Archives par étiquette : botanique

Entre les mondes

Anna Safi­a­tou TOURE, Her­bier du départe­ment con­go­lais des Ser­res royales de Laeken, CFC, 2024, 64 p., 16 €, ISBN : 9782875721044

toure Herbier du département congolais des Serres royales de LaekenAu départ, un fait his­torique : les plantes ramenées du Con­go par les colons, pour agré­menter de leurs couleurs et leurs tex­tures les Ser­res royales de Laeken, n’ont pas survécu au cli­mat belge. Un siè­cle plus tard, une artiste fran­co-mali­enne s’empare du réc­it pour le tor­dre, en extraire la sève restée vivace – en dor­mance – sous l’écorce momi­fiée du réel. Con­tin­uer la lec­ture

Dessine-moi une forêt

Un coup de cœur du Car­net

Marie COLOT et Noémie MARSILY, Mori, graines de géants dans les forêts urbaines d’Akira Miyawa­ki, Cot­Cot­Cot, coll. « Les ran­don­nées graphiques », 2024, 204 p., 24 €, ISBN : 9782930941639

colot marsily moriMori, graines de géants dans les forêts urbaines d’Akira Miyawa­ki est à la fois une fic­tion doc­u­men­taire et un roman d’apprentissage. Le réc­it débute quand Mikiko est âgée de 4 ans et se pour­suit jusqu’à son entrée dans l’âge adulte. On y suit d’abord la ren­con­tre entre l’héroïne et son voisin Aki­ra, un vieux mon­sieur pas­sion­né par les plantes. Un peu plus tard dans le réc­it appa­rait un troisième per­son­nage, Kaku­zo, qui est le neveu d’Akira. Les trois pro­tag­o­nistes se ren­con­trent et se rassem­blent autour d’une micro-forêt qu’Akira a plan­tée en plein cœur de Tokyo, en bas de l’immeuble où vit Mikiko. Con­tin­uer la lec­ture

Retrouvailles avec une famille commune

Un coup de cœur du Car­net

Olivia MOLNAR et Ald­win RAOUL, Atlas des plantes de mau­vaise vie, Hélice Hélas, 2023, 72 p., 24 €, ISBN : 9782940700264

molnar atlas des plantes de mauvaise vieL’Atlas des plantes de mau­vaise vie est présen­té comme un « her­bier de l’infra-ordinaire » en écho au tra­vail de Georges Perec. 31 plantes ver­nac­u­laires s’y déploient, ayant en com­mun la  par­tic­u­lar­ité de grandir à l’état sauvage dans les rues de Brux­elles, mais aus­si partout dans les villes du Nord de l’Europe. Elles sur-vivent entre les pavés, dans les anfrac­tu­osités des trot­toirs, sous le béton qui, banale­ment, nous encer­cle de toute part. En prenant le temps de s’arrêter sur leurs exis­tences, les artistes Olivia Mornar et Ald­win Raoul s’attèlent à mon­tr­er la richesse du lex­ique dans lequel les plantes appa­rais­sent. Cette richesse est un trem­plin pour activ­er notre imag­i­naire végé­tal, et rap­pel­er à notre mémoire les mythes, les his­toires et les légen­des que les plantes véhicu­lent. À chaque plante est reliée une recherche minu­tieuse dans des gri­moires, des livres savants et autres tré­sors les consignant, les pro­tégeant. On y redé­cou­vre que les plantes ne sont pas seule­ment de mau­vais­es herbes insignifi­antes et invis­i­bles. Elles sont surtout des « com­pagnonnes dis­crètes » de l’humanité. Majori­taires sur la planète et il est plus que temps d’en par­ler, de leur accorder de l’attention et du soin, pour voir le monde autrement, pour déplac­er et trans­former notre rap­port à la ville, à la nature, à l’humanité. Con­tin­uer la lec­ture

Maeterlinck : des abeilles et des fleurs

Mau­rice MAETERLINCK, La vie des abeilles, suivi de L’intelligence des fleurs, Post­faces de Lau­rence Boudart, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2020, 460 p., 9,50 €, ISBN : 978–2875684813

Dépas­sant les cli­vages entre sci­en­tifiques et poètes, précurseur d’une pen­sée d’une intel­li­gence ani­male et végé­tale à une époque où pré­vaut la dis­jonc­tion entre l’humain, seul doté d’âme, de sen­si­bil­ité, et le reste du vivant privé d’aptitudes cog­ni­tives, Mau­rice Maeter­linck développe des essais nova­teurs qui con­tes­tent la pri­mauté que l’humain s’octroie dans la chaîne des êtres. En 1901, dix ans avant la con­sécra­tion du prix Nobel, paraît La vie des abeilles qui, rompant avec les théories de Pavlov, con­tes­tant l’animal-machine de Descartes et l’anthropomorphisme de Buf­fon, avance une thèse rad­i­cale­ment inédite que les sci­en­tifiques con­firmeront des années plus tard : non seule­ment les insectes, les mam­mifères mais aus­si les plantes sont dotés, non d’un seul instinct, mais d’une intel­li­gence spon­tanée élaborée. Con­tin­uer la lec­ture