Archives par étiquette : littérature

L’expérience littéraire face à la mort

Myriam WATTHEE-DELMOTTE, Dépasser la mort. L’agir de la littérature, Actes Sud, 2019, 272 p., 21 €, ISBN : 978-2-330-11804-4

« Je suis juste quelqu’un qui, comme nous tous, a vu s’effondrer la falaise juste à côté de soi, qui a tremblé au bord du gouffre, et qui a échappé au vertige parce qu’un, puis deux, puis un grand nombre d’écrivains lui ont pris la main pour le tirer en arrière. Venez, je vous précède et je les suis. »

En ouverture de son dernier livre, Myriam Watthee-Delmotte nous fait la confidence du suicide d’un ami, André, dont la mort à quarante ans a provoqué le séisme intime dans lequel nous plonge la disparition des êtres chers. Ce bouleversement laisse sans voix et sans mots ceux qui, au contraire de Myriam Watthee-Delmotte, n’ont pas exploré les voies de résilience que la littérature nous ouvre et dont l’auteure de Dépasser la mort nous propose ici quelques titres choisis dans sa bibliothèque. Celle qui a créé le Centre de Recherche sur l’Imaginaire à l’Université catholique de Louvain a élargi le champ du littéraire à celui de la musique : son livre nous propose un accompagnement musical sélectionné dans le catalogue du label Cypres, et disponible en écoute libre sur le site de l’éditeur musical.

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L’imaginaire ferroviaire dans la littérature

Anne REVERSEAU, Sur les rails. De Victor Hugo à Jacques Roubaud, Impressions Nouvelles, 2018, 128 p., 13 €, ISBN : 978-2-87449-619-6

reverseau sur les railsComment la littérature, les arts plastiques se sont-ils emparés de l’objet train ? Comment une invention technique interagit-elle avec la sphère des idées, avec le plan des créations ? Dans Sur les rails. De Victor Hugo à Jacques Roubaud, une anthologie de textes et de gravures, photographies, Anne Reverseau explore cette question qui, en sa formulation, postule un jeu d’influences entre le monde de l’esprit et le régime de la technè. Dès son apparition au tout début du XIXème siècle, le train a ébranlé l’imaginaire collectif, interpellé les écrivains, soit que ces derniers accueillent l’invention avec méfiance et hostilité, soit qu’ils la louent en tant que symbole de la modernité. Une ligne de partage à haute tension scinde ses détracteurs (Musset, Nerval, Flaubert…) et ses fervents partisans (les Saints-Simoniens, les futuristes ensuite). Depuis le XIXème siècle, le train, la locomotive, la gare, les rails hantent le territoire littérature, se campant non seulement en décor mais en personnage de roman. Continuer la lecture