Archives par étiquette : Françoise Houdart

Écoute le chant frileux de l’ange …

Un coup de cœur du Car­net

Françoise HOUDART, La jubi­la­tion de l’ange, Pré­face de Michel Joiret, Bleu d’encre, 2024, 84 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–79‑6

houdart la jubilation de l'angeUne lumineuse pré­face de Michel Joiret éclaire quelques-unes des pistes de lec­ture que lui inspire le recueil de Françoise Houdart. L’autrice renoue avec l’écriture poé­tique qu’elle avait délais­sée après huit vol­umes (dont Ary­th­mies qui lui val­ut en 1989 le pres­tigieux prix Gauchez-Philip­pot) pour se con­sacr­er à son œuvre en prose, romans et recueils de nou­velles. Con­tin­uer la lec­ture

Au verso des cartes postales

Françoise HOUDART, Au revoir Lisa, M.E.O., 2021, 132 p., 15 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0264‑7

houdart au revoir lisaFrançoise Houdart signe, avec Au revoir Lisa, son vingt-et-unième roman, le pre­mier aux édi­tions M.E.O. À rebours de son titre tout chargé d’adieux, le roman pro­pose une his­toire de retrou­vailles : celles d’une famille dis­lo­quée par l’absence et le mur du men­songe.

« Au revoir Lisa » sont les derniers mots lais­sés à la hâte par Auguste à sa petite fille de dix ans, sur le papi­er d’une enveloppe déchirée. C’était en 1966. Suiv­ront pour Auguste de nom­breuses années d’exil à tra­vers l’Europe, et quelques mots : des let­tres adressées à son épouse Eugénie, des cartes postales pour leur fille Lisa. Les unes et les autres res­teront sans réponse, con­fron­tées au silence d’une épouse blessée. Alignés sur la chem­inée, les mer­veilleux paysages d’Espagne, d’Italie et de France n’affichent que leur face muette. Con­tin­uer la lec­ture

Douze petites zones troubles

Françoise HOUDARTDieu le poti­er et quelques autres, Luce Wilquin, 2018, 176 p., 17€, ISBN : 978–2‑88253–544‑3

houdart dieu le potier et quelques autres.jpgAu com­mence­ment du monde était la glaise, et celle dont Françoise Houdart façonne ce recueil est ample, sou­ple et con­stel­lée de grains incon­grus, d’éclats qui grat­tent l’œil et la paume. Dans La lune dans le cagibi, une blan­chisseuse depuis des lus­tres en con­cu­bi­nage avec un acci­den­té laisse enfin entr­er la télévi­sion dans sa demeure mod­este  et c’est une véri­ta­ble révo­lu­tion: « Insen­si­ble­ment,  l’axe de rota­tion de la planète Zénaïde s’était incliné vers l’astre en bakélite et les con­séquences  cli­ma­tiques internes n’avaient pas tardé à se man­i­fester. » Au pre­mier matin de sa nou­velle vie, une toute jeune épousée décou­vre une bouteille de lait sur le seuil, sans savoir quelles con­séquences suries ruis­selleront de ce sim­ple objet apparu sans que per­son­ne ne sem­ble l’avoir déposé. La Vieille qui fut jadis Mouya et som­nole désor­mais dans son veu­vage trans­forme les « Bon­jour ! » que le voisi­nage lui délivre du bout des lèvres en un monde mou­vant, où il lui est encore per­mis de rêver à son joueur de crosse, désor­mais figé sous la vit­re du temps. À la tombée de l’âge, Rémi choisit de s’immerger au tré­fonds dans cet étang qu’il a tant con­tem­plé en quête d’apparitions et de répons­es. Con­tin­uer la lec­ture

L’inféconde

Françoise HOUDART, Éclipse, Luce Wilquin, coll. « Sméral­dine », 2017, 176 p., 17 €, ISBN : 978–2882535368

houdart eclipseLe titre du dix-huitième livre de Françoise Houdart aux Édi­tions Luce Wilquin, Éclipse, peut paraître com­mun, de prime abord. Pour­tant, au fil des lignes, il déploie sa richesse sym­bol­ique et poly­sémique. Se nour­rit de l’investigation sur la vie (intérieure) de Mado Simoni, femme ordi­naire, éva­porée sans don­ner d’explications, une nuit de con­jonc­tion astrale sidérante, dite de « lune rouge » ou « lune de sang ». Cette dis­pari­tion con­fronte Sacha, le com­pagnon de Mado, à d’infinies ques­tions, le plonge dans les affres de la douleur, de la dérai­son (qui est fièvre et non folie) ; le met face à une évi­dence, dévo­rante : sa femme est une incon­nue pour lui. Que sait-il d’elle ? De ses abîmes ? Et surtout : qu’en ignore-t-il ? Con­tin­uer la lec­ture

Bientôt la rentrée littéraire !

RL (2)Comme chaque année au début de l’été, Livres Heb­do a annon­cé les chiffres de la prochaine ren­trée lit­téraire en France. En 2017, ce seront 581 romans et recueils de nou­velles qui arriveront sur les tables des libraires. Ils étaient 560 l’année dernière. Par­mi les 581, le mag­a­zine a recen­sé 390 titres d’auteurs fran­coph­o­nes et 81 pre­miers romans. Plusieurs auteurs belges seront de la par­tie. Con­tin­uer la lec­ture

Oscar et les oiseaux

Françoise HOUDART, Retour à Domme, Luce Wilquin, 2016, 176 p., 17 €/ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑88253–519‑1

519blogSur la cou­ver­ture de Retour à Domme, le dix-sep­tième roman de Françoise Houdart, un rouge-gorge, à même la terre. Sans vie. Comme celui de l’enfance d’Oscar, fra­cassé con­tre la baie vit­rée de la véran­da, dans le jardin de sa grand-mère adorée. Comme la palombe bousil­lée par son pare-brise, trente étés plus tard, sur une route de tra­verse du Périg­ord. Où, à ce qu’il pen­sait, il roulait sans des­ti­na­tion. Jusqu’au moment du choc, de la perte de con­nais­sance et du réveil dans un lieu incon­nu. Françoise Houdart, en roman­cière chevron­née, va jouer avec les fils invis­i­bles qui ont con­duit Oscar à son in-su, les ren­dre sen­si­bles, les couper, les mêler et les démêler, en tiss­er d’autres entre le passé, le présent et l’avenir, entre les lieux aus­si : un jardin en Bel­gique, un hameau de la val­lée de la Dor­dogne – La Renardière – où ne vivent plus que Jean­loup et Emil­ia, un cou­ple de retraités attachants, une mai­son de curé, le Belvédère de Domme où avait été prise la pho­to de Mamie, la grand-mère d’Oscar, avec sa broche en forme d’oiseau ser­tie d’un rubis. De qui l’avait-elle reçue ? Où est-elle aujourd’hui ? Oscar va men­er l’enquête, par­tir à la ren­con­tre des amours secrètes de sa grand-mère, à la recherche de l’oiseau qu’elle avait épinglé à son cor­sage. Cette enquête, qu’il va men­er avec Jean­loup et Emil­ia, Alex, le fils du cousin Mar­cel et Jacquou, guide touris­tique qui en sait autant sur les êtres que sur la région est aus­si (avant tout ?) une quête per­son­nelle, la méta­mor­phose d’un soli­taire mani­aque immari­able en un être accom­pli et généreux. Con­tin­uer la lec­ture