Archives par étiquette : Françoise Rogier

Madeleine, le goût de l’enfance

Françoise LISON-LEROY (autrice) et Françoise ROGIER (illustratrice), Madeleine, Tétras Lyre, coll. « Lettrimage », 2022, 30 p., 16 €, ISBN : 9782930685625

lison leroy rogier madeleineMadeleine a dix ans, d’abord bientôt, ensuite depuis peu. Ses pieds s’agitent nus ou bottés de rouge, dans la nature qui l’éclabousse et les flaques qui la réjouissent. Ses yeux se plissent de contentement quand ils ne se perdent pas dans l’observation. Ses paumes, elles, s’ouvrent grand, tellement grand vers le ciel, mais se referment aussi pour ne pas qu’un ballon s’échappe. Son corps, agile, se niche sur la branche d’un pommier, s’accroche à un trapèze, se fige devant un cours d’eau. Et ses cheveux, noirs, s’affolent aux quatre vents, au gré de ses cabrioles, puis se reposent sur ses épaules, lors de moments suspendus. Madeleine paraît joyeuse et curieuse, entièrement dans l’instant. Autour d’elle, des feuilles colorées, des jouets abandonnés, des oiseaux s’égaillant, des nuages pastel, des félins s’esquivant, une foule en mouvement. C’est dans cet univers graphique, à la composition pochée et chatoyante, que connaissance visuelle est faite avec Madeleine. Les délicieuses illustrations de Françoise Rogier, à elles seules, racontent déjà tellement… Continuer la lecture

« Le désordre n’est qu’un ordre différent »

Marie COLOT et Françoise ROGIER, La forêt de travers, À pas de loups, 2021, 40 p., 16 €, ISBN : 9782930787688

colot rogier la foret de travers« Il était une forêt où tout allait à l’envers où les histoires que tu connais se passaient de travers. » Cet incipit contient l’essence de l’album de Marie Colot et Françoise Rogier : il y a l’ancrage dans les contes, le jeu des rimes, l’implication directe du lecteur. On est instantanément happé, tout comme par cette double page où le désordre règne joyeusement : un chat noir fume la pipe confortablement installé sur le chapeau d’un champignon et, au-dessus lui, trois tout petits cochons se prennent pour des trapézistes tandis que le Petit Poucet et ses frères se dispersent le long de branches (poussant vers le bas !) sous l’œil bienveillant d’un dragon observant la scène de son château et sirotant une tasse de thé. L’agitation, la gaité et la vie, telles sont les facettes du début de cette histoire. La Belle au bois dormant virevolte en chauve-souris des airs, le Loup et le Chasseur se déguisent en fantômes complices, la Sorcière peinturlure la nature de petits pois, Blanche Neige cohabite avec sept géants véritables fées du logis, le régime de l’Ogre se compose exclusivement de crudités ; qu’importe, « malgré ce grand désordre, tous vivaient heureux et sans discorde ». Continuer la lecture