COLLECTIF, Les bonnes résvolutions, Ker, 2025, 170 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 978–2‑87586–510‑6
Douze auteurs rassemblent diverses expériences de résistance à l’ambiance délétère du Monde est du moment. Sur la couverture, la liste des écrivains fait figure de générique final pour un nouveau commencement, figurant de dos, une petite fille entre bombe (de peinture) et pinceaux (de couleur).
Omar Radi : Rêver d’un monde plus juste est souvent vu comme irréaliste. Le seul rêve « autorisé », c’est de créer sa start-up et de vouloir faire partie des plus riches. Continuer la lecture

Voici donc que L’homme qui valait 35 milliards connaît une nouvelle vie éditoriale en faisant son entrée dans la collection Espace Nord. Le roman, paru en 2009, a connu entretemps une adaptation théâtrale produite en région liégeoise qui lui a assuré un rayonnement là où Nicolas Ancion en avait situé l’action, en prise directe avec la réalité sociale au centre du récit. En choisissant de parler de la fermeture d’un haut-fourneau liégeois, des conséquences pour les travailleurs concernés, l’auteur n’a pas pour autant renoncé à la fiction, même s’il a fait du magnat indien à l’origine de la décision un des personnages centraux du roman, de la première à la dernière page. 

Treize écrivains, quinze nouvelles, un sujet. Voilà le programme du nouvel ouvrage collectif que Ker éditions a consacré à la thématique de la traçabilité de notre vie sur le web. La maison n’en est pas à son coup d’essai puisqu’en 2015, elle avait publié un premier recueil de quatorze nouvelles,
Les bâtisseurs est un recueil de onze nouvelles écrites pas onze auteurs jouissant d’une certaine renommée dans le monde de l’écriture. Il nous propose un florilège de ce qu’il peut advenir dans le monde face à la crise climatique. Tantôt optimistes, tantôt plus sombres, souvent avec une fin ouverte, les nouvelles nous font découvrir des imaginaires très variés…
La littérature belge francophone compte bien des écrivains inclassables tant on se plaît chez nous à multiplier librement les expériences d’écriture. Nicolas Ancion est assurément du nombre, lui qui manifeste depuis plus de vingt ans une activité intense et dont, sa bibliographie en atteste, l’œuvre riche d’une quarantaine de productions se décline en romans, nouvelles, œuvres pour la jeunesse, poésie et théâtre.
La collection « Espace Nord » accueille dans son conservatoire la réédition du recueil de nouvelles Nous sommes tous des playmobiles, de Nicolas Ancion, auteur prolifique et visité par un imaginaire d’une large et signifiante originalité. Recourir aux playmobiles, ces figurines destinées à vivre tous les caprices de la créativité enfantine, donne le ton de ce texte régi par l’ironie du sort et la manière pour les personnages qui en sont les jouets de réagir à ses manifestations anodines en apparence, mais souvent génératrices d’effet papillon. Ainsi une tache de sauce sur une chemise peut conduire au bouleversement de toute une vie familiale comme un simple quiproquo peut mener au crime. Les « victimes » de ces aléas du destin n’en sont pas pour autant de belles âmes et peuvent en tirer profit avec un cynisme jubilatoire comme dans « Moi, je dis qu’il y a une justice » ou « J’apprends à bien tuer ». Et comment ne pas lire avec un sourire vaguement complice et un brin de malice la nouvelle déjantée intitulée « Bruxelles insurrection » où deux jeunes « terroristes » du cru enlèvent et malmènent durement un vieil académicien français pour lui faire apostasier son intégrisme du verbe, cet autre terrorisme condamné par les deux libertaires de la langue avec une verdeur jouissive quoique fort incivile :
Comme chaque année au début de l’été, Livres Hebdo a annoncé les chiffres de la prochaine rentrée littéraire en France. En 2017, ce seront 581 romans et recueils de nouvelles qui arriveront sur les tables des libraires. Ils étaient 560 l’année dernière. Parmi les 581, le magazine a recensé 390 titres d’auteurs francophones et 81 premiers romans. Plusieurs auteurs belges seront de la partie.
Ils sont onze. Onze écrivains à avoir participé à ce projet : un recueil de nouvelles pour adolescents. Onze plumes pour aider les jeunes à penser le populisme, l’obscurantisme, le racisme déguisé en bon sens, l’abandon de l’humanisme au profit d’idées simplistes tenues par des politiciens tantôt marionnettistes, tantôt marionnettes, ou par de simples citoyens passés du côté obscur de la démocratie.
Nicolas Ancion est un cornac hors pair. On le sait depuis longtemps : les intrigues de ses romans sont de belles horlogeries dont aucun engrenage, aucune séquence, n’est superflu. Tout s’y enchaîne vollegaz, ne nous laissant à nous, lecteurs, pas de répit. C’est qu’Ancion adore nous brinquebaler. Nous faire passer subtilement d’un fil narratif à un autre, jouant de nos nerfs et de notre impatience avec plaisir, sérieux et légèreté.