur les paradis perdus ou à venir. L’art n’a pas de drapeau ni d’église, il n’est ni d’en haut ni d’en bas, ni de gauche ni de droite, et il n’a pas de juste milieu. L’art n’est pas une friandise, mais une méditation sur la vie. Une méditation joyeuse ou pathétique, ludique, lyrique ou drolatique. L’art est difficile, insoumis », écrit ce poète peu connu. La réédition d’Anamnèse et de deux recueils écrits entre 1960 et 1963, aujourd’hui introuvables : Dire pagaille et L’oplomachin, est particulièrement bienvenue. Un cahier de documents picturaux figure aussi dans cette édition. Si Vandycke est ignoré en tant que poète, il n’est pas inconnu comme peintre et dessinateur. Line Hubert lui avait en effet consacré une monographie : Rien qu’un peu de peinture véritable et véridique (Éditions Arts et Voyages, 1977).
Un Muzungu, un homme blanc d’Afrique, raconte son histoire. Celle d’un petit garçon né au Burundi en 1965 et rapatrié en Belgique en 1972. Celle d’un adulte d’une cinquantaine d’années qui, après avoir retrouvé, dans la cave de ses parents, douze bobines de films d’archives familiales, regarde le passé et contemple ses racines. 990 mètres de bobines qui vont de 1963 à 1975, filmées en grande partie par son père et soigneusement conservées au plus profond du ventre de la maison familiale pendant de nombreuses années.
En même temps que sa deuxième sélection dans les catégories roman et roman étranger, le jury du prix Médicis a livre sa première liste dans la catégorie Essai.
Dans ce premier volume d’une trilogie annoncée, le temps s’immobilise, reprend, ralentit, redémarre, nous offrant des épisodes contemplatifs dans lesquels, par petites touches, Victoire de Changy illustre, avec douceur, sa maternité. Elle nous plonge dans l’avant et l’après naissance de Nour, son fils, et nous permet de suivre cet enfantement, de le vivre, avec elle, en elle, intimement et intensément.
De but en blanc, le dernier opus en date de Jean-Marie Corbusier, publié au Taillis Pré, laisse entrevoir un grand lecteur de la poésie d’André du Bouchet. De fait, celui-ci est explicitement cité à la page 78 du recueil, après Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy dans les pages précédentes. Sans doute issue de cette constellation poétique (rappelons que la revue L’éphémère a notamment lié Yves Bonnefoy et André du Bouchet à la fin des années 1960), la voix de Jean-Marie Corbusier se distingue toutefois par une poétique de la neutralité, très sensible. Entre l’aube et l’ombre, la parole de Corbusier tente de capter et de formuler les éclaircies : celles-ci semblent émaner d’un « feu pâle sa flamme tremblée ».
D’une prodigieuse richesse conceptuelle, bouillonnant d’innovations pratiques, Le vivant comme modèle. Pour un biomimétisme radical nous délivre des schèmes de penser, de sentir nous donnant la possibilité de nouer une nouvelle alliance avec les formes du vivant. Ingénieur agronome, biologiste,
Si l’on s’en tient aux fondamentales et primaires, telles que répertoriées par de nombreuses études scientifiques à la suite du psychologue américain Paul Ekman, les émotions seraient au départ, chez tout individu masculin et féminin, et quelle que soit sa culture, au nombre de six. Six émotions qui vont de la plus positive, la joie, à la plus négative, le dégoût, et quatre autres qui tendent souvent vers la négativité : la peur, la surprise (quoiqu’il puisse y avoir de joyeuses surprises), la tristesse, la colère. Le dégoût reste la plus destructrice des émotions, et elle cumule malheureusement d’autant plus de phases intensives et graduelles lorsqu’elle advient par surprise, sous l’emprise de la peur et de la tristesse.
Dans Éloge de l’amitié, Tahar Ben Jelloun écrivait : « Le libraire est l’ami du livre ; pas de tous les livres, mais de ceux qu’il considère assez pour les transmettre aux lecteurs. » La librairie se révèle en effet ce lieu singulier de passage, de partage, de mise en lumière, mais également de sélection, de choix, de défense. En parcourant étagères et présentoirs, le lecteur concentré devine l’orientation idéologique, l’impératif de qualité et parfois l’intérêt particulier du personnel qui la peuple. Car, oui, une librairie est peuplée de livres qui battent, chacun à sa pulsation, chacun à son tempo, et appellent leur lecteur prédestiné. C’est du moins la conviction d’une étrange libraire, aux envoûtements bohémiens et à la boutique évanescente, lorsqu’elle affirme : « Promenez-vous librement dans mon magasin, vous y trouverez peut-être ce que vous cherchez. Regardez tout autour de vous, prenez-les en mains, feuilletez-les, jusqu’à ce que vous tombiez sur celui qui vous dira : “Prends-moi, je t’attendais.” Car – savez-vous cela ? – ce sont les livres qui nous choisissent. Ils nous attendent patiemment, sur une étagère, et puis quand nous passons à leur portée, ils nous appellent, et là… c’est inutile de vouloir résister. »