COLLECTIF, Ardeurs de tram, Murmure des soirs, 2025, 184 p., 17 €, ISBN : 782931235317
« Pendant longtemps, les deux amants ont vécu une relation folle, dévorante. C’était la passion brute, sans frein. Un amour à la fois fusionnel et destructeur », telle est la love story de la Cité ardente et du tram, mise en mots par Hélène Delhamende dans « Psychotram ». Les tourtereaux s’aiment « moi non plus » et alimentent l’un pour l’autre un sentiment ambivalent. Le tramway, amoureux éconduit et reséduit, marque alors une halte au Petit Bourgogne afin de faire le point sur cette relation toxique. Les Liégeois, eux, assistent en spectateurs impuissants aux soubresauts de cette histoire de couple peu harmonieuse aux embellies magnifiques. Continuer la lecture

Line Alexandre a déjà fait sa place dans notre espace littéraire avec six romans dont le premier, paru en 2009, 

Si le roman policier a envahi à ce point l’espace littéraire au cours des dernières décennies, c’est sans nul doute que, comme l’affirment des maîtres du genre, sa pratique leur permet de cerner au mieux notre époque, d’en dévoiler les rouages, de dépasser la vérité apparente des choses. Le nouveau roman de Line Alexandre s’inscrit pleinement dans cette logique.
Comme chaque année au début de l’été, Livres Hebdo a annoncé les chiffres de la prochaine rentrée littéraire en France. En 2017, ce seront 581 romans et recueils de nouvelles qui arriveront sur les tables des libraires. Ils étaient 560 l’année dernière. Parmi les 581, le magazine a recensé 390 titres d’auteurs francophones et 81 premiers romans. Plusieurs auteurs belges seront de la partie.
Suite à un grave accident de voiture, Julien se retrouve dans le coma. Ses proches viennent lui rendre visite, avec une particularité : ce sont toutes des femmes (sa compagne, sa sœur, sa fille Jeanne, le souvenir de sa mère et de son ex-femme). Pensant que Julien n’entend rien, elles parlent librement et n’établissent pas de lien entre l’affolement du monitoring et leurs conversations.
« Le romancier … est terriblement exposé à la vie », écrit Virginia Woolf, dans un article publié par le New York Herald Tribune, en 1926. Il ne peut, selon elle, se tenir en retrait comme les autres artistes car il n’oublie jamais et est rarement distrait, stimulé et manipulé en même temps par la réalité dont il tire son art. Peut-être a fortiori s’il est une femme, serais-je tentée d’ajouter. Qu’en dirait Line Alexandre, elle qui, sans le savoir, lance comme un défi à cela qui paraît une évidence à son illustre devancière ? La vie, elle la prend à bras-le-corps, la considérant d’un point de vue inédit, dans un premier roman, Petites pratiques de la mort, aussi original que son titre peut l’annoncer.